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 L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]

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Nakamura Iwako
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MessageSujet: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Ven 01 Juin 2012, 13:05

Trois heures du matin. Pas un bruit dans la rue, et peu de lumière. A cette heure de la nuit où la partie Nord de l’île dormait profondément, seul les bruits réguliers de talons claquant sur le bitume venait troubler le silence. Elle était seule, et cela l’effrayait.
Auparavant, à chacune de ses sorties, Iwako Nakamura était accompagnée par Daisuke le Valet, voir par Ryûsuke, l’As de sa hiérarchie. Cependant l’affaire concernant Sato Eisuke, l’homme qui avait insulté son Roi à son arrivée sur l’île avait tout changé. En apprenant qu’Iwako était intervenue en la faveur de cet insolent prisonnier et l’avait tiré de prison, Arashi, furieuse, avait ordonné à Daisuke de ne plus l’approcher. Et si le Valet était extrêmement dévoué à sa Dame, c’était encore et toujours le Roi qui avait le dernier mot.

Cela faisait maintenant plus d’un mois qu’elle n’était pas ressortit si tard de chez elle. La dernière fois qu’elle s’y était risqué, elle avait fait la rencontre d’une carte absolument divine du nom de Takeru Fujiwara. Elle n’avait d’ailleurs cessé de penser à lui durant cette longue période. Les premiers jours avaient été invivables : incapable de se concentrer sur son travail, la belle Iwako avait tourné en rond des jours durant l’esprit et le corps tiraillé en tous sens de cette puissante envie de le revoir. Pour rejeter cette envie, elle s’était alors emmurée davantage dans le travail, et avait même eu l’audace d’aller encore plus loin dans ses « méfaits ».

Le hacking, ou comment déjouer en quelques habiles manipulations informatiques les murs que les gens dressaient autours de leurs données confidentielles. Le monde virtuel était plein de codes et d’informations capitales, et c’est simplement en cherchant un moyen de se libérer l’esprit qu’elle était tombé sur un fait très intéressant.
Sur l’île du Joker, Iwako n’était pas la seule à savoir manier l’outil informatique. En effet, dans l’ombre, un véritable réseau de rebelles s’était formé. Bien que limité en nombre, le groupe en question composé de simples cartes, pour la plupart de piques, tentait d’établir un réseau de communication en dehors de l’île. D’abord peu concernée par l’affaire, la jeune femme s’était même mise en tête de les aider. Après tout, pouvoir garder contact avec le reste du monde derrière le dos du Joker, c’était vraiment quelque chose de grandiose en son sens. Mais la réalité avait été toute autre : bien peu concernés par l’idée de rentrer en contact avec leurs familles restées au Japon, les membres de ce réseau n’avaient pour unique but que l’importation d’armes et de fonds sur l’île à des fins d’évasion.

Elle était entrée dans leur base de donnée, et cela lui avait fait froid dans le dos : aucune sympathie envers la population locale dont ils se moquaient bien du sort, aucun plan élaboré afin de limiter les pertes humaines et matérielles, et surtout, élimination des informateurs devenus inutiles. Ces gens ne voulaient qu’une chose : s’échapper seuls, et détruire dans le même temps ce bout de terre isolé qui les retenaient depuis si longtemps, se moquant bien du reste.
Dès lors, la jeune femme au corps de verre s’était démenée jours et nuits afin de gérer seule l’affaire. Ses dossiers concernant les petites juridictions de la partie Nord avaient été laissés de côté, tout comme le reste. Elle s’épuisait à la tâche avec une détermination terrible, jusqu’à en oublier tout le reste, et cela avait porté ses fruits. Point par point, elle était parvenue à brouiller leurs lignes de communications, à détruire leurs systèmes, à effacer leurs fichiers mémoires. Elle s’en était tirée admirablement. Mais afin de détruire définitivement l’organisation, elle avait besoin d’aide. Bien consciente que son état lui empêchait les opérations de terrain, elle avait longtemps bataillée afin de se trouver un allié aux gros bras capable de finir le travail pour elle. Bien sûr, il aurait suffi d’en rendre compte au Joker pour que Ryûsuke soit envoyé sur le terrain, mais la jeune femme avait beaucoup de sympathie pour lui et ne souhaitait ni que son ami se mette en danger, ni que le Joker soit impliqué dans l’histoire. Après tout, elle-même risquait gros pour être sortit du rang qui lui avait été imposé. Son métier concernait la maintenance informatique, si le maitre de l’île apprenait ses talents pour le hacking, elle perdrait d’un seul coup sa confiance, son poste, et certainement même sa vie. C’est ainsi qu’elle se retrouva dans un bar-club de la partie Est de l’île. Elle y avait rencontré un homme d’un certain âge, ancien mercenaire pour le compte du gouvernement qui en échange d’une coquette somme lui avait certifié que le ménage serait fait. Par ménage, elle entendait que ses individus soient incarcérés. Elle se dépatouillerait afin de leur trouver des chefs d’inculpation plus tard.

