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 Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]

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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Sam 26 Mai 2012, 21:21

Ce jour-là était un vendredi. Elle n’aimait pas ce jour, elle ne l’avait jamais vraiment aimé. A l’époque où Iwako était encore à Tokyo, c’était le jour où toutes ses amies sortaient le soir alors qu’elle devait rentrer à la maison. Le soir où elle était sortie sans autorisation et avait découvert le meurtre de sa mère à son retour, c’était aussi un vendredi.
Et sur l’île du Joker, c’était son jour de congé. Un jour entier à ne rien faire. Là où les autres habitants de l’île soupiraient de plaisir à l’arrivée du week-end, la jeune femme grommelaient de n’avoir aucune activité.
Iwako ne sortait pas, ne dansait pas, ne buvait pas. Iwako n’allait ni au cinéma, ni au restaurant. Iwako restait chez elle, inactive, ou se rendait à l’hôpital afin de contrôler son état. Sa vie était morne, elle en avait bien conscience. Tout le monde le lui rabâchait, même Ryûsuke et Arashi, les fortes têtes de sa hiérarchie. Elle n’en faisait rien.

Sortir seule ? A quoi bon. Et pour quoi faire ? Les gens seuls se rendaient dans les endroits surpeuplés de monde, bougeait à n’en plus finir sur des rythmes déchaînés, se bousculaient les uns les autres pour finir par se rencontrer. Qu’avait-elle à faire dans de pareils endroits ? Elle y serait réduite en poussière en moins de dix minutes sans personne pour la protéger.
Et qui rencontrer dans les endroits de passage ? Contrairement à Tokyo, sur l’île du Joker, les gens ne s’abordaient pas dans la rue pour un rien. D'ailleurs, si tous connaissait Adamantine, la Dame de Carreaux, elle n'avait pourtant pas grande peur a avoir, et pour cause, personne ne la connaissait vraiment. Personne ne connaissait Iwako Nakamura. Ni ce qu'elle était à l'intérieur, ni, parfois même, son visage. Seuls les quelques personnes présentes les jours de grands débarquements où elle assistait Arashi en compagnie de l'As et du Valet, et ceux ayant eu recours à sa justice pouvait prétendre à l'avoir vue. Pour ceux des autres districts, elle était un mystère

S’ils savaient…
Mais ils ne sauraient jamais.

Ce jour-là était un vendredi. Iwako n’aimait pas ce jour. Du saut du lit jusqu’au soir, elle ne faisait rien, tournait en rond. Maudissait son corps, avant de retourner encore de plus bel.
Pourtant, ce vendredi-là, alors assise dans le silence de son bureau, scrutant d’un regard vide l’écran éteint de son ordinateur, elle se sentit le besoin de voir la mer. D’emplir son corps de l’odeur iodée de l’eau, et de se laisser bercée par le bruit léger de l’ondulation des vagues. Elle voulait voir des bateaux, elle voulait voir le ciel. Elle voulait sentir le vent frais du soir naissant contre sa peau. C’était nécessaire, ça la prenait aux tripes. Elle se leva. En passant dans le couloir, croisant son reflet, elle réalisa que sa tenue était peu propice à une telle sortie. Un jean gris, et un débardeur flottant blanc voilà tout ce qu’elle portait. Elle voulut prendre sa veste mais était déjà sur le pas de la porte et bien trop décidée. Se contentant d’attraper à la volée son châle noir posé en vrac dans un coin de l’entrée, elle sortit sans s’encombrer d’autre chose que de sa clé. Sa tête lui ordonnait de courir, elle ne put que marcher rapidement. Plus vite qu’elle ne le devrait, mais sa conscience ne lui appartenait déjà plus. Elle savait. Elle n’avait que trop conscience de ce qui lui arrivait, ce n’était pas la première fois.

La malédiction des jumeaux. Instinctivement au fil de ses pas, elle se demanda où pouvait bien se trouver cette personne en ce moment pour avoir une telle envie. Peut-être était-ce un homme très travailleur comme son père, qui coincé dans la ville avait un besoin imminent de calme et de paix. Peut-être était-ce quelqu’un de plus jeune qui avait besoin de voir la mer pour se rappeler à quelques souvenirs. Elle émit des dizaines d’hypothèses comme à chaque fois. Elle sentait qu’il s’agissait d’un homme car par moment, elle s’était sentie très attirée par des femmes, elle qui n’avait jamais eu ce genre de penchants. Elle sentait qu’il s’agissait d’un homme pour les pulsions de colères très fortes, pour les sensations de choc portées dans ses poings parfois dans la nuit. Liée à lui, elle le sentait. Tout simplement.
Enfin elle arriva sur le port. Tout était calme alors. Les quais peu étroits accueillaient des terrasses et quelques magasins qui fermaient leurs stores. Les gens n’étaient pas nombreux dans cette partie de l’île, surtout un vendredi soir. Il s’agissait là pour la plupart de familles, mais elle n’était à l’aise encore. Elle continua sa route, encore et encore jusqu’à parvenir à la limite entre le port et la plage.
De là où elle se trouvait, elle vit la longue pente de béton descendre jusqu’à la plage. Et malgré son besoin de voir la mer, la sensation en elle lui intima que ce n’était pas là sa destination. Reculant de quelques pas, seule au milieu de cet endroit vide, elle se contenta d’avancer un peu vers les murets qui retenaient là encore de lourdes chaînes brunes et de s’y assoir. Les pans de sa tunique virevoltaient légèrement dans la brise, suivant la même danse que sa longue chevelure noire. Le regard bloqué sur l’horizon elle attendit. Et comme un souffle reprit après plusieurs longues secondes de tenue, elle se sentit apaisée. Elle avait atteint son but. Inspirant une dernière fois l’air iodée elle se releva s’apprêtant à mettre fin à sa pulsion. Elle commença à longer les bords quand une silhouette assise sur les rochers un peu plus bas, les pieds secoués par les remous de la marée qui descendait et la tête posée sur la roche humide se peigna à ses yeux.

C’était un homme. Jeune, il ne devait pas avoir plus de son propre âge. Bien qu’elle ne distingua pas tout à fait son visage, son profil laissait tout de même entrevoir une bouche pleine et arrondis, ainsi que des traits réguliers et fins d’une blancheur miraculée contrastant avec le noir de jais de ses cheveux lisses. Elle se perdit, ne sentit même plus le temps passer. Plantée là, debout au-dessus de lui, elle le regardait.
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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Sam 26 Mai 2012, 22:29

Décidément, cette île ne lui plaisait vraiment pas. Au début il s'était dit que ce n'était pas si grave que ça, que ce serait comme d'habitude sauf que son terrain de jeu auraient des limites maritimes. Mais il ne s'était pas rendu compte de l'ampleur de la situation. Oui, il pouvait passer ses journées à fouiner sur Internet pour obtenir les indices qu'il cherchait, oui il pouvait aller dans des clubs et se trouver une jolie et docile friandise pour occuper ses nuits. Mais sa vie ne se résumait pas à cela. Comment sa vengeance pourrait-elle s'accomplir s'il ne pouvait pas sortir de cette île ? Il avait deux noms qui traînaient sur sa liste, deux personnes qu'il avait enfin identifiées. Et elles vivaient leur petite vie tranquille alors que lui était prisonnier ici et que ses parents avaient quitté ce monde à cause de ces personnes.

Il avait essayé de se renseigner un peu sur ce qu'il se passait sur cette île. Des gens étaient débarqués, d'autres disparaissaient sans laisser de trace. On disait que leur disparition était due au Joker. Ce système ne le dérangeait pas plus que cela. A ses yeux, il était normal que les gens paient pour les crimes qu'ils ont commis. Mais c'était tout ce qu'il savait. Cette île regorgeait de secrets étranges qui avaient tout l'air de devoir rester secrets pour le « petit peuple ». A cause de cette ombre que le Joker faisait planer sur les habitants de l'île il fallait mieux rester discret et filer droit. Tenter de s'enfuir aurait été une bien mauvaise idée. Malgré toutes ses aptitudes il se serait sûrement fait choper et le Joker l'aurait fait disparaître comme tant d'autres. Et ça il en était hors de question tant que sa vengeance n'était pas accomplie.

C'est à cela qu'il réfléchissait sans cesse depuis presque trois semaines qu'il avait mis les pieds dans cet enfer. Comment tuer quelqu'un sans pouvoir l'approcher ? Jusqu'à maintenant il avait toujours fait le sale boulot lui même, de ses propres mains ou grâce à une arme. Devait-il engager quelqu'un hors de l'île pour qu'il accomplisse ces tâches à sa place ? Mais comment avoir confiance en une personne qui n'a aucune raison de nous jurer fidélité ? C'était délicat. Il devait trouver un autre moyen de se débarrasser de ces hommes.

Cela lui prenait vraiment la tête. On était un vendredi soir et au lieu de traîner dans un club pour se trouver une gourmandise il airait seul chez lui. C'en était trop. Il fallait qu'il sorte s'aérer un peu l'esprit. Il n'avait pas de destination précise. Depuis qu'il était arrivé ici il n'avait jamais vraiment pris le temps de visiter les lieux. Il se laissait guider par son instinct en se disant qu'il finirait bien par l'emmener dans un endroit intéressant. Puis tout à coup une odeur familière vint lui chatouiller les narines. Il la connaissait bien, il l'avait respirée durant toute son enfance : l'odeur de la mer. Plus il se rapprochait et plus il avait hâte d'y arriver. Son appartement étant assez éloigné des côtes il n'avait jamais remarqué cette odeur avant aujourd'hui.

