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 Un miroir moins froid que les autres (feat. Kitagawa Chôko)

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Kahane Tsubasa
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Brièvement : 29 ans ; Spade ; connu par une majorité de Piques sous le pseudo "Icare".
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MessageSujet: Un miroir moins froid que les autres (feat. Kitagawa Chôko)   Mar 27 Sep 2011, 20:29

Ils étaient sept, il était seul. Ils étaient grands, il était petit.
Ils étaient énervés, il restait imperturbable.
Il eut le goût du sang dans la bouche avant d’en sentir l’odeur.



Ce jour-là, Tsubasa se réveilla en début d’après-midi. C’était la première fois qu’il parvenait à dormir plus de cinq heures d’affilée depuis bien longtemps. Son sommeil avait été moins agité, et il ne se rappelait pas de quoi il avait rêvé. Il avait dormi dans le vide ; c’était peut-être mieux ainsi.

Il se leva en bâillant, alla ouvrir sa fenêtre. L’air était frais. Il ne faisait pas très beau. Aujourd’hui, le Valet était dispensé de papiers chiants, mais ne pouvait pas aller travailler tranquillement dans son bar. Aujourd’hui, il devait sortir.
Vraiment… Quand ce n’était pas la nounou pour son Roi, c’était le flic qu’il devait jouer… Quel rôle admirable et enviable.

Récemment, trop de plaintes avaient été déposées contre un même groupe de jeunes. Tsubasa était chargé de leur donner un avertissement oral pour tapage nocturne, dégradation de biens publics et chahut dans des bars ou des boîtes la nuit. Cette Île n’était pas un exemple même de sécurité et de respect des règles morales de base ; donc si beaucoup de monde avait râlé et qu’on lui avait demandé d’intervenir, c’était que ça avait pris une ampleur trop excessive. Et il fallait agir avant que cela n’empirât de trop.
On lui avait transmis les informations de manière à ce qu’il s’en occupât le plus rapidement possible. Autrement dit là maintenant tout de suite.
Très franchement, il aurait préféré rester dans ses draps, dans son oreiller, profitant de cette somnolence passagère. État entre la conscience et l’inconscience, seul échappatoire qu’il pouvait trouver dans sa vie. Mais soit, c’était un Valet, et un Valet, ça faisait ce qu’on lui disait de faire.

Il n’était pas motivé le moins du monde. Il s’était rendu dans la rue qui lui avait été présentée comme étant leur coin de prédilection ; il les cherchait des yeux.
Pas très compliqués à repérer. Une petite bande de vieux adolescents d’une vingtaine d’années, qui parlaient fort, qui riaient fort ; qui faisaient beaucoup plus de bruit qu’ils ne devraient. Leur apparence ne leur donnait pas vraiment un air fréquentable. C’était plutôt le genre de types que l’on évitait, ou qui nous faisaient changer de trottoir lorsqu’on les croisait.
Il n’allait pas les détailler pendant trois heures. Il avait un boulot à faire, point – même s’il ne le sentait pas vraiment.
Il se planta devant eux. Les rires stoppèrent brutalement.
- Qu’est-ce que tu veux ?
Une voix plus méprisante que ça, c’était dur.
- Je viens vous dire d’arrêter vos imbécilités, sauf si vous cherchez les ennuis.
Cette réponse ne sembla pas plaire au meneur du groupe, qui s’avança vers lui se donnant un air qui se voulait sans doute menaçant.
- Qu’est-ce que tu racontes ? T’es qui déjà pour oser nous déranger ?
- Icare.
- Icare… ?
Un de ses acolytes lui tapa dans le dos en lui soufflant :
- Ta gueule mec, c’est le Valet.
- J’me disais bien que j’avais déjà vu sa sale tronche quelque part… Bref, on t’a rien demandé, fous-nous la paix et dégage.
- Mais moi je vous ai demandé quelque chose.
Était-ce son insistance, son regard froid, son impassibilité à toute épreuve qui les irrita soudain ?
- Qu’est-ce que tu comprends pas dans "Dégage" ? T’as rien d’autre de mieux à faire ? Tu sais, on est pas les seuls à foutre le bordel ici ! Y en a plein d’autres ! Pourquoi c’est nous que tu viens faire chier ?
- Peut-être parce que vous n’êtes pas assez intelligents pour vous faire discrets… ?

Tsubasa savait se battre, il savait se défendre. Dans sa position, il valait mieux. Mais face à sept personnes qui s’emportaient violemment car elles se sentaient insultées, qu’aurait-il pu faire ?