Pour l’heure, elle voulait seulement rentrer chez elle. Après avoir réglé l’homme en question, il ne lui restait que quelques malheureux billets qui n’avaient pas suffi à ce que la taxi la raccompagne jusque chez elle. C’est donc à pieds qu’elle dut traverser toute la zone d’habitation du Nord de l’île dans l’espoir de regagner son appartement avant le lever du jour.

A présent que cette affaire était réglée, son esprit était plus clair. Elle n’était plus assez obsédée par l’idée de mettre fins aux agissements du groupe pour ne plus voir sa propre crainte. Le mutisme nocturne l’étouffait, et le bruit de ses escarpins accélérant la cadence la stressait davantage encore. Elle avait peur. Peur que quelqu’un ne finisse par sortir, la reconnaitre, et s’en prenne à elle. Peur de croiser quelqu’un de malsain. Son cœur battait à un rythme effréné sans pouvoir se calmer tandis qu’à l’orée de son front et au creux de ses mains quelques gouttes de sueur froide s’étaient formés. Loin des quartiers animés de la Partie cœur, et encore trop loin du centre de l’île, elle ne se sentait pas le moins du monde en sécurité.

Et lorsque d’autre bruit de pas vinrent s’ajouter aux siens, elle serra davantage la poigne sur son sac, priant pour que l’individu derrière elle dont elle pouvait distinguer une infime partie de l’ombre, ne l’attaque pas.

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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Ven 01 Juin 2012, 14:53

Deux mois. Voilà depuis combien de temps Takeru était enfermé sur cette île. Il passait la majeure partie de son temps chez lui, ne sortant la journée que pour les choses nécessaires et la nuit pour assouvir quelques désirs passagers. Il y avait de jolies femmes sur cette île, tout comme à l'extérieur. Et tout comme à l'extérieur elles étaient bien peu intéressantes. Elles n'étaient que des friandises d'un soir. Une seule femme ici avait réussi à retenir son attention. Nakamura Iwako. Ils s'étaient rencontrés il y a un mois environ. Depuis il avait plusieurs fois repensé à elle. Sans en comprendre la raison, cette femme l'intriguait au plus au point. Il avait même espéré la croiser lors des rares fois où il mettait les pieds dehors mais ce n'était jamais arrivé. Et ce n'était sûrement pas dans les bars ou autres clubs où il passait ses soirées qu'il pourrait de nouveau la rencontrer. Ce genre d'endroit ne lui correspondait pas. Après tout, elle lui avait dit qu'elle aussi ne sortait que très peu de chez elle, il y avait donc peu de chance pour que des ermites comme eux se croisent. Il ne comprenait pas d'où sortait son intérêt soudain pour cette femme, mais il ne pouvait pas le nier. Il aurait vraiment aimé la revoir afin d'essayer d'apporter un début de réponse à ses interrogations.

Mais il ne pouvait pas passer sa vie à penser à elle, il avait d'autres affaires bien plus importantes qui attendaient d'être traitées. Il s'était bien rendu compte qu'il ne pourrait rien faire physiquement depuis cette île, et on ne tue pas quelqu'un en lui envoyant un simple virus par mail. Il lui fallait quelqu'un à l'extérieur pour accomplir le sale boulot à sa place. Grâce à ses connaissances en informatique, il avait réussi à passer virtuellement la barrière de l'île. Il passait alors ses journées à fouiller sur Internet dans le but de trouver le bon candidat. Il en surveillait quelques uns qui avaient un profile intéressant. Il était prêt à les payer généreusement s'il le fallait. Pour lui l'argent n'était plus un problème. Lors de ses missions nocturnes, il avait dû à plusieurs reprises intervenir au domicile de ses victimes ou dans leur bureau professionnel joliment décoré. Il n'avait donc eu qu'à emporter quelques bibelots de valeur et les revendre au marché noir. Après tout, chacune de ses victimes n'avaient été que des verreux qui avaient gagné leur fortune en trafiquant avec l'argent de ce même marché. Il s'était débrouillé à chaque fois pour laisser sur le lieu de ses crimes, les preuves qui prouvaient la culpabilité des agressés. La police avait remarqué le lien entre tous ces assassinats et savait bien qu'ils ne cherchaient qu'une seule et même personne. Bizarrement certaines personnes appréciaient de voir de tels criminels enfin punis pour leur crime. Des groupes de soutient en faveur de cet inconnu redresseur de tords avaient même fait leur apparition sur la toile. On l'appelait « Hero ». Les inspecteurs en chargent de l'enquête étaient sûrement loin de se douter que Hero était maintenu retenu prisonnier sur l'île mystérieuse du Joker. Ainsi, même si cette île était une sorte de handicap, elle était aussi une protection, un lieu sûr où se cacher. Personne ne penserait à le chercher ici et personne n'oserait venir le chercher dans cet endroit. Mais il devait tout de même rester sur ses gardes. Il ne faudrait pas que le Joker ou l'une des Figures ne remarquent ses recherches frauduleuses. Jusqu'à maintenant il avait été plutôt tranquille de ce côté-là, et il ne s'en plaignait pas. D'ici quelques temps son plan de vengeance pourrait de nouveau se remettre en marche.