Cette odeur iodée, c'était tellement de souvenirs. Sa ville natale était une petite ville banale, de taille moyenne, dont la principale source de revenu était l'activité maritime. Le père de l'un de ses meilleurs amis travaillait dans ce domaine et à plusieurs reprises il les avait emmenés avec lui à bord de son bateau. Cette odeur transportait tellement de souvenirs et de nostalgie. Enfin, le bruit des vagues se fit plus distinct, et il put enfin discerner cette grande étendue d'eau pour laquelle il avait tant d'affection. Il se trouvait apparemment sur une plage. L'endroit n'était pas trop bondé pour un vendredi soir. Il y avait quelques couples d'amoureux qui traînaient par-ci par-là et quelques magasins qui commençaient à remballer leurs échoppes vu l'heure tardive. Pour la première fois depuis trois semaines cette île l'intéressait un peu. C'était comme s'il avait été transporté comme par magie dans un cadre familier et rassurant.

Depuis qu'il avait décidé de se venger il était rarement retourné dans l'appartement familial. Cet endroit n'avait même plus rien de rassurant depuis que sa mère y avait mis fin à ses jours. Ces jours heureux il les avait presque oubliés avec le temps qui passe et cette horrible colère qui le ronge de l'intérieur. Pour la première fois depuis plusieurs années il se sentait presque apaisé. Ce lieu lui faisait du bien, il décida donc d'y passer un peu de temps. Il commença alors à flâner le long des berges, observant les couples d'amoureux assis sur les bancs. Certaines filles étaient à son goût mais malgré son côté dragueur il avait pour règle de ne jamais s'attaquer à une proie déjà prise. C'était s'attirer des ennuis à coup sûr et c'était bien la dernière chose dont il avait besoin. Il se devait de rester le plus discret possible afin de ne pas éveiller les soupçons sur ses activités officieuses.

Il finit par arriver à un semblant de limite entre la plage et le port. Il décida de se poser quelques instants afin de mieux profiter de la brise marine et du bruit reposant des vagues. Il fit quelques pas dans le sable et alla s'asseoir sur quelques rochers. Après quelques minutes à contempler la nuit étoilée qui se reflétait merveilleusement dans la mer, il s'allongea et ferma les yeux. Il laissa son esprit vagabonder vers de vieux et agréables souvenirs. Sans qu'il sans rende compte il resta presque une heure dans cette position lorsque tout à coup quelque chose le perturba. Il se redressa et regarda à gauche, puis à droite. Personne. Une hallucination bizarre ? Avec sa stupide malédiction il y était habitué maintenant. Tout en riant un peu de lui même il se releva, prêt à quitter cet endroit paisible. Mais lorsqu'il se retourna pour reprendre le chemin de son appartement il se retrouva tout à coup nez à nez avec une jeune femme. Une très belle jeune femme, c'était d'ailleurs la première chose qu'il remarqua. La deuxième fut : une étrange jeune femme. Elle avait l'air d'avoir plus ou moins le même âge que lui mais elle le fixait d'une drôle de façon. Depuis combien de temps était-elle derrière lui à l'observer ? Elle continuait de le fixer sans sourciller et lui n'avait plus osé bouger d'un millimètre depuis qu'il avait croisé son regard. Vu qu'elle n'avait pas l'air de vouloir réagir il se dit que c'était alors lui d'engager quelque chose. D'une voix neutre il lui dit alors :

« Bonsoir mademoiselle. Est-ce que... ça va ? »

Toujours pas de réaction. Takeru hésita avant de retenter sa chance. Cette femme était vraiment bizarre et il n'avait pas envie de s'attirer des ennuis. Mais d'un autre côté elle était tellement charmante qu'il aurait bien voulu en faire sa friandise. Et le fait qu'elle fut restée là à l'observer en silence l'intriguait. Il essaya donc de nouveau d'engager la conversation.

« Ca va ?... Nan parce que là vous me regardez vraiment bizarrement. »

Takeru continua de la fixer en attendant une possible réponse de la part de cette intrigante inconnue.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Sam 26 Mai 2012, 22:56

Elle n’avait plus eut conscience du temps qu’elle laissait s’écouler. Cet homme était beau, démesurément beau. Elle ne se rappelait pas avoir jamais ressenti cela pour quelqu’un. Certes elle ne pouvait se vanter d’un passé fougueux en matière de relations amoureuses, voir seulement affectives, mais elle n’était pas non plus totalement dénué de cela. Pourtant, lorsqu’il se retourna et que leurs regards se croisèrent, elle sentit un frisson chaud lui parcourir le dos.

Elle n’arrivait plus à défaire son regard du sien, comme si de ce seul contact elle était en mesure de le scinder entièrement. Elle se sentit étrange, bizarre. Qu’était-elle donc en train de faire au juste ? La voix du jeune homme vint se faire entendre :

- « Bonsoir mademoiselle. Est-ce que... ça va ? »

Elle se répéta cette phrase mille fois sans y trouver de réponse. Pourquoi répondrait-elle ? Ils ne se connaissaient pas. Allait-elle bien ? A première vue, oui. Tout du moins, rien n’allait mal. Mais ç’aurait été mentir que de l’affirmer car déjà elle se sentit défaillir. Quelque chose clochait lorsqu’elle le regardait. Il avait quelque chose d’inexplicable dans le regard, la raison pour laquelle elle ne pouvait le quitter des yeux.
Son regard sombre était le témoignage silencieux d’une histoire qu’elle désirait soudain apprendre par cœur. C’était inexplicable.
Pour la seconde fois, il lui parla : « Ça va ?... Nan parce que là vous me regardez vraiment bizarrement. »

Bizarrement ? Elle le regardait bizarrement ? Prenant soudain conscience de ce qu’elle était en train, Iwako sursauta, et tourna le dos dans un même temps. Rouge de honte à l’idée qu’elle ait pu fixer ainsi un parfait inconnu, elle avança, revint sur ses pas, et recommença de plus bel, cherchant le plus rapidement possible une explication à son comportement hystérique. Enfin, dans un souffle, elle se laissa le temps de reprendre ses esprits avant de s’en retourner vers le jeune homme en attente d’une réponse.

- «Bonsoir. Je vais bien, je vous remercie… Pardonnez-moi mon comportement je réfléchissais. »

Elle s’inclina légèrement, plus polie que jamais.
Puis la seconde suivante, elle ne manqua pas de se faire remarquer à elle-même qu’une telle explication ne pouvait se terminer ainsi. Une fois encore, elle chercha une excuse à son comportement et le rapporta à l’inconnu de son ton le plus crédible.

- « En fait, je réfléchissais à savoir si je devais ou non vous venir en aide. J’ai cru que vous étiez endormi tout à l’heure, et comme vous êtes prêt de l’eau, il aurait peut-être fallu vous réveiller. Mais vu qu'à présent vous êtes réveillé...»


Elle se mordit nerveusement la lèvre. Dieu qu’elle n’était pas plausible son histoire ! Elle ne savait pas mentir, alors à quoi bon ? Elle aurait simplement dû lui dire qu’elle avait bien le droit de regarder ce qu’elle souhaitait, lui y comprit, si cela lui chantait, puis partir sans demander son reste. Mais non, il avait fallu qu’elle invente cette histoire sans queue ni tête. Et déjà, il n’était plus temps de fuir, l’inconnu remontait…
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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Sam 26 Mai 2012, 23:52

La jeune femme avait enfin eu une réaction après plusieurs secondes de latence. Il aurait presque eu envie de crier « hallelujah »... Oui presque parce que la réaction obtenue était plus qu’inattendue et quelque peu effrayante. Il put lire dans son regard qu'elle réalisa ENFIN qu'elle le fixait de manière étrange, ce qui eut pour conséquence un brusque retournement. Puis tout à coup elle commença à partir, puis revenir, puis repartir, puis re-revenir... Takeru se contentait de l'observer sans rien dire, c'était sûrement préférable. Elle finit par lui répondre de vive voix qu'elle allait bien (ça il en doutait fortement) et qu'elle ne faisait que réfléchir. Elle réfléchissait en le regardant ? Encore une fois il se contenta d'écouter. Il faut dire que devant tant de... folie, il était difficile de savoir quel comportement adopter. Elle essaya d'apporter un complément de justification en expliquant qu'elle se demandait si elle devait venir lui apporter son aide ou non à cause du danger de la mer. Cette fois-ci c'est lui qui la fixa bizarrement, avec un sourcil plus relevé que l'autre. Il jeta alors un vif coup d'oeil à la mer derrière lui puis reporta son regard sur le jeune femme qui se tenait toujours là. Tout à coup, ce qu'il eut du mal à comprendre c'était pourquoi il éprouvait une certaine gêne, comme si lui aussi avait envie de rougir. Il n'était pourtant pas du genre à être intimidé par une femme, bien au contraire. Tout en essayant de reprendre en main ses émotions, il remonta les quelques rochers pour arriver à sa hauteur et lui dire...

« Vous vouliez me sauver de quoi exactement ? Parce que, au cas où vous auriez pas remarquer, là c'est marée haute et l'eau n'a pas dû atteindre ces rochers depuis un bon moment. »

La jeune inconnue balbutia quelques sons comme si elle voulait répondre mais aucune phrase ne put sortir de sa bouche. Son explication ne tenait pas la route et il l'avait coincée. Soit cette fille était complètement folle à lier, ce qui serait plus que probable, soit il y avait autre chose. Bien qu'il aurait aimé se dire que c'était une dingue et qu'il fallait mieux passer sa route et l'ignorer, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il y avait bel et bien quelque chose d'autre. Et maintenant il désirait ardemment savoir ce que c'était. On n'observe pas les gens comme ça, sans raison... A part peut-être si... La gêne qu'il avait soudainement ressentie plus tôt disparut et le naturel revint au galop. Il se rapprocha encore un peu plus prêt d'elle et lui demanda en la fixant droit dans les yeux :

« J'ai deviné. En fait, tu me trouves à ton goût et t'as pas pu écarter ton regard de ma beauté naturelle. J'ai juste ? »

L'inconnue avait le rouge aux joues et semblait gênée. Takeru aimait voir qu'il causait ce genre d'émotion chez les femmes. Ses côtés narcissique et sûr de lui qui le caractérisaient faisaient enfin surface. Puis il observa son visage plus attentivement. Elle était vraiment ravissante. Peut-être pourrait-elle vraiment devenir sa friandise finalement. Il continua avec son sourire charmeur.