Ils lui étaient tous tombés dessus en même temps. Il ne compta pas les coups. Il s’en fichait. C’était juste ceux qui s’écrasaient au niveau de son ventre qui lui faisaient vraiment mal, qui lui coupaient la respiration. Il allait probablement avoir un œil au beurre noir.
Il s’en fichait.

Les passants se contentaient de passer.

Leur violence augmentait tandis qu’ils constataient qu’elle n’avait aucun effet. Ils s’arrêtèrent un instant. Et ils entendirent des mots qui les mirent hors d’eux. Des mots dits d’un ton détaché, inexpressif.
- Vous n’avez vraiment aucune valeur, aucune fierté… Même le Joker se serait battu tout seul.
Des regards se firent plus qu’haineux ; puis un dernier bon coup de poing dans le visage.
Ils l’abandonnèrent vite, peut-être en songeant aux conséquences possibles de leurs actes. Ou alors en se disant qu’il l’avait bien mérité, et qu’il n’était pas si fort que ça.
Ses jambes se dérobèrent sous son poids, pourtant loin d’être lourd. Il s’affaissa contre la façade.

Il attendait, là, ratatiné contre ce mur sale, le corps endolori. Il n’attendait rien. Il n’attendait personne. Personne n’allait venir, personne n’allait l’aider. Ce n’était rien qu’un putain de Valet à la solde du Joker, après tout.
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MessageSujet: Re: Un miroir moins froid que les autres (feat. Kitagawa Chôko)   Jeu 29 Sep 2011, 18:11

Lourdes. Ses jambes étaient lourdes et le monde reposait sur ses épaules. Pleine de courbature, Chôko était morte de fatigue. Elle n'avait que très peu dormi cette nuit, des souvenirs datant de l'époque de sa défloraison non consentante ayant refait surface pendant qu'elle dormait. Elle n'avait donc plus fermé les yeux de la nuit et n'avait pas prit le temps de faire un petit somme avant de se rendre à la bibliothèque.

Chose qui fut totalement inutile car en manque de sommeil, elle n'avait pu se concentrer sur ce qu'elle lisait et avait tout de même rien retenu. C'était la fin de l'après-midi lorsqu'elle sorti du bâtiment aux livres pour se rendre chez elle et finalement dormir.

Elle bailla un grand coup avant de constater que de fines gouttes d'eau fraîche tombaient du ciel. C'était certes une petite pluie, mais qui persisterait sûrement jusque tard la nuit et qui rendrait encore plus froide l'atmosphère qu'elle ne l'était déjà.

Elle ouvrit son grand parapluie rouge -autant dire qu'elle ne passait pas du tout inaperçue n'est-ce pas- et commença sa marche, lentement. Elle n'avait pas la force d'accélérer le pas, ses jambes bien trop engourdie et son cerveau bien trop dans le brouillard pour donner quelconque ordre.

Alors qu'elle marchait dans une ruelle un peu plus bruyante, un groupe de jeune courait en sens inverse et la bousculèrent dans leur fuite. En effet, une fuite. Ils criaient qu'il fallait se dépêcher et se cacher. Qu'il n'avait pas cogné quelqu'un d'insignifiant sur cette île. Ils avaient peur mais faisaient croire le contraire. Ils étaient pitoyable car si elle avait bien comprit, ils s'étaient attaqué en groupe contre une seule personne. Comme on lui avait fait à elle par le passé.

Elle s'enfonça dans la rue alors qu'un corps se distinguait de plus en plus, affalé contre un mur, le visage bleu et ensanglanté. La jeune femme écarquilla les yeux, se passant la main devant la bouche. A vrai dire, elle était assez loin pour qu'il ne l'aperçoive pas et elle aurait très bien pu ne pas l'aider. Cependant, un instinct qu'elle ne se connaissait pas la poussa directement à courir jusqu'à cette personne blessée et de tenter de l'aider.

Chôko tenta d'emprunter un masque neutre, de donner une impression d'elle froide, blasée mais cet homme lui faisait pitié, elle n'avait guère envie d'apprendre quelques jours plus tard sa mort parce que personne ne lui étaient venu en aide et tout cela se retranscrivait très bien sur son visage. Elle était confuse et son coeur battait irrégulièrement. Comment faire pour l'aider? Elle n'avait jamais prit de cours de secourisme! Elle passa sa main chaude sur sa joue bleuie.

-Monsieur, êtes-vous conscient? Pouvez-vous marcher? Mon appartement est à quelque pas d'ici, là bas je pourrai essayer de vous soigner.
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Kahane Tsubasa
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MessageSujet: Re: Un miroir moins froid que les autres (feat. Kitagawa Chôko)   Lun 10 Oct 2011, 21:15

Surpris.
Cela faisait longtemps que Tsubasa n’avait pas été aussi surpris.
Il pensa un instant qu’il s’était pris un trop mauvais coup dans la tête, qu’il délirait ; mais non, c’était bien à ses côtés que cette jeune fille s’était accroupie. C’était bien à lui que s’adressait sa voix, dans laquelle on pouvait percevoir quelque peu d’inquiétude. C’était bien sur sa joue que ses doigts fins s’étaient posés.