Ce soir-là était un soir comme les autres. Takeru était sorti faire un tour du côté du district des Cœurs. Il avait trouvé un bar sympa et était vite devenu le centre d'intérêt d'une grande partie des jeunes femmes présentes. Malheureusement pour lui, aucune de ces femmes n'étaient à son goût. Il repartait alors bredouille de sa chasse du soir. Même s'il ne recherchait qu'une relation physique, il avait tout de même quelques critères quant aux partenaires qu'ils choisissait. Déçu de ne pas avoir trouvé une friandise convenable, il avait voulu rentrer à pied jusque chez lui. Ca lui faisait du bien de prendre un peu l'air après avoir passé encore une journée enfermé dans son appartement. En fait, cela faisait même trois jours qu'il n'avait pas mis le nez dehors. Il profitait de l'air frais du soir lorsqu'il eut envie de prendre un autre itinéraire pour rentrer chez lui. Il ne comprenait pas d'où lui venait cette soudaine envie, surtout que le chemin qu'il suivait maintenant était plus long que le chemin habituel. Il y avait peu de monde dans cet endroit du district, certaines des rues qu'il avait traversées étaient même totalement désertes. C'est alors qu'une étrange sensation de peur lui étreignit le ventre. Pourquoi avait-il peur tout à coup ? La peur était bien un sentiment qu'il ne connaissait pas. En effet, ce sentiment ne lui appartenait pas. C'était celui de son double. Que pouvait-il bien faire pour être aussi terrorisé ? Des gouttes de sueur froide commencèrent à perler sur son front. Au fond de lui il n'avait pas du tout peur de marcher dans ces rues en pleine nuit. Avec ses connaissances en arts martiaux, et l'arme cachée dans son dos, il ne craignait personne. Mais il ne pouvait pas ignorer le sentiment de son double.

Alors qu'il arrivait à un croisement, il remarqua une silhouette dans la rue de gauche. Cette silhouette l'intriguait, surtout qu'il n'y avait absolument personne d'autre dans le coin. Quitte à s'attirer des ennuis, il fallait qu'il la suive, c'était plus fort que lui. En se rapprochant davantage il put remarquer que la personne qu'il suivait était en fait une jeune femme. Plus il marchait derrière elle, et plus il était persuadé d'avoir déjà vu cette silhouette quelque part. Il se rappela alors de la rencontre d'il y a un mois. C'était elle, Nakamura Iwako. Il en était presque certain. Dans un élan il voulut confirmer ses doutes en posant sa main sur l'épaule de l'inconnue pour la retourner et voir son visage. Mais il s'arrêta aussitôt. Ce n'était pas du tout la bonne méthode. Une femme marchant seule à une heure aussi tardive dans des rues aussi sombres que celles-ci ne devait pas vraiment être rassurée, encore plus s'il s'agissait bel et bien de Iwako. L'attraper par derrière aurait sans aucun doute eu pour résultat un cri terrorisé à en briser les tympans. Il opta alors pour une autre tentative d'approche. A à peine quelques mètres derrière elle, il cria alors :

« Nakamura Iwako ? »
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Ven 01 Juin 2012, 17:19

Elle continuait à marcher tout en pressant le pas quand tout à coup, la voix de l’homme derrière elle l’interpella. « Nakamura Iwako ? ». Son cœur rata un battement. Cette voix, elle ne l’avait pas entendu depuis un certain temps maintenant, mais l’avait tellement espéré qu’elle ne douta pas une seconde sur son propriétaire.
Ses pas s’arrêtèrent, et son souffle reprit un rythme plus détendu. Sa main se délia de son sac pour finir par le lâcher. Alors qu’elle ne s’était pas encore retournée un large sourire vint se tracer sur son visage. Elle se mordit la lèvre, ingénue

La vie était étrange. Il lui avait lui-même confié ne pas sortir beaucoup de chez lui, et voilà qu’elle le retrouvait dans l’endroit le plus improbable de l’île. Dans une zone d’habitation en pleine nuit. Ça paraissait certes incroyable sur le moment, mais après une courte réflexion, son sourire s’amoindrit quelque peu. Quelle idiote, il habitait dans ce district puisqu’il faisait partit des carreaux. Peut-être l’avait-il simplement vu passer à sa fenêtre…
Mais peu lui importait au fond, il était là, c’était bien là l’essentiel. Elle se retourna enfin. Sa longue chevelure virevolta sur ses épaules et dans son dos, laissant apparaitre à la vue de celui qui l’avait appelé son visage rayonnant. A la vue de Takeru, ses yeux brillèrent. Elle le trouva encore plus beau que le jour où ils s’étaient rencontrés, et pour cause, le jeune homme semblait sortir de soirée. Elle lui offrit son sourire, et se mit à courir avec mesure vers lui pour atteindre son niveau.