« T'es pas la première. C'est une réaction normale, t'inquiète pas. Et si tu veux savoir, je te trouve aussi plutôt à mon goût. Tu veux qu'on aille se poser là-bas pour faire mieux connaissance ? »

Par « là-bas » il avait désigné un banc libre sur les berges. Sans avoir eu de réponse, il commença à entraîner sa belle inconnue vers l'endroit qu'il venait de lui montrer en la prenant par le bras, sans toutefois la serrer trop fort. Malgré les défauts qu'il pouvait avoir, il savait comment séduire les femmes et savait se montrer délicat quand il le fallait. Il n'avait plus du tout envie de la laisser s'enfuir. Cette femme l’intriguait de plus en plus.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Dim 27 Mai 2012, 00:30

Cette fois plus proche d’elle que jamais, cet homme dont elle ne savait pas même le nom vint à nouveau planter son regard dans le sien. Elle brûlait littéralement de l’intérieur alors. Hormis son père et ses médecins, elle n’avait jamais approché un homme d’aussi prêt. Et il ne s’agissait pas selon elle de n’importe qui. Pourtant, tandis qu’il commençait à parler, sa sensation de chaleur disparue aussi vite qu’elle était arrivée.

- « J'ai deviné. En fait, tu me trouves à ton goût et t'as pas pu écarter ton regard de ma beauté naturelle. J'ai juste ? »
Elle rougit de nouveau violemment à l’entente de ses mots. Elle nageait en plein cauchemar : pour Iwako qui n’avait jamais connu vraiment connu les méandres de la séduction, et surtout, qui n’avait jamais été une personne de proximité, les choses s’emballaient bien vite. Avant qu’elle n’ait même eut le temps de lui répondre quoi que ce soit, le mystérieux jeune homme qui s’était avéré en quelques minute être un véritable bourreau des cœurs, et surtout, un sacré beau baratineur.
Sans même prendre en compte la réticence qui se lisait sur le visage de la jeune femme, il continua donc de plus bel : « T'es pas la première. C'est une réaction normale, t'inquiète pas. Et si tu veux savoir, je te trouve aussi plutôt à mon goût. Tu veux qu'on aille se poser là-bas pour faire mieux connaissance ? »

Il la trouvait « à son goût » ? La jeune femme en fut presque écœurée. Puis se sentit elle-même plus attirée que jamais par lui. Puis retomba dans sa première impression. Trop habituée aux douces dévotions de son Valet pour supporter pareil discours, la Reine de Carreaux voulu s’enfuir quand sans lui laisser la moindre occasion de le faire, le brun passa son bras au sien pour la conduire à un banc un peu plus loin. Elle paniqua. Le contact de sa peau sur la sienne l’effrayait terriblement, elle avait peur de se briser. Peur du moindre geste brusque. Elle avait peur de la douleur qu’elle ne connaissait que trop bien, et de celle qui suivrait pendant plus d’un mois au moindre accident. Ce ne fut qu’une fois assise sur le banc qu’elle défit vivement son bras, et retrouva un semblant de calme.

Incapable de le regarder dans les yeux sans flancher, elle se contenta de regarder ses pieds, l’expression sur son visage trahissant sa gêne et sa difficulté à entamer un quelconque début de relation. Trop tendue pour mentir cette fois, elle se contenta de dire de son ton le plus sincère.

- « Je n’aime pas la façon dont vous parlez. Vous vous lancez trop de fleurs vous-même, ça ne donne pas envie de vous en offrir… »


Elle déglutit légèrement. Elle se savait impolie en disant pareille chose. Après tout, il était magnifique, agréable, et surtout, il avait été capable de la toucher avec douceur. Elle avait certes eu très peur, mais fière du résultat, elle aurait voulu réitérer l’expérience. Juste pour voir. Pourtant malgré le ton doucereux de sa voix, ses paroles ne lui plaisaient pas, elle n’arrivait pas à lui dire avec un ornement. C’était tout.

- « Je suis désolée, c’était méchant… A vrai dire, je juge vos paroles mais je n’ai jamais été… Je, euh… »

Elle coupa net. Mais qu’est-ce qui lui prenait ? Elle s’apprêtait à confier à un parfait inconnu sa situation ? Etait-elle donc devenue folle à lier ? Cet inconnu la troublait. Elle désirait, elle aurait voulu se jeter sur lui, le posséder tout entier, tandis que dans le même temps, une voix en son for intérieur lui criait de s’enfuir. Elle était tiraillée par des centaines de sentiments contradictoires, et se permit de remercier silencieusement son instinct de l’avoir guidé ici ce soir.
Prenant une énième inspiration, ses yeux se relevèrent vers la main que le jeune homme avait laissé poser sur son propre genou. Instinctivement, elle la frôla du bout du doigt comme pour remercier cette main bienveillante de l’avoir touché sans blessure.

- « Je peux vous demander votre nom ? »
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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Dim 27 Mai 2012, 01:08

Une fois assis, la jeune femme retira vivement son bras de l'emprise de Takeru. Puis ce sentiment étrange et non désiré recommençait. Il était gêné. Oui cette fille était tout à fait charmante, il le reconnaissait, mais elle n'était pas intimidante pour autant. Jamais il n'avait été gêné face à une femme. Pourquoi tout à coup fallait-il que cela lui arrive ? Peu importe ce qu'était en train de faire son abruti de jumeau inconnu il désirait juste que cela cesse. Mais impossible. Quand la jeune femme lui dit sincèrement ce qu'elle pensait de lui, intérieurement il eut envie de rire, comme il l'aurait fait en temps normal, mais là il n'y parvint pas. Il resta neutre, sans réaction. En y réfléchissant, elle n'avait pas tout à fait tord non plus. Il était conscient de son côté narcissique mais on ne peut pas aller contre sa propre nature. D'ailleurs, c'était depuis cet incident que cette facette était apparue chez lui. Avant ce fameux jour, il avait beaucoup d'estime pour les femmes et donnait beaucoup d'importance aux sentiments amoureux, bien que lui même n'avait encore jamais connu l'amour. Il espérait vraiment trouver celle que l'on appelle « âme soeur ». Aujourd'hui, ce Takeru avait disparu. Maintenant il respectait les femmes d'une toute autre façon quitte à ce qu'elles ne soient que des pions ou de banals outils dans son plan de vengeance.

Mais là, à cet instant précis, devant cette jeune femme c'était comme si l'ancien Takeru était de retour. Pourtant ce n'était pas du tout ce qu'il désirait. Il voulait être lui même et lui répondre comme il aurait répondu à n'importe quelle femme, mais quelque chose au fond de lui l'en empêchait. Puis il fut ramené à la réalité par cette inconnue qui balbutia quelques mots. Takeru ne comprit pas tout exactement, elle semblait lui présenter ses excuses pour les propos qu'elle avait tenu plus tôt. « Elle assume pas ce qu'elle pense celle-là ou quoi ? Aucune confiance en elle... », c'est ce qu'il se dit intérieurement. Malgré tous ses efforts, il n'arrivait pas à faire abstraction de ces sentiments qu'ils essayait ardemment de rejeter. Cette femme, il voulait en faire l'une de ses nombreuses conquêtes d'un soir, et en même temps c'était comme si elle le troublait, qu'elle l'empêchait d'être lui-même. Puis tout à coup elle frôla sa main d'une caresse et en profita pour lui demander son nom. Il avait envie de jouer la carte du mystère comme il le faisait si souvent, surtout après une si douce caresse qui laissait entrevoir une possible conclusion intéressante à sa soirée. Mais décidément avec elle c'était impossible. Il voulait partir loin d'elle, dans l'espoir que ces sentiments contradictoires disparaissent, et à la fois il voulait en savoir davantage à son sujet. Les sentiments de « l'autre » finirent par avoir raison de lui à cet instant et il ne put que répondre gentiment à la question posée.

« Fujiwara Takeru. »

Depuis qu'ils s'étaient assis sur ce banc, il n'avait plus osé la regarder, de peur qu'elle ne remarque le combat intérieur qu'il était en train de livrer. Ce sentiment de ne pas pouvoir être pleinement soi-même était vraiment frustrant. Pourquoi fallait-il que la gêne qu'il ressentait le fasse maintenant parler avec autant de gentillesse. Cela ne lui ressemblait vraiment pas. Et il n'osait imaginer ce que cette inconnue pouvait être train de se dire à son sujet. Tout à l'heure c'est lui qui la prenait pour une folle, maintenant c'est sûrement elle qui doit le penser. Il faut avouer que ce brusque changement de comportement était plutôt suspect... Malgré lui, il continua dans la gentillesse en lui demandant :

« Et toi ? »
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Dim 27 Mai 2012, 01:39

Elle s’attendait à ce qu’il l’envoie balader. Ç’aurait été juste en vue de son étrange comportement, mais elle n’y pouvait rien. Qu’importe ce que faisait son jumeau, et où qu’il soit, il lui menait à présent la vie dur. Il la faisait devenir bavarde, inconsciente. Elle n’était plus sur ses gardes, et sa droiture légendaire flanchait dangereusement. Il lui offrit enfin son nom. Sans comprendre le pourquoi du comment, le son de nom à son oreille lui donna envie de pleurer. Une sorte de boule se format dans sa gorge. Boule qu’elle s’empressa de ravaler au risque de passer définitivement pour la plus grande dégénérée de l’île.

- « C’est un très beau nom ».