Cette main légère dégageait toute la chaleur du monde.

Il leva son visage vers l’inconnue. Il voyait flou. Il n’imaginait pas être aussi mal en point, pourtant il eut des difficultés à articuler une réponse.
- … je dois encore pouvoir marcher…
Il essaya de se redresser. C’était presque peine perdue. Comme si ses forces s’étaient envolées loin de son corps douloureux, l’abandonnant là, faisant de lui une coquille vide prête à se briser si on lui marchait dessus. Il appuya ses mains sur le mur pour s’aider ; elles tremblèrent. Il serra les points pour que cela cessât. Encore un effort.
Il était debout. Enfin, "debout" était un bien grand mot – "soutenu par un mur" était bien plus correct.
En réalité, il s’en rendait à présent compte, il était tout à fait incapable de se déplacer tout seul. Ses jambes menaçaient à chaque seconde de ne plus supporter son poids. S’il tentait de décoller de la paroi qui le maintenait plus ou moins levé, il allait s’effondrer comme une poupée de chiffon.
Il avait mal à la tête.

La jeune fille s’approcha un peu plus de lui, toujours avec cette volonté apparente de le secourir. Il ne voulait pas qu’elle partît, il ne voulait pas qu’elle le laissât. Il tendit un bras fébrilement vers elle, et manqua de lui tomber dessus. Il s’agrippa à sa manche.
- … pardon…
Il n’aimait pas qu’on l’aidât. On pouvait même aller jusqu’à dire qu’il haïssait cela. Mais il n’était pas obstiné, il n’était pas un Carreau ; et il savait accepter une assistance quand il en avait besoin.

Il se rendit compte qu’il pleuvait parce qu’il était maintenant à l’abri sous un parapluie.
Il s’en voulait d’avoir ainsi accaparé la jeune personne. Elle avait probablement d’autres choses à faire, et elle paraissait fatiguée. De plus, il craignait qu’elle n’eût des ennuis si quelqu’un la voyait en compagnie du Valet sans qu’elle le repoussât.
Elle lui prit cependant le bras qu’elle passa autour de son épaule. Il prenait garde à ne pas tacher ses vêtements de son sang. Elle lui proposait de le soigner, ce n’était pas pour qu’il lui salît ses affaires.
Ils avancèrent lentement. Tsubasa avait de plus en plus mal à la tête. Il essayait tant bien que mal de se porter lui-même. Il se concentrait pour ne pas flancher. Il ne savait pas si sa sauveuse lui parlait. Il n’entendait plus grand-chose ; tous les bruits devenaient sourds. Sa vue se troublait davantage ; tout devenait noir. Il se sentait vraiment mal. Il lui semblait qu’il montait des escaliers, qu’il s’asseyait sur quelque chose de mou.

Il ferma les yeux.

Lorsqu’il les rouvrit, il était allongé sur un canapé. La jeune fille inconnue était penchée sur son visage et désinfectait ses blessures à l’aide d’un coton. Ça piquait. Il ne put s’empêcher de grimacer. Elle stoppa son mouvement ; il se redressa sur ses coudes. Il était assez confus. Tant et si bien que cela devait se voir dans son expression.
- … je … euh … désolé … et merci.
Il était particulièrement mal à l’aise, aussi. Il ne savait pas trop quoi dire, ni quoi faire. Baisser le regard et se confondre en excuses n’était pas forcément la meilleure option, mais sur le coup il n’avait rien trouvé de mieux.
- Pardon, je suis vraiment désolé de vous avoir dérangée.
Il osa relever les yeux. Il fallait absolument qu’il reprît le contrôle de lui-même et de ses émotions sans plus tarder, sinon il n’allait pas se supporter. Il inspira profondément. Il hésita, puis demanda :
- Vous vous appelez… ?
Il était bien bavard, ce n’était pas dans ses habitudes. Mais elle n’avait pas l’air méchante. Il ne décelait en elle aucune once d’animosité. Elle ne devait pas savoir qui il était. Tant mieux. Du moins il l’espérait.
Il n’avait pas envie de retourner au Château. Il n’était même pas sûr d’être capable de marcher jusque là-bas.
Il préférait rester ici. N’être qu’une simple Carte le temps de cette douce compagnie.


(Désolé pour l’attente ; si ça ne te convient pas ou que tu veux que je change des trucs, n’hésite pas)
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