- « Takeru ! Mais qu’est-ce que tu fais ici ? »


Son expression était à présent bien plus enjouée que surprise. Et pour cause : dès l’instant où elle avait réalisé la présence du jeune homme, elle avait tout oublié. Sa crainte, ses plans, son combat contre le réseau terroriste de l’île. Tout s’envola comme par magie. Elle était heureuse, il lui semblait parfois qu’elle n’avait fait que rêver sa rencontre avec lui tant cette occasion paraissait loin maintenant. Ils n’avaient pourtant aucun lien particulier. Ils n’étaient pas vraiment amis en vue du peu de choses qu’ils savaient l’un de l’autre ; n’étaient pas amant. Ils se connaissaient, simplement, et cela semblait déjà suffisant.
Passant sa main sur la chemise de Takeru afin de remettre en place le pan de sa chemise ouverte, elle poursuivit avec malice :


- «Je suppose que tu as de nouveau retrouvé l’envie de sortir de chez toi vu l’heure qu’il est. »

Elle se rappela à cet instant les dernières paroles qu’il lui avait confié. « Je crois pas que tu sois le genre de femme facile à coucher dès le premier soir ou à aguicher un inconnu de façon provocante. (…) Et moi justement c'est avec ce genre de personnes que j'aime m'envoyer en l'air. »
Elle fit la moue. Évidemment, qu’est-ce qui pourrait justifier qu’il soit là si tard dans la nuit et si bien vêtue, embaumé de l’odeur de l’alcool et du tabac ? Il revenait probablement de draps qui n’étaient pas les siens, ou quelque chose comme cela. Ce détail l’exaspérait au plus profond bien qu’elle n’en fit rien paraitre. Ce Takeru était spécial, elle se sentait irrémédiablement attirée vers lui comme s’il y avait entre eux quelque chose de profond les liants, pourtant, pour ce qu’il s’agissait de ses petits instincts masculins, il ne valait certainement pas mieux que son incorrigible Soseiji.

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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Ven 01 Juin 2012, 23:58

Il était vraiment heureux de la rencontrer par hasard ici et apparemment le plaisir était partagé. Il avait attendu avec impatience leur prochaine rencontre mais en même temps il l'avait appréhendée. Il faut dire que la dernière fois, ils s'étaient quittés un peu froidement. Il était ravi de voir que la bonne entente régnait finalement. Ils ne se connaissaient pas plus que cela, on ne pouvait pas dire qu'ils étaient amis, du moins pas encore, ni amants, du moins pas encore non plus. Mais ce qui était certain c'était qu'il y avait quelque chose de spécial entre eux. Takeru était bien décidé à profiter de cette occasion pour essayer de découvrir qu'est-ce qui faisait d'Iwako une personne aussi spéciale à ses yeux. Il fut amusé par la dernière phrase de la jeune femme et lui répondit en souriant :

« C'est vrai que je suis pas sorti énormément depuis la dernière fois qu'on s'est vu. La journée je sors juste quand j'ai besoin d'acheter de quoi manger. En fait je sors plus le soir. Même enfermé sur cette île, y a certaines envies qu'un homme a besoin d'assouvir, nan ? »