Ils se turent tout deux. Certaine d’avoir plombé complétement l’ambiance et d’être considérée comme échappée d’un asile, Iwako n’en remarqua même pas le conflit intérieur qui rongeait à présent l’homme à ses côtés. Elle n’avait même pas retenue la soudaine douceur de sa voix. Ce ne fut qu’en l’entendant lui demander « Et toi ? » qu’elle « comprit ».
Elle comprit que son interlocuteur avait calmé ses pulsions de séducteur invétéré, et cela la rassura. Elle se sentit alors très calme, sereine, confiante. Iwako aimait le calme, elle ne pouvait supporter physiquement et moralement l’exubérance à haute dose.
C’est donc sans plus aucune pensée alarmée qu’elle répondit le plus simplement du monde :

- « Je m’appelle Iwako. Iwako Nakamura. »

C’était venu tout naturellement. Elle n’avait même pas songé à lui donner son nom de code. Là, telle qu’elle était, assise à ses côtés, elle n’était plus la Dame de Carreaux, elle n’était plus Adamantine. Juste Iwako. Elle y songea avec amusement. C’était agréable, plus qu’elle ne l’aurait jamais pensé. Bien peu désireuse d’écourter leur temps ensemble à présent qu’elle avait retrouvé son équilibre, la jeune femme tenta une autre question.

- « Et… Takeru, vous habitez ce district ? » Elle avait tant de questions à poser. D’où venait-il ? Depuis combien de temps était-il ici ? Quel était son travail, son mode de vie… Tout ce qu’elle aurait pu découvrir en quelques minutes depuis sa machine, elle voulait le savoir de sa propre bouche, mais résista pour ne poser qu’une question à la fois. Il aurait été inutile de brusquer le jeune homme avec ses interrogations curieuses.

Alors qu’il entrouvrait ses lèvres sur le point d’y répondre, elle ne sût quitter son visage des yeux. Oui, elle aurait vraiment mentit en disant qu’il ne lui plaisait pas. D’ailleurs, à qui ce genre d’homme ne pouvait pas plaire ? Elle souhaita très fort que la soirée ne s’achève pas sans promesse de retour, puis se mit à boire les paroles de Takeru.
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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Dim 27 Mai 2012, 21:49

La jeune inconnue lui révéla son nom. Il y réfléchit quelques instants mais il ne lui disait absolument rien. Comme lui, elle devait être une pauvre petite carte prisonnière du Joker et de ses subordonnés. Sans qu'il s'en rende compte, ses sentiments étrangers avaient disparu et le calme régnait enfin en lui. Il ne put retenir un soupir de soulagement. Cette lutte intérieure l'avait un peu fatigué. Puis il fut sorti de ses réflexions par la nouvelle question de Iwako. Cela lui plut qu'elle lui pose des questions à son sujet car cela trahissait l'intérêt qu'elle lui portait. Même s'il aimait que l'on s’intéresse à lui et qu'on lui pose des questions à son sujet, il n'aimait pas pour autant leur apporter des réponses. C’était bien plus amusant de les laisser dans le doute ou de les faire mijoter un peu. Son calme retrouvé, il pouvait de nouveau être lui-même et répondit alors à la jeune femme :

« T'as l'air d'être bien curieuse toi. C'a t’intéresse tant que ça de savoir où j'habite ? Tu comptes venir me rendre visite ? »

Il était amusé par les réactions de cette fille. Il aurait bien voulu pouvoir lire dans ses pensées pour savoir ce qu'elle pouvait se dire sur lui. Vu les dernières réactions qu'il avait eu, elle le prenait peut-être pour un dingue, ou un mec pas très net... Il fixait son visage alors qu'elle, elle avait plutôt l'air d'essayer d'éviter de le regarder. Pour une raison qu'il ne pouvait expliquer il n'avait pas particulièrement envie de se montrer trop rude ou trop grossier avec elle. Il ne savait pas d'où sortait cette gentillesse soudaine mais il devait bien reconnaître que, lui aussi, il lui portait de l'intérêt. C'était la première fois depuis son arrivée sur l'île qu'il rencontrait une personne intéressante. Plutôt habitué à la solitude, il se surprit à se dire que ce serait bien s'il pourrait la revoir un de ces jours. Aussitôt cette pensée l'avait-il effleuré qu'il voulut la chasser loin de son esprit. S'attacher à quelqu'un, de quelque façon que ce soit, c'était mettre en danger son passé secret ainsi que son plan de vengeance. Mais pourtant... Pourquoi est-ce qu'elle l'intriguait autant ? D'un côté, l’exécution de son plan était plutôt compromise depuis son arrivée sur l'île. Peut-être pouvait-il s'autoriser un petit écart juste cette fois, du moins juste le temps qu'il trouve une solution à son problème de « comment tuer quelqu'un sans pouvoir l'approcher ». Perdu dans ses réflexions tortueuses il ne se rendit même pas compte qu'il n'avait pas dit un seul mot depuis plusieurs minutes, ni Iwako d'ailleurs. Il prit finalement la décision d'essayer de la connaître davantage afin de comprendre d'où sortait cet intérêt soudain pour elle, mais tout en gardant une certaine distance. Il brisa alors le silence qui s'était instauré entre eux sans même se rendre compte de l'existence de ce silence pesant, trop absorbé par ces précédentes pensées.

« Oui, j'habite ce district. A mon arrivée, on m'a dit que je devais aller dans le quartier des Carreaux. Je n'ai pas trop compris pourquoi... D'un côté y a peut-être pas d'explication. Tout ce qui se passe est tellement bizarre et inexplicable... Et sinon toi ? T'es aussi de ce district ? Ca fait longtemps qu'on t'as débarqué ? »
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Mar 29 Mai 2012, 23:06

« T'as l'air d'être bien curieuse toi. Ça t’intéresse tant que ça de savoir où j'habite ? Tu comptes venir me rendre visite ? »
Il la taquinait. Bien sûr elle n’était pas assez innocente pour ne pas s’en rendre compte, mais pour autant elle ne parvint pas à répliquer quelque chose de drôle ou de mordant comme il savait si bien le faire. Sa pudeur l’enchainait. Son honnêteté aussi. Elle eut beau fouiller au plus profond, elle ne sut quoi lui répondre qui soit à la fois sincère et distant. Ce faisant, elle plongea simplement son regard dans celui qui la tourmentait, et répondit d’une voix plus suave qu’elle ne l’aurait imaginée :

- "Et pourquoi pas ?..."

Il y eut un léger silence. Elle sourit, émit un léger rire. Elle se trouvait idiote d’avoir répondu ça avec autant de sérieux, et en fut hilare un court instant. C’était la première fois depuis longtemps qu’elle riait. Cela lui fit l’impression de réapprendre à « marcher ». C’était agréable. Elle en avait oublié à quel point. Il fallut se corriger pourtant :

- «Pardonne-moi ma curiosité mais oui ça m’intéressait de le savoir, dans un sens ça me permet d’en connaitre un peu plus sur le genre de personne en face de moi. » Un nouveau silence fit sa place, puis il lui répondit tout simplement ne pas comprendre pourquoi il avait été destiné à ce district précisément. «Ce n’est pas bien compliqué pourtant : chaque district est à l’image du type de personne qu’il reçoit. Les carreaux sont des gens droits et attachés à leurs buts, des gens que l’on ne détourne pas facilement de leurs objectifs. »

Elle lui tendit un nouveau sourire, celui-ci cette fois emplie de tendresse. Elle n’aurait pas supporté qu’il puisse venir d’ailleurs. C’était étrange. Elle se sentait possessive, comme s’il lui appartenait d’une certaine façon en tant que membre des Carreaux. Était-ce une sorte d’instinct maternel réveillé par son rôle au sein de la hiérarchie ? Elle en doutait fortement, ce n’était pas un ressentit de ce type. C’était plus fort, plus passionnel. Presque agressif d’une certaine façon, mais elle le voulait, cet homme dont elle ignorait tout. Elle le voulait tout entier, crier au monde qu’il n’était pas ordinaire, qu’il y avait « quelque chose ».
Elle fut tirée de sa réflexion. Déjà, l’énigmatique Takeru continuait ses questions.

« Ça fait longtemps qu’on t’a débarqué ?»

Elle réfléchit. Elle n’était plus capable de s’en rappeler précisément. Au bout d’un moment elle avait fini par arrêter de compter.


- « Je ne sais plus vraiment. Plus d’un an sûrement… J’ai arrêté de compter les jours au bout d’un moment, je crois que c’était moins douloureux ainsi »


Elle baissa à nouveau les yeux, honteuse de confier des pensées si intimes à cet homme tout juste rencontré. Il savait jouer de son charme, mais cela n’expliquait pas tout. Tout comme ce sentiment foudroyant qui naissait à son contact.


- « T’es aussi de ce district ? »
Elle n’osa pas répondre. Que faire ? Elle pourrait lui affirmer que oui, mais ç’aurait été mentir. Non, en tant que Reine, Iwako ne vivait pas dans le quartier des carreaux mais au centre de l’île lui-même.
Etrangement, une drôle d’impression l’envahie. Elle savait que mentir pour se protéger n’était pas un mal en soit, d’autant plus qu’en révélant sa véritable identité elle se soumettait au danger. Après tout, malgré cet étrange sentiment de proximité et de bien-être qu’il faisait naitre en elle, il n’était qu’une nouvelle connaissance, rien ne lui garantissait qu’une fois son vraie visage révélé il ne la détruirait pas d’un seul geste.

Non désireuse de le duper, Iwako préféra détourner la question par une autre vérité.


- « Plus ou moins. En fait j’appartiens à un autre district mais je ne m’y sens pas du tout à ma place, alors j’essaye de passer un peu de temps ici. Je m’y sens un peu plus….chez moi. Je crois qu’un jour j’essaierai de rassembler tout mon courage pour demander au Joker de changer de maison. Quitte à vivre ici, autant s’y trouver une place qui nous convienne, tu ne crois pas ?»

Son sourire réapparut. Elle s’en rendit bien compte cette fois, et s’étonnait elle-même de retrouver si facilement cette faculté longtemps oubliée et d’en user si souvent en un si court laps de temps.
Le bruit des vagues s’écrasant contre les rochers était apaisant, l’air iodé tout autour aussi. Au loin, le soleil déclinait fortement, mais le ciel était encore très clair. Elle soupira.