Il aurait voulu retirer sa dernière phrase. Il l'avait sortie sans réfléchir. C'était venu tout seul, naturellement. Depuis quand parlait-il aussi aisément avec les autres ? Il n'avait aucune raison de se sentir suffisamment en confiance en sa compagnie pour commencer à raconter sa vie. Et pourtant, il présentait qu'il n'arriverait pas à s'en abstenir. Ce qui l'embêtait surtout c'était le contenu de sa phrase et le fait qu'il lui ait en plus demandé son approbation. Oui, il était un dragueur invétéré et il ne s'en cachait pas. Mais bizarrement, il n'avait pas vraiment envie de parler de cela avec elle. La façon dont il avait parlé lui paraissait légèrement vulgaire. Pourtant, c'était sa façon de parler habituelle... La présence de cette femme le perturbait encore plus qu'il ne le pensait. Oui il aimait sauter sur toutes les belles choses qui bougent, oui il parlait vulgairement... Mais en la présence de cette femme, ces choses le dérangeaient. C'était comme s'il émanait d'elle une sorte de pureté qu'il ne voulait pas souiller, pas même avec ses mots. Décidément que lui arrivait-il ? C'était comme si la personne d'Iwako provoquait en lui des changements étranges... Il n'était tout de même pas en train de tomber amoureux ?! Surtout pas ça. Non ça n'avait pas l'air d'être ça... Ou peut-être que... Comme la dernière fois il était totalement perdu, complètement... confus. Elle était là et il avait bien du mal à rester lui-même et agir normalement. Il avait juste envie de s'intéresser à elle, une étrange envie de la protéger aussi. Quels mystères renfermait-elle ? Iwako avait alors fait la moue comme si elle était déçue... Il ne put s'empêcher de remarquer qu'elle était vraiment mignonne avec cette expression, comme une petite fille. Mais il s'en voulut d'avoir créé chez elle une telle expression car pour lui ça ne faisait aucun doute que c'était de sa faute. Pour quelle autre raison aurait-elle été déçue sinon ? Il tenta alors de se justifier rapidement...

« Ouais enfin... Ce soir j'étais sorti faire un tour dans un bar du district des Cœurs. L'ambiance était sympa et il y avait plein de jolies filles qui me courraient après mais... y en avait aucune qui m'intéressait vraiment. Pas de friandise pour moi ce soir. Du coup je rentre tout seul... »

Il avait essayé de ne pas parler trop vulgairement. Il ne voulait pas la choquer ou la dégoûter, ou même la faire fuir. Maintenant qu'il l'avait enfin retrouvée il avait envie de passer un petit moment avec elle. Simplement discuter comme la dernière fois, ce serait bien. Même si sa présence le rendait totalement confus et lui faisait légèrement perdre ses moyens, au fond elle lui faisait du bien. Il voulait vraiment prolonger cet instant. Takeru ne put alors retenir son sourire charmeur, car quoiqu'il fasse son sourire était charmeur en permanence, et lui dit alors...

« Enfin peut-être plus si seul que ça maintenant. »

Puis d'un seul coup son visage se figea en se rendant compte que cette phrase avait un double sens évident. Mais il n'était pas si évident que ça au moment où il avait parlé. Il avait dit cette phrase innocemment, pour une fois, sans aucune arrière pensée. Il n'était juste plus seul car il l'avait trouvée, en aucun cas il ne comptait l'emmener dans son lit ou quoique ce soit. Mais Iwako connaissait son penchant pour la drague et le sexe, elle allait sûrement l'interpréter de la mauvaise façon. Paniqué, il essaya de se rattraper comme il put...

« NAN ! Je voulais pas dire q-q-que... Enfin, je voulais juste dire que maintenant t'étais là hein et que du coup je finirai pas la soirée seul... En fait si, seul dans mon lit, mais pas seul... dehors... enfin... je... »

Il ne put réprimer un léger gémissement de douleur. Si l'on avait été dans un dessin animé amusant, un immense panneau lumineux clignotant serait apparu au-dessus de sa tête et aurait affiché un gros « Help ». Il devait sans aucun doute être totalement ridicule. Où était donc passée cette fichue confiance en lui qui le caractérisait ? Pourquoi voulait-il prendre des pincettes en parlant avec elle, surveillant le moindre mot qu'il lui disait ? Et se sentant coupable dès qu'il avait l'impression de dire quelque chose de mal, qui en temps normal, ne lui semblait pas être quelque chose de mal ? Il était encore une fois de plus totalement confus... La seule chose qu'il put faire dans la panique pour conclure ce qu'il voulait dire ce fut un profond soupire tandis qu'il se passait la main dans les cheveux. Il n'osait même plus la regarder en face, préférant fixer ses magnifiques chaussures de marque. Il guettait la réaction d'Iwako... Qu'allait-elle donc penser de lui ?
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Sam 02 Juin 2012, 14:24

A peine avait-il ouvert la bouche que ça reprenait de plus belle. Les femmes, toujours les femmes. Iwako avait beau savoir que ce genre de comportement concernait la plupart des hommes, chez lui elle n’aimait pas ça. La jeune femme n’aurait même pas su dire pourquoi. Elle n’avait à première vue aucune raison d’être jalouse puisqu’ils n’étaient rien l’un pour l’autre à proprement parler. Pourtant c’était plus fort qu’elle : elle ne voulait pas le partager, elle n’aimait pas l’idée qu’il puisse être ne serait-ce qu’effleurer par une autre personne qu’elle. Ce sentiment d’extrême possessivité elle ne l’avait jamais goûté avant lui, et c’était bien cela qui déroutait le plus la jeune femme.
Alors qu’il finissait sa phrase tout ce qu’elle fut en mesure de lui répondre fut un petit


- « hum… »
Il due comprendre la raison de son désappointement car aussitôt il tenta de se justifier en lui expliquant que bien qu’étant sorti cette nuit dans le but de se mettre « quelque chose sous la dent » il n’avait pas trouvé son bonheur et rentrait donc bredouille de sa « chasse ». Une petite voix au fond d’elle fut rassurée, aucun corps étranger au siens ne s’était donné à lui cette nuit. Ça lui donnait l’impression d’aimer quelque chose de mal, de rire du malheur de quelqu’un. Elle n’aimait vraiment pas cette nouvelle facette qu’elle considérait à mille lieux de ce qu’Iwako Nakamura était au fond.
Soudain, le sourire de séducteur de Takeru reprit place sur son visage, lui disant que finalement, il ne serait plus seul ce soir. La jeune femme en déglutit. Dans la bouche de quelqu’un d’autre cette phrase aurait presque pu paraitre innocente, mais sortit des lèvres du bel éphèbe, c’était de mauvaise augure. Fronçant légèrement les sourcils tout en se rappelant de la façon dont il l’avait nargué de ses lèvres lors de leur dernière entrevue, Iwako s’apprêta à lui répondre qu’elle n’aimait pas lorsqu’il se moquait ainsi d’elle et pourtant, il la devança, et pire encore, la surprit au plus haut point en perdant pour la première fois sa belle insolence. Balbutiant à n’en plus finir le jeune homme lui expliqua qu’il n’avait pas prononcé sa dernière phrase pour la séduire mais pour justement noter le fait qu’à présent en sa compagnie il n’était plus seul. Détournant ses yeux vers le sol, une main passée dans les cheveux, elle le trouva plus séduisant que jamais. Bien plus encore que quand il s’amusait à jouer les provocateurs.
A cela, elle ne put retenir un léger rire, suivit d’un sourire tendre. Elle voulait qu’il se détende, après tout, ce n’était pas elle qui allait le manger. Quoi que…
Se rapprochant de lui, la Dame de carreaux passa une main frêle sur la joue brûlante du garçon avant de transformer son geste en une douce caresse puis de laisser sa main posée ainsi sur son visage.


- «Puisque tu seras seul dans ton lit ce soir autant rester le plus longtemps possible dehors cette fois, ne ? »

Elle retira sa main, guettant une réaction qui ne vint pas. Devant l’étrange expression de Takeru elle ne put se retenir et mordilla légèrement sa lèvre pour se retenir d’en faire davantage. Elle avança alors de quelque pas et vint se positionner juste à côté de lui, épaule contre épaule. Surprit, l’homme à ses côtés la regarda drôlement avant de recevoir son explication :

- «Alors, où est-ce que nous allons cette fois ? Je te préviens même s’il est tard je ne te laisserai pas repartir aussi vite que la dernière fois, alors tu ferais bien de t’y faire ».
Elle lui glissa alors un sourire complice suivit d’un clin d’œil. Peu importe où il la conduirait, elle était bien décidée à le suivre, et silencieusement, dans un petit coin de sa tête qu’elle préférait ne pas écouter, quelque chose lui disait qu’après la façon dont il s’était rattrapé elle était presque prête à le suivre au creux de ses bras cette nuit.
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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Sam 02 Juin 2012, 21:08

Apparemment le message laborieux qu'il voulait faire passer avait été bien interprété. Il était soulagé. Ce n'était pas qu'il ne l'avait jamais vu comme une possible friandise, Iwako était une femme totalement désirable et dans plus d'une occasion il aurait été ravi de pouvoir la posséder entièrement. Mais cette idée le mettait mal à l'aise. C'est comme s'il en avait envie mais qu'il ne pouvait pas le faire à cause de quelque chose qui émanait d'elle. De toute façon ne servirait à rien d'essayer de lutter. On a bien vu le résultat que ça a donné il y a quelques secondes et c'était plus catastrophique. On verrait bien comment les choses évolueraient. Elle lui proposa ensuite de passer le plus de temps possible ensemble étant donné qu'apparemment ni l'un ni l'autre n'était attendu quelques part. Mais alors que, pour une fois, des pensées saines s'emparaient de lui, la jeune femme vint lui caresser la joue. Takeru se raidit et n'osa plus bouger. Il avait un peu de mal à la suivre parfois. Est-ce qu'elle savait que le moindre contact physique était une source d'excitation ? Elle voulait lui tenir compagnie mais pas finir dans son lit... mais elle le provoquait de cette façon quand même ? Il en vint à la même conclusion que lors de leur première rencontre : elle doit être légèrement folle sur les bords. Puis tout à coup, elle vint se positionner à ses côtés, épaule contre épaule. Takeru lui lança un regard interrogateur du genre « euh, tu fais quoi au juste ? ». Elle comprit sûrement le message étant donné qu'elle lui expliqua qu'elle attendait qu'il l'emmène quelque part et qu'elle ne le laisserait pas partir aussi facilement que lors de leur dernière rencontre. Takeru ne savait pas comment interpréter tout cela. De toute façon ça ne servait à rien de se prendre la tête. Vu à quel point elle était bizarre il aurait sûrement toujours du mal à la comprendre. Il se mit alors à réfléchir à l'endroit où il pourrait l'emmener. Mais rien ne lui vint à l'esprit. Les seuls endroits de l'île qu'il connaissait c'était le supermarché et les clubs qu'il fréquentait la nuit. Et il n'avait pas particulièrement envie de l'emmener dans ce genre d'endroit. Il lui répondit alors, sans arrière pensée...