- «C’est bizarre… D’habitude je suis plutôt du genre à me cloitrer entre quatre murs, je ne sors jamais, et là… Je n’ai pas du tout envie de rentrer chez moi… Rien que d’y penser ça me donne envie de m’enfuir. Je dois vraiment avoir un truc qui cloche hein ? »



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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Mer 30 Mai 2012, 00:18

Iwako lui expliqua alors le fonctionnement des districts. Elle avait l'air de s'y connaître. Il fut surpris d'apprendre que les gens étaient répartis selon le type de personne qu'ils étaient. Pouvait-on vraiment répartir les gens aussi facilement ? Les mettre dans quatre petites cases bien rangées ? Takeru n'était pas de cet avis. Tous les gens sont différents et ont leur propre histoire. Quoiqu'il en soit, quatre groupes lui paraissait être un chiffre bien trop minuscule pour cette tâche. Elle lui confia alors que les Carreaux étaient des gens droits et attachés à leurs buts, des gens que l’on ne détourne pas facilement de leurs objectifs. Étonnamment, cette description lui plut. En effet, on ne pouvait nier qu'elle lui correspondait parfaitement. Là encore ce fut une surprise. Il ne s'attendait pas à ce que ces gens aient pu avoir « juste » pour lui. Avait-il tord ? Pouvait-on vraiment ranger les gens aussi simplement ? Toutes ces explications remettaient en question ses propres convictions.

Mais il n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longuement car Iwako répondit à son autre question. Elle lui dit dit alors qu'elle ne savait même plus depuis combien de temps exactement elle avait débarqué sur cette île, elle pouvait juste dire que cela faisait plus d'un an. Etait-ce ce qu'il l'attendait aussi ? Allait-il perdre la notion du temps au point d'oublier depuis combien de temps on le retenait captif ? Mais ce qui l'inquiéta encore plus c'était ce « sûrement plus d'un an ». Cela voulait-il dire que les rumeurs disaient vrai ? Qu'on ne sortait jamais de cette île maudite ? La réalité le rattrapa tout à coup. Enfin, il le savait, on le lui avait déjà dit. Néanmoins il aurait préféré que tout ce qu'il avait entendu fut faux. Il allait rester enfermé dans cet endroit pendant des années. Sauf si, bien évidemment, ce fameux Joker décidait d'écourter son séjour. Il ne pourrait jamais partir d'ici. Et pourtant, cela n'entacha pas ses désirs de vengeance. Il trouverait un moyen, coûte que coûte, peu importe le temps que cela prendra. Puis il fut sorti de ses pensées par la voix de la jeune femme.

La réponse qu'elle lui apporta fut plutôt évasive à son goût. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait qu'elle ne lui disait pas toute la vérité. Cela anima sa curiosité. En effet, jusqu'à maintenant elle s'était montrée plutôt sincère et franche dans ses propos, c'était ce qu'il ressentait et il ne pensait pas se tromper. Le fait que d'un seul coup sa franchise ait légèrement disparu l'interpella. Décidément, cette femme devenait de plus en plus intéressante à chaque minute qui s'écoulait.

Puis, tout à coup, elle se mit à se confier à lui. Elle était redevenue cette personne franche et sincère qui se tenait devant lui depuis le début de leur rencontre. Il écouta attentivement. Il avait envie de s'intéresser à elle. Pourquoi elle en particulier ? Aucune idée. Et pour le moment il n'avait pas envie de s'embêter avec de telles questions. Il découvrit alors qu'ils avaient au moins un point commun : ils aimaient rester cloîtrer chez eux. Il se demanda alors pour quelle raisons elle avait pris cette habitude. Lui, c'était pour préparer habilement ses plans. Avait-elle aussi des desseins aussi sombres ? Non, elle avait l'air bien trop pure pour pouvoir avoir ce genre de pensées. Cette pureté, lui aussi il l'avait avant ce jour noir. Mais maintenant c'était fini. Néanmoins, comme il sentait qu'elle lui avait caché un bout de la vérité (pouvait-il lui en vouloir alors qu'il faisait de même?), il eut envie de l'embêter encore un peu. Il soupira, le regard plongé dans le lointain du soleil couchant, puis lui dit...

« Alors comme ça le Joker aussi peut faire des erreurs ? T'as dit qu'ils mettaient les gens dans les districts selon leur caractère, mais d'après ce que j'entends on dirait qu'ils se sont trompés pour toi. C'est bon à savoir que ce genre de personne peut aussi commettre des erreurs... Donc comme ça, toi, tu te sens plus l'âme de quelqu'un qu'on ne détourne pas de ses objectifs ? »

Après cette question, il ramena son regard vers elle. Il s'approcha un plus près et lui souleva légèrement le menton avec son index pour qu'elle le regarde dans les yeux, sans aucune fuite possible.

« C'est marrant. Je t'aurais pas imaginé aussi déterminée. Je me demande quel genre d'objectifs tu peux bien avoir... Mais ça nous fait au moins une chose en commun. Moi aussi je suis plutôt du genre... déterminé. »

Il avait fait exprès de laisser traîner le dernier mot de sa phrase, afin de le rendre un peu plus ambigu. Il relâcha son emprise et la réaction de le jeune femme ne se fit pas attendre longtemps. En effet, elle avait l'air assez décontenancé face au regard pénétrant de Takeru. Il avait réussit ce qu'il voulait. Une joie étrange s'empara alors intérieurement de lui et il ne put cacher l'expression satisfaite que laissait apparaître son visage. Il rigola un petit peu comme pour se moquer gentiment d'elle. Puis il retrouva son sérieux et entreprit de répondre sincèrement à la dernière question qu'elle lui avait posé.

« Je pense qu'on a tous un truc qui cloche. Et notre truc à nous il doit être vraiment pas net vu qu'on s'est retrouvé sur cette île. Mais si ça peut te rassurer, ce soir je ressens un peu la même chose que toi. Pour être honnête, depuis que je suis arrivé sur l'île, y a trois semaine de ça, c'est la première fois que je sors de l'appart qu'on m'a attribué et que je parle à quelqu'un... Enfin, je suis bien sorti pour m'acheter à manger, mais j'avais pas été plus loin que le bout de la rue. J'avais pas vraiment envie de découvrir cet endroit où on me force à vivre. Mais ce soir... Je sais pas. Il fallait que je sorte prendre l'air. Et voilà que maintenant je me retrouve à discuter avec une fille bizarre. Jolie, mais bizarre. »

Il tourna de nouveau son regard vers le sien et lui sourit. En fait il ne se rendit même pas compte sur le coup qu'il était en train de sourire. Lorsqu'il s'en aperçut il ne put cacher sa gêne et la grimace furtive qui s'en suivit pour tenter d'effacer au plus vite ce sourire, tout en tournant rapidement la tête. Lui non plus n'avait pas envie de rentrer chez lui. Il avait juste envie de rester là un peu plus longtemps... avec elle, à discuter. Mais ça, il n'avait pas vraiment envie de lui avouer. Sa présence lui faisait du bien. Pour la première fois depuis bien longtemps il se sentait apaisé et ses problèmes lui semblaient lointains. Il savait que cela ne durerait que le temps d'un soir mais il avait envie de s'accorder ce soir, au moins une fois.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Mer 30 Mai 2012, 17:43

Dans un premier temps, le jeune homme parut agréablement surpris d’apprendre que le Joker lui-même pouvait faire des erreurs. Intérieurement, Iwako se calma. Elle préférait mille fois qu’il puisse penser ainsi plutôt que de devoir lui expliquer quel genre de personne elle était.
Mais la partie n’était pas finie, bien loin de là. Apparemment fort peu désireux de la laisser s’en tirer à mi-voix, Takeru lui fit une remarque à ce propos.
«Donc comme ça, toi, tu te sens plus l'âme de quelqu'un qu'on ne détourne pas de ses objectifs ?»

Elle voulut lui répondre, elle ne devait rien laisser transparaitre de ce qui concernait son statut sur l’île. Pourtant son voisin ne lui en laissa pas l’occasion. Alors que la jolie brune ouvrait tout juste la bouche,se rapprochant d’elle avec lenteur, il fit glisser son regard dans le siens, tandis que ses doigts glissait vers le menton d’Iwako, la maintenant pour qu’elle ne puisse fuir cette douce, quoi que soudaine entreprise.

« C'est marrant. Je ne t'aurais pas imaginé aussi déterminée. Je me demande quel genre d'objectifs tu peux bien avoir... Mais ça nous fait au moins une chose en commun. Moi aussi je suis plutôt du genre... déterminé. »

Son cœur battait à s’en rompre, elle manqua de défaillir. De le voir si proche d’elle, Iwako sentit une drôle de chaleur s’emparer de son corps, lui embrouillant l’esprit un instant. Lorsqu’il acheva sa phrase sur le mot déterminé après avoir marqué un court temps d’arrêt, la jeune femme en perdit la parole. Il relâcha son visage qu’elle détourna aussitôt. Le souffle court, elle tenta de dissimuler l’effet qu’avait eu cette nouvelle proximité sur son être.

Soudain, il ria. Faisant volte/face, la Dame de Carreaux, à présent les joues en feu, comprenait qu’il venait simplement de s’amuser avec elle. Frustrée, déçue, presque éhontée qu’on puisse lui avoir fait pareils affront, elle fut submergé par ce triste sentiment qui serre les gens qui s’attende à quelque chose mais ne reçoive rien. Elle aurait voulu le frapper, puis se fut à elle qu’elle s’en prit. Non mais vraiment, à quoi avait-elle pensé au juste ? « Sale perverse » pensa-t-elle alors que la voix de Takeru résonna à nouveau à son côté.
Il lui assura penser que tous les habitants de l’île avaient un truc qui clochait, sans quoi ils ne seraient pas réunis ici, puis la discussion vira à la confidence. Il était comme elle, c’était un homme qui sortait peu. Elle ne sut si cela la rassurait ou la peinait. Après tout, s’il sortait aussi peu qu’elle, leurs chances de se recroiser à nouveau à l’avenir seraient minces.

Et voilà que maintenant je me retrouve à discuter avec une fille bizarre. Jolie, mais bizarre. »

Elle lui lança un regard étonné. La jeune femme qui l’instant d’avant avait cru qu’il l’embrasserait ne tiqua même pas sur le compliment que venait de lui faire son interlocuteur à présent. D’un air décontenancé, elle répéta :


- « Bizarre ? Je suis bizarre moi ? »

Elle se perdit dans ses propres pensées. Bizarre ? Qu’avait-elle donc de si bizarre ? Elle sortait peu, certes, mais c’était surtout par peur d’être brisée. Elle parlait peu aussi, mais la preuve était qu’elle n’était pas quelqu’un d’asociale. Après tout, n’était-elle pas en train de lui parler depuis presque une heure maintenant ? Un à un, elle fit la liste de tout ce qu’on avait pu un jour lui reprocher et s’en défendit d’être bizarre pour autant, trouvant à chaque fois un « bon » prétexte à ces défauts. La mine boudeuse, elle répliqua comme une enfant

« C’est plutôt vous qui êtes bizarre à approcher votre tête des gens comme vous venez de le faire, c’était très inapproprié. Je me défends d’avoir un jour eu un comportement plus étrange que le vôtre. Que le tiens ? Euh… Je peux vous tutoyer ? (…) Takeru ? »

Il la regardait sans rien dire. Inexpressif cette fois. Songeait-il ? Ne savait-il seulement que répondre ? Evidemment, elle l’ignorait, mais de ce fait elle passa sa main devant les yeux de son ami d’un soir, et l’agita pour le tirer de ses pensées. Sans réaction, elle fronça les sourcils avant de passer cette même main sur le front du jeune homme, le comparant au siens qu’elle toucha de l’autre en même temps.
Le contact froid de sa main sur sa peau le tira enfin de sa torpeur, elle en fut rassurée. S’il avait eu de la fièvre, ils auraient dû se quitter là. Ce ne fut qu’à cet instant qu’elle remarqua sa propre bêtise. Elle ne l’avait toujours pas remercié pour son compliment. Sursautant, elle inclina sa tête vers lui à deux reprises, confuse.


- « Ah ! Désolé, je ne t’ai pas remercié ! Je ! Ton… Ton compliment m’a vraiment fait plaisir, parce que ce n’est pas souvent qu’on me le dit, et je suis partie sans me changer, et… »

Elle se coupa elle-même. Voilà, c’était certainement pour ça qu’il la trouvait bizarre.

- «… En fait, c’est toi qui avais raison : je suis quelqu’un de bizarre.

Dépitée par ses propres réactions, la jeune femme finit par enfouir son visage entre ses mains, les coudes appuyés sur ses genoux. Gémissant de l’intérieur, elle implora le ciel se demandant pourquoi elle était aussi empotée lorsqu’il s’agissait de rencontrer naturellement quelqu’un.
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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Mer 30 Mai 2012, 20:24

La jeune femme avait l'air tout d'un coup perdue dans ses pensées, ce qui par ailleurs la rendait particulièrement mignonne. Puis elle lui rétorqua que la personne bizarre ici c'était lui et non elle, et lui reprocha le fait d'avoir approché son visage du sien. Takeru savait bien que derrière cette plainte se cachait un sentiment d’approbation. Elle avait certainement aimé le voir d'aussi près mais était en colère contre elle-même d'avoir apprécié ce moment. Quoi de plus naturel ? C'était une réaction assez banale chez les femmes qui le rencontraient. Mais ce fut seulement à cet instant qu'il se rendit compte qu'elle avait peut être attendu quelque chose de bien particulier. L'idée de l'embrasser ne lui avait même pas effleurer l'esprit lorsqu'il s'était rapproché d'elle, il faisait juste cela pour l'embêter. Peut-être elle au contraire avait-elle attendu un baiser ? Il espérait cependant que ce n'était pas le cas. Il n'aurait pas aimé qu'Iwako fasse partie de ces filles dites « faciles ».

Mais il n'eut pas le temps de s'étendre davantage sur la question car Iwako avait repris la parole. Elle lui demanda s'il était d'accord pour qu'elle le tutoie. Takeru remarqua alors pour la première fois depuis le début de leur conversation qu'elle le vouvoyait alors que lui la tutoyait. Il avait toujours tutoyer les filles, surtout s'il avait pour but d'en faire sa gourmandise d'un soir. Le tutoiement aide à mettre en confiance les jeunes femmes et à les faire se sentir plus proche de la personne qui les tutoie. Mais il n'avait pas du tout fait attention au fait qu'Iwako le vouvoyait. Il se demanda alors pourquoi elle le vouvoyait justement. Ils avaient plus ou moins le même âge, ils étaient jeunes tous les deux... il n'y avait aucune raison pour qu'ils se vouvoient. Takeru se dit que c'était sûrement dû à l'éducation qu'elle avait reçu au sein de sa famille. Bah, être poli n'était pas une mauvaise chose.

Néanmoins devait-il l'autoriser alors à le tutoyer ? Ce n'était pas plus mal s'il y avait une certaine distance entre eux. Il n'avait pas envie que cette jeune femme tombe son sous charme car il ne pourrait en aucun cas répondre à ses sentiments. Et quand bien même elle n'aurait pas ce genre de sentiment pour lui, la laisser être proche ce serait la laisser s'approcher de son plan secret et de son passé. Et il valait mieux pour lui, comme pour elle, que cela ne reste connu que de lui seul. Il allait alors lui répondre mais n'en eut pas le temps que déjà elle recommençait à parler.

Elle le remercia pour son compliment... Il réfléchit alors un instant afin de savoir de quoi elle parlait. Puis il se rappela soudain qu'il lui avait dit qu'il la trouva jolie mais bizarre. Il n'avait même pas fait attention à ce mot. Décidément les filles sont vraiment attentives au moindre détail. En plus de cela, elle l'avait tutoyé sans attendre de réponse... Il devait sûrement être trop tard maintenant pour lui donner une réponse négative. Elle finit par s'interrompre d'elle même en concluant que c'était lui qui avait raison et qu'elle était bel et bien une personne bizarre. Iwako, apparemment dépitée, se cacha le visage avec ses mains en se recroquevillant sur elle-même. Au même moment, un étrange sentiment de gêne et de tristesse s'empara de Takeru. Encore les sentiments de l'autre ? Et il ne put faire autrement qu'être attendri devant la détresse de la jeune femme. Et c'est légèrement à contre cœur qu'il essaya de la réconforter. Oui, essaya, parce qu'au fond de lui il restait quand même lui-même et les trucs gnan-gnan pour apporter du réconfort aux autres, l'épaule pour pleurer etc, c'était juste tout sauf son truc. Il posa sa main sur la tête de la jeune femme et lui caressa doucement les cheveux. Il lui dit alors :

« Évidemment que j'avais raison. J'ai toujours raison. Tu le sauras à l'avenir. »

Puis avec une voix qui se voulait plus douce que celle qu'il avait d'habitude, il continua :

« Mais j'ai jamais dit que c'était mal d'être quelqu'un de bizarre. Il vaut mieux être une personne bizarre qu'une personne banale non ? C'est bien d'être bizarre je trouve. »

Mais comme le dit l'expression, chasser le naturel, il revient au galop. Takeru, fidèle à lui même ajouta :

« Arrête de te torturer hein. Parce que ça te donne vraiment un air très craquanr. C'est limite de la provocation ce que tu fais. Enfin, si tu veux que je rentre dans ton jeu, t'as qu'à le dire et je te montrerai ce que c'est de la vraie provocation.»
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Mer 30 Mai 2012, 22:52

Alors qu’elle se repliait de honte sur elle-même, une douce chaleur vint se blottir contre sa chevelure. Une main plus précisément. Celle de Takeru, grande et chaleureuse. Aussitôt elle se sentit apaisée par ce contact.
Cela lui rappelait son père. Sa mère avait toujours été du genre câline, elle la prenait souvent dans ses bras, lui disait ouvertement combien elle l’aimait. Mais son père, lui, n’avait qu’une seule façon de lui transmettre sa tendresse, et c’était celle-ci.
Aussitôt, un sentiment de douleur vint remplacer celle de plénitude. Il lui manquait. Il lui manquait terriblement. Du jour où il l’avait brisée, il n’était jamais réapparu devant elle, et elle avait tenu à respecter ce choix. Elle n’avait pas peur de revoir son père, elle n’était pas en colère après lui, et n’assouvissait aucun désir de vengeance. Elle se mettait seulement à sa place, et le faisait si bien.

Elle comprenait qu’après avoir perdu son épouse et infligé pareil traitement à sa fille malade, un homme puisse ne plus avoir assez de courage pour faire face à cette dernière qu’il avait presque accusée de la mort de sa mère. Elle comprenait, et savait qu’il ne l’avait pas tout à fait abandonné puisque chacun de ses frais avaient été réglés. Elle savait que d’une certaine façon, de là où il était, il était toujours là pour lui venir en aide, la protéger…
Or elle s’était précipité sur cette île en apprenant avoir été atteinte de la malédiction des jumeaux. Elle était alors dans une période où recevoir l’aide de son père sans pouvoir le voir la rendait folle, elle ne voulait plus rien lui devoir, et avait donc choisi de partir dans l’espoir de trouver un remède à ce nouvel obstacle. Seulement, pour la toute première fois, elle réalisait. Elle se rappela ses propres paroles incertaines sur le temps qu’elle avait passé ici et venait seulement de le réaliser :

Elle ne reverrait plus jamais son père. Elle n’aurait plus jamais l’occasion de sentir sa présence bienfaitrice quoi qu’invisible pour ses yeux. Elle n’aurait plus jamais la possibilité d’entendre le son de sa voix, le bruit de ses pas, de voir ses sourires, et ses yeux profonds, de sentir son odeur de naphtaline.

Non, plus jamais elle ne sentirait sa main grande et chaude sur sa chevelure la caressant avec tendresse.