« Ok. Je suis à toi pour le restant de la nuit, mais tu sais je connais pas trop le coin... Ça te dirait pas qu'on marche un peu ensemble et on verra bien où on atterrira ? On tombera peut-être sur un truc sympa. »

Iwako acquiesça en souriant d'un signe de tête. Ils se mirent alors en route, en continuant dans la direction que la jeune femme suivait. Ils marchaient côte à côte tranquillement, sans se presser. Takeru ressentit une étrange impression. Ça n'avait pas l'air d'être celle de son double mais bel et bien la sienne. Oui, il ressentit comme une espèce de joie. Il faut dire qu'il avait vraiment espéré la revoir et voilà qu'il se promenait à ses côtés. Quelque part il était content de pouvoir passer un moment avec elle. Mais il se rendit compte tout à coup qu'il ne savait toujours pas ce qu'elle faisait dehors à une heure aussi tardive. Il décida donc de le lui demander.

« Au fait ? Il est super tard là. Qu'est-ce tu fais dehors toute seule ? Dans un coin pas très chaleureux la nuit en plus... Ça te fout pas un peu les jetons ? »
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Dim 03 Juin 2012, 00:43

Fraichement arrivé sur l’île, Takeru lui confia qu’il n’avait pour l’heure aucune idée sur l’endroit où se rendre à pareil moment. Il fut donc décidé que les deux jeunes gens marcheraient au grès de leur pas jusqu’à, peut-être, trouver un endroit plus accueillant que celui-ci.
Marchant tranquillement l’un à côté de l’autre ils profitaient de l’instant présent. Iwako était heureuse. Et cette fois, elle en était certaine, cela n’avait rien à voir avec son jumeau. Elle était vraiment heureuse de l’avoir trouvé sur sa route, et ne s’en cachait pas puisqu’un léger sourire n’avait pas quitté ses lèvres depuis leur départ.
Pourtant, alors que Takeru entreprit de rompre le silence, sa question fit disparaitre la sensation de pur bien être de la jeune femme.

« Au fait ? Il est super tard là. Qu'est-ce tu fais dehors toute seule ? Dans un coin pas très chaleureux la nuit en plus... Ça te fout pas un peu les jetons ? »


Elle marqua un temps d’arrêt. Evidemment qu’il allait lui demander ce qu’elle faisait là à un pareil moment. Quelle idiote… Plutôt que de chercher à se lover dans le plaisir de le revoir elle aurait simplement dû s’enfuir loin de lui pour éviter à avoir à répondre à pareil question. Elle détestait mentir, et encore plus à cette personne. Cela lui semblait être une véritable trahison, pourtant, peu importait la façon dont elle tentait de tourner la vérité, il en saurait beaucoup trop, et sur elle, et sur cette affaire qui ne le concernait absolument pas.
Pour la première fois, Iwako réalisa pourquoi jusqu’à présent elle ne s’était jamais trop occupée à tisser des liens avec autrui, pourquoi, hormis avec son Valet et Ryûsuke, elle ne s’était jamais fait d’amis ici. Pour elle, un lien quel qu’il soit se construisait sur l’honnêteté et une confiance commune. Et si pour une raison inconsciente elle lui faisait déjà confiance, pour ce qui était de l’honnêteté, elle n’arrivait pas à poser ses cartes sur la table.

Sans tenir compte du silence qu’elle laissait peser, la jeune femme fit le point : qu’arriverait-il si Takeru apprenait son identité de Dame ? Qu’adviendrait-il d’elle si un inconnu, aussi attirant puisse-t-il être, apprenait à la fois ce qu’elle était, et ce qui la poussait à agir ainsi ? Serait-elle alors en danger face à lui ? Iwako tourna la tête afin de croiser le regard de Takeru, ce qu’elle parvint à faire aussitôt.


- « Si. D’ailleurs, pour être honnête, avant que tu n’arrives, j’étais absolument terrorisée… Je n’aime pas être seule dans la rue, je m’y sens toujours… en danger.»