Alors qu’elle songeait à tout cela, des larmes vinrent poindre à ses yeux. Des larmes qu’elle ravala aussitôt. Depuis tout à l’heure, elle entendait Takeru lui parler. Il avait tenté de la détendre en lui disant qu’il avait toujours raison et qu’elle l’apprendrait avec le temps, avant d’enchaîner sur le fait qu’être bizarre était bien mieux que d’être banale. Elle en doutait lourdement. Relevant légèrement la tête, elle la tourna non pas dans la direction du jeune homme mais dans l’autre sens pour ne pas avoir à croiser son regard. Sa voix était devenue maussade. Cette fois sa belle confiance en soi prenait fin, elle redevenait l’Iwako renfermée.


- «C’est peut-être vrai pour les autres, mais pour ma part, je ne serai jamais autrement que bizarre, ou en tout cas, je n’appartiendrai jamais aux gens banales… On croit souvent que sortir du lot est une bonne chose, mais ce sont les gens qui n’ont rien de spécial qui sont les plus chanceux. »

Un court silence passa. La main de Takeru toujours posée sur sa tête, elle l’entendit reprendre la parole. Elle était apparemment « craquante » dans sa détresse, puis « provoquante ».
Elle ne comprenait vraiment pas comment une telle chose aurait pu être possible dans l’état actuel des choses. Elle était sortie à la hâte s’en jeter le moindre coup d’œil à son apparence, le vent avait certainement emmêlé ses cheveux dans sa course vers le port, et elle devait à présent jouer des pieds et des mains pour ne pas que sa tristesse se transforme en expression de visage monotone qui aurait pu donner envie à son voisin de s’enfuir. Elle voulait à tout prix rejeter cette Iwako qui se terrait et se suffisait à elle-même.
Croisant enfin le regard du jeune homme à ses côtés, elle pouffa discrètement puis lui tendit son sourire. Sans même s’en rendre compte, bien que cela ne soit fait que pour l’embêter, elle le nargua, chose auquel le mystérieux brun devait être fort peu habitué.


- « Pff, de la vraie provocation ? Et tu comptes faire quoi pour me le prouver à part rouler des mécaniques et dire à une fille mal coiffée qu’elle est craquante ? »

Déliant ses jambes, elle s’adossa de façon plus confortable contre le dossier du banc et jeta son regard sur l’horizon qui déclinait. Les lampadaires venaient de s’allumer, et le ciel quoi que toujours clair s’obscurcissait de plus en plus. Elle aimait ce moment du soir, entre le jour et la nuit. C’était comme si les deux se réunissaient pour un court instant.
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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Jeu 31 Mai 2012, 02:50

Sans qu'il n'en comprenne la raison, Takeru fut d'un seul coup rempli de tristesse. Une vive envie de voir son père le tiraillait de l'intérieur. Il était vrai que ses parents lui manquaient énormément et qu'ils pensaient souvent à eux, même s'il se défendait de se laisser aller à pleurer. S'il se laissait submerger par ce genre d'émotions jamais il ne pourrait mener son plan à bien. Avec le temps il s'était enduré et savait résister à l'envie de pleurer lorsqu'il pensait à eux. Mais cette fois-ci ce n'étaient pas ses sentiments à proprement parler mais son espèce de jumeau qui ressentait cela. Néanmoins il ne pouvait pas les ignorer et fut malgré lui submergé par cette folle envie de voir son père. Bizarrement, Takeru pouvait ressentir que le père de son double, contrairement au sien, était toujours en vie. C'était un chagrin étrange, comme si cet être et son père ne s'étaient pas vu depuis longtemps. Il n'arrivait pas à mettre de mots explicites dessus. La seule chose qu'il pouvait faire c'était partager ce chagrin car lui aussi savait ce que c'était d'avoir ardemment envie de voir un être cher tout en sachant que cela ne serait pas réalisable.

Mais la voix d'Iwako le tira de ses rêveries. Avec tout ça, il en avait presque oublié la présence de la jeune femme. Elle lui fit part de sa tristesse de ne pas faire partie des gens quelconques. Alors elle aussi était triste en cet instant ? Takeru espérait que ce n'était pas à cause de lui. Peut-être que sans s'en rendre compte son visage avait affiché un sentiment de tristesse. Il n'avait pas fait attention. Pensant fortement que cette atmosphère mélancolique était de sa faute, le jeune homme s'en voulait de ne pas avoir pu mieux contrôler les sentiments de son double, ou tout du moins, de ne pas avoir réussi à les camoufler. Afin d'essayer de détendre un peu l'ambiance il lui lança cette petite pique « Arrête de te torturer hein. Parce que ça te donne vraiment un air très craquant. C'est limite de la provocation ce que tu fais. Enfin, si tu veux que je rentre dans ton jeu, t'as qu'à le dire et je te montrerai ce que c'est de la vraie provocation. » Il pensait la faire rire en jouant le mec provocateur et sûr de lui, ce qui, par ailleurs, il était.

Mais Iwako eut une toute autre réaction qu'il n'avait pas vu venir. Elle le narguait et usait même de la provocation. Il n'aurait jamais soupçonné l'existence du côté provocateur de la jeune femme. Pourquoi réagissait-elle comme ça tout à coup ? Takeru en fut grandement amusé. Il se dit que si elle voulait réellement jouer la carte de la provocation lui aussi allait rentrer dans son jeu. Qu'elle ne vienne pas se plaindre ensuite. Elle regardait maintenant vers le lointain dans une position plus que confortable. Pensait-elle s'en tirer à si bon compte ? C'était mal connaître Fujiwara Takeru. Il s'approcha discrètement juste un petit peu plus d'elle et d'une voix suave il murmura en détachant clairement chaque syllabe : 

« Na-ka-mu-ra I-wa-ko ».

Comme il l'avait prévu, la jeune femme tressaillit légèrement et tourna son regard vers lui. Il profita de ce furtif instant pour enlacer la taille de cette petite provocatrice avec son bras, posant la main sur sa hanche. Puis d'un geste rapide il la tira légèrement vers lui pour rapprocher leurs corps, posant son autre main dans la nuque d'Iwako. Leur visage étaient proches l'un de l'autre maintenant. Leur regard ne pouvait se détourner. Takeru pouvait sentir le pouls de la jeune femme qui s'était brusquement accéléré suite à cette proximité. Toujours de la même voix suave avec laquelle il avait murmuré son nom quelques secondes plus tôt, il ajouta :

« C'est justement parce que tu as les cheveux en bataille que tu es craquante. »

Takeru continuait de se rapprocher de plus en plus. Leurs lèvres n'étaient plus séparées que par quelques infimes centimètres. Il pouvait ressentir le souffle chaud qui s'échappait de la bouche entrouverte de la jeune femme. Puis il pencha la tête sur le côté, s'apprêtant à parcourir les quelques centimètres qui les séparaient encore. Tout doucement il se rapprochait, plus que quelques millimètres... Puis d'une voix douce il voulut murmurer un dernier mot avant de conclure :

« Bye Bye ! »

Sur ce il lâcha brusquement la jeune femme. Takeru se leva du banc et commença à partir vers l'endroit d'où il était venu. De dos, tout en marchant, il secouait doucement sa main de droite à gauche en signe d'au revoir à la jeune et inexpérimentée provocatrice. Elle ne pensait tout de même pas gagner à ce jeu ? Takeru était vraiment heureux d'avoir pris la décision de sortir de son trou ce soir. Cela faisait une éternité qu'il ne s'était pas autant amusé.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Jeu 31 Mai 2012, 08:56

Elle s’était moquée de lui. Gentiment bien sûr, mais elle ne savait apparemment pas à qui elle avait à faire. Oh non, elle ne le savait vraiment pas. A peine avait-elle mit en doute les capacités de provocation du jeune homme que celui-ci lui prouva à sa façon qu’à l’avenir il était tout à fait inutile de vouloir le défier sur ce terrain. Un souffle chaud vint la faire frissonner tandis qu’à son oreille se distinguait clairement depuis la voix de Takeru chaque syllabe de son nom.

Plus surprise qu’autre chose alors, elle ne vu pas venir la suite. A l’instant où son regard croisa le siens, les mains de l’homme vinrent se saisir de sa hanche et de sa nuque. Elle qui avait si peur d’être touchée d’habitude, elle qui craignait tant le contact, notamment ceux des inconnus par appréhension d’une maladresse qui lui causerait blessure, elle n’y pensa pas. Se perdant totalement dans l’état où Takeru les entrainaient à présent. Il l’acheva en lui disant d’une voix toujours plus provocante qu’elle était craquante justement parce qu’elle n’était pas peigné soigneusement.

Il se rapprochait toujours plus.

Leurs lèvres séparés par quelques infimes et ridicules centimètres laissaient s’entremêler leurs souffles. Son corps tremblait. Elle qui réagissait peu à la chaleur sentit quelques perles de sueur naitre à l’orée de sa colonne vertébrale et ses mains devenir moites. Elle avait chaud. Non pas à cause du temps, mais à cause de lui. Elle qui s’était rarement donné et jamais par pur plaisir expérimentait soudain l’excitation la plus primaire auprès d’un homme qu’elle ne connaissait qu’à peine. La tête de l’homme qui la maintenait à son désir se pencha, elle appréhenda. Est-ce qu’il allait vraiment faire « ça » ? C’était vraiment incompréhensible, totalement hors de sa réalité.
S’offrir ainsi et si rapidement, c’était tout simplement révoltant et indigne de sa conduite ! Et pourtant, elle en voulait plus. Bien plus que lui. Alors que paralysée entre son désir de fuir et d’approfondir les choses, et voyait le point de non-retour approché, le dénommé Takeru usa de malice et la quitta aussi précipitamment qu’il ne l’avait séduite. Sautant presque du banc, il la laissa ainsi, penaude, sans aucune autre explication qu’un « bye bye » lancé à la volée et accompagné d’un signe de main.

Alors c’était ainsi ? Il allait vraiment partir et la laisser seule ainsi au milieu du port ? Surtout après ça ? Elle était étourdie par ce sentiment séducteur qui ne lui appartenait pas. Elle si maitre des émotions de « l’autre » en règle général, sentait que celui-ci était sur le point de passer une nuit des plus excitantes. Ce n’était pourtant pas la première fois : son volage de soseiji trainait souvent ce sentiment de séducteur arrivé le soir, et finissait toujours par parvenir à « ses fins ». Elle le ressentait toujours quand il se donnait, mais c’était une sensation encore infime. Peu importait combien de personnes étaient tombées dans ses bras, cette nuit-là, tout comme elle, son jumeau semblait avoir trouvé quelqu’un de particulier.

Conduite par cet élan dont elle ne savait plus bien à qui il pouvait appartenir, Iwako se releva enfin. Il n’était pas assez loin encore pour qu’elle ait besoin de courir, et heureusement, par sa faute, ses jambes étaient en coton.
Marchant vite, elle finit par arriver à son niveau puis par le dépasser, se stoppant devant lui bien décidée à lui apprendre qu’on ne devait jamais quitter une personne sans en avoir réellement finit avec elle.


- « Bye-bye ? Tu crois vraiment pouvoir partir là-dessus… » Bien que plus petite que lui, la jeune femme n’hésita pas à se rapprocher Encore et encore jusqu’à enfin pouvoir coller sa propre poitrine contre le torse brûlant de Takeru. Passant ses bras autours de sa taille, elle le jaugea d’un regard emplie de désir. Un regard qui ne lui avait jamais vu. Un regard qu’elle n’aurait pensé pouvoir tenir. Son souffle était court, sa respiration saccadée, mais une seule chose primait : l’envie. C’était fort, incroyable ce qu’elle ressentait pour lui à cet instant, c’était quelque chose de spécial, d’encore inconnu. Et déjà, elle en voulait plus. L’imitant, elle se mit sur la pointe des pieds pour l’atteindre et acheva sa phrase en un murmure à son oreille « … Ta-ke- ru ? »

Tout en se faisant elle laissa ses mains glisser le long des hanches du jeune homme, le frôlant du bout des ongles, créant dans l’instant un frisson chez son homonyme masculin suivit d’un gémissement retenu dans la gorge. Frisson qu’elle ressentit étrangement sur son propre corps. Cela la calma. Elle le regarda, curieusement, sans se rendre compte que son expression actuelle paraissait plus provocatrice qu’interrogatrice. Un doute. Un simple doute s’était emparé d’elle, mais rien de bien concret. Pourtant dans un souffle, sans même réaliser ce qu’elle disait, elle lui glissa avec douceur :

- « Ne pars pas...»

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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Jeu 31 Mai 2012, 23:55

Comme il l'avait espéré, Iwako l'avait rattrapé. Mais alors qu'il pensait l'avoir refroidie avec sa petite mise en scène il s'aperçut rapidement que c'était tout le contraire qui s'était produit. La jeune femme était chaude comme la braise et le provoquait dans un jeu de séduction. Ce serait mentir de dire qu'il y était insensible. Lui aussi ressentait une immense chaleur l'envahir. Il frissonna presque lorsqu'elle le toucha furtivement et dû même retenir un gémissement de plaisir. Il s'imagina alors ce qui pourrait arriver s'il décidait de la suivre dans son jeu. Après lui avoir donné un intense baiser, ils auraient été chez lui, ou chez elle, ou peu importe... et ils auraient passé la nuit ensemble. Une nuit torride, sans aucune doute. Mais quelque chose le dérangeait.

En effet, s'il s'était écouté à ce moment-là il l'aurait sûrement embrassée fougueusement. Il aurait fait d'elle sa friandise d'un soir sans la moindre hésitation. Mais au contraire, il faisait tout son possible pour se contenir. Cela aurait été si facile de succomber à la tentation, et quelle douce tentation. Cette jeune femme était à la fois douce, attirante et mystérieuse. Cependant, au fond de lui, il sentait que la séduction ne devait pas faire parti de ses passe-temps habituels. Et c'était bien cela qui le dérangeait. Toutes ses conquêtes nocturnes n'avaient été que des femmes sans grand intérêt. De jolies femmes certes, mais c'était bien là leur seule qualité. Ces femmes étaient comme lui des papillons de nuit qui volettent à gauche et à droite, et dont le seul soucis est d'assouvir leurs désirs. Aucun des deux ne recherchaient un partenaire de longue durée chez l'autre, ni le moindre sentiment amoureux. C'était juste purement bestial et sexuel. Ni plus ni moins.

Le problème avec Iwako était là. Elle n'était pas ce genre de personne. Il ne pouvait pas l'expliquer mais il le ressentait. Autre chose qu'il ne pouvait s'expliquer : l'envie soudain de vouloir la protéger. Depuis leur rencontre, il le ressentait. Cette femme n'était pas comme les autres, il y avait quelque chose de spécial en elle. Jamais depuis ce jour maudit il ne s'était intéressé à quelqu'un. Jamais il ne s'était attaché quelqu'un. Et pourtant, il n'avait même pas fallu une heure pour que cela se produise avec cette femme. Il n'arrivait pas à lutter contre cela. Du moins, pas ce soir, la rencontre était encore trop fraiche. Il faudrait qu'il réfléchisse à tout cela à tête reposée pour savoir quoi faire vis à vis d'elle. Pour le moment, il devait gérer ce qui se passait en ce moment-même. Il était sûr de lui. Malgré toute l'attirance qu'il avait pour elle, il ne pouvait se laisser aller à en faire sa proie d'un soir. Il la regarda alors avec tendresse et défit doucement l'emprise physique qu'elle avait sur lui. Il la repoussa un peu afin qu'un mètre les sépare. Puis il tenta de lui fournir une explication.

« Ecoute Iwako. Le prends pas mal, hein. T'es une très jolie femme, sublime même mais... Bon, je suis pas du genre à dire clairement aux autres ce que je ressens en général, mais là je crois que je vais devoir le faire... Je sais pas pourquoi j'ai cette impression, mais je crois pas que tu sois le genre de femme facile à coucher dès le premier soir ou à aguicher un inconnu de façon provocante. Je sais pas pourquoi t'as agis de cette façon tout à coup mais je pense que t'es plus du genre gentille et sensible que dragueuse sans gêne. Et moi justement c'est avec les personnes du deuxième groupe que j'aime m'envoyer en l'air. Toi, je pense pas me tromper en disant que tu fais partie du premier. Contrairement à moi, t'es quelqu'un de pur. Je peux pas abuser de toi. »

Il avait peur de la réaction d'Iwako. Il avait essayer de dire les choses sans la blesser, mais il n'était pas sûr d'avoir réussi étant donné que la gentillesse ne fait pas partie de ses habitudes. En tout cas, toute la tension sexuelle qu'il venait de ressentir avait disparu. Il était même surpris de voir qu'il était capable de résister à une si charmante créature. Mais pour une raison inexplicable, il ne voulait pas faire d'elle l'une de ses conquêtes sans intérêt. Non. Décidément, cette femme, elle avait vraiment quelque chose de spécial.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   Ven 01 Juin 2012, 01:52

Bien qu’elle ait se soit déjà reculée de lui après son moment d’absence, le jeune homme rajouta davantage de distance entre eux. Avec une délicatesse qui contrastait rudement les premières paroles qu’il lui avait tenu, il lui expliqua qu’inévitablement il n’aurait rien à lui offrir de plus ce soir. Entamant un petit discours sur le fait qu’il était un coureur de jupons il lui expliqua point par point qu’il ne s’intéressait qu’aux papillons de nuits, et qu’elle était trop pure pour en faire partie. Il lui avoua ne pas penser qu’elle était une fille facile et qu’il ne voulait pas abuser d’elle. La belle Iwako fronça aussitôt les sourcils :

- « Evidemment que je ne suis pas ce genre de femme ! Ce serait absurde et dégoutant ! Et ne crois pas que parce que je t’ai retenue je sois quelqu’un que l’on peut abuser, je peux me montrer très capable. »

Elle était agacée. Non pas envers Takeru mais plutôt envers son allumé de Soseiji qui avait bien failli la pousser à être ce genre de femme se donnant sans compter. Pourtant, elle n’aurait pu nier avoir été complètement sous l’emprise d’une passion violente pendant un temps, mais ça allait mieux.
Dès qu’elle avait cru sentir le frisson qu’elle avait provoqué chez son homonyme, tout s’était stoppé très vite. L’idée lui avait très subtilement caressé l’esprit : un frisson partagé ? Etait-il possible qu’il en soit lui-même la cause ? Ce sentiment d’avoir en face d’elle quelqu’un de si spécial n’était-il pas au fond plus qu’une coïncidence ?
Elle avait vite chassé cela à des kilomètres : elle devenait parano. Une telle chose n’était pas possible, et leur proximité lui suffisait bien à expliquer sa sensation précédente. Retournant enfin son attention vers le jeune homme, Iwako remarqua que cette fois, le jour avait bel et bien disparut.


- « Il fait déjà nuit… Je crois qu’il est temps pour moi de rentrer ».

Tout en disant cela, la Dame offrit à son nouveau camarade son plus beau sourire. Elle n’avait soudain plus peur de le quitter. Il s’agissait d’un carreau. Il s’agissait de Takeru. Une voix au plus profond d’elle lui murmurait qu’il finirait par se croiser de nouveau un jour. Qui sait ?

- « Merci de m’avoir accompagnée ce soir, c’était vraiment agréable de faire ta connaissance. »
Elle s’inclina profondément en signe de politesse. « Au revoir ! »


Il la salua à son tour sans aucune tentative de séduction, ni provocation. Ils se quittaient bien plus simplement que ne l’avaient été toutes leurs conversations jusqu’à présent. Ils se quittaient le sourire aux lèvres. Le sentiment de ne pas vouloir rentrer s’était éteint pour l’un comme pour l’autre, mais bien qu’aucun des deux n’en ait touché mot, ils s’étaient promis silencieusement d’un sourire, d’un regard, que cette rencontre ne serait pas la dernière.



• FIN DU TOPIC •
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MessageSujet: Re: Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]   

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Behind your eyes [PV Takeru & Iwako]

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