Son regard perdit le contact avec celui de Takeru. Elle craignait qu’en ne répondant pas clairement à sa question elle ne refroidisse le jeune homme, mais tant pis, elle ne pouvait simplement pas lui dire qu’elle revenait d’un entretient avec un homme dangereux qu’elle engageait afin de démanteler un groupe de cyber terroristes. L’aurait-il seulement cru ?
Encore une fois, elle répondit vaguement afin de ne pas mentir.


- « Je travaillais ».

Sa réponse était bien plus que vague : elle pouvait laisser sous-entendre un millier de choses, mais elle s’en moquait. Elle voulait simplement éviter de trop mentir. Son mal-être se fit sentir chez son double. Elle n’en su rien.
Glissant une main dans les longues mèches de ses cheveux, la jeune femme poussa l’une d’elles derrière son oreille, signe chez elle qu’elle était mal à l’aise. Empêtrée dans une situation qui l’agaçait, la jeune femme tenta d’en finir avec le sujet la concernant et de changer la direction de leur conversation :

- « C’est un boulot assez pénible mais je pense qu’aujourd’hui était mon dernier jour en quelque sorte. J’ai besoin de me reposer et de me sortir tout ça de la tête. Au fait, tu habites prêt d’ici ? Je viens d’y penser mais si ça se trouve je te rallonge le chemin en voulant me promener… »


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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Dim 03 Juin 2012, 17:57

Iwako reconnut que ces rues sombres l'effrayaient et lui expliqua qu'elle se trouvait là parce qu'elle travaillait. Takeru trouvait cela curieux. Que faisait-elle comme métier pour travailler à une heure aussi tardive ? Il se rendait compte qu'il savait vraiment bien peu de choses à son sujet. D'un côté, elle non plus ne devait pas savoir grand chose sur lui. Il commença tout à coup à ressentir comme une sorte de mal-être. Mais ça ne venait pas de lui, c'était son double, encore. Il n'eut alors pas d'autre choix que de se sentir mal à l'aise lui aussi. Pourquoi fallait-il que cela arrive maintenant ? Il venait juste de retrouver Iwako et voilà que son abruti de jumeau se manifestait. Ce n'était vraiment pas le bon moment. Mais alors qu'il livrait une nouvelle bataille intérieure pour tenter de contrôler les sentiments d'un autre, la jeune femme reprit la parole. Elle resta assez vague quant au genre de travail qu'elle effectuait, enchaînant tout de suite sur un autre sujet. Takeru était loin d'être bête. Il se rendait bien compte qu'elle n'avait pas du tout envie d'aborder ce sujet, ce qui attisa par conséquence la curiosité du jeune homme. Mais tout le monde a des choses qu'il souhaite garder secrètes, et il était bien placé pour le savoir. Lui aussi en avait son lot. Et pas des plus petits. Par respect, il ne chercha pas à aller plus loin et dit alors...

« J'ai absolument aucune idée de ce que tu peux bien faire comme boulot, mais j'ai bien compris que tu voulais pas en parler. Alors j'irai pas plus loin. »

Puis il réfléchit à la deuxième partie de la phrase d'Iwako. C'était vrai que la direction qu'ils suivaient en ce moment-même était complètement à l'opposé de la direction de son appartement. Mais peu importe, il avait envie de passer du temps avec elle, quitte à devoir aller à l'autre bout de la ville. Il était déterminé à comprendre ce qu'il y avait de si particulier chez elle, à comprendre pourquoi elle l'obsédait autant, d'une bien étrange manière en plus. Il répondit juste...

« Ouais, mon appart est pas très loin mais c'est pas grave. De toute façon j'ai rien de prévu et demain j'ai pas besoin de me lever tôt. »

Ils marchèrent encore quelques minutes et finirent par arriver face à un petit parc. Le genre de petit endroit aménagé pour que les enfants viennent y jouer. Il y avait un peu de verdure, des bancs et des infrastructures ludiques pour les enfants.Cet endroit lui rappelait le parc de jeux qu'il y avait en bas de son immeuble et où il allait souvent s'amuser quand il était petit. Il fut un peu nostalgique. Ça faisait un petit moment que Takeru marchait maintenant. Il était rentré à pied depuis le quartier des Cœurs, et il fallait bien reconnaître que ça faisait une petite trotte pour rentrer jusque chez lui. Malgré sa bonne condition physique, avec quelques verres d'alcool dans le sang, l'effort était un peu plus difficile à supporter. Des douleurs commençaient à se faire sentir dans ses jambes. Il se dirigea vers l'un des bancs de ce petit parc et s'y laissa tomber, étendant les jambes devant lui, et ses bras sur toute la longueur de ce qui servait de dossier. Mais il s'était assis suffisamment sur le côté pour laisser une place de libre pour Iwako. Il lui dit d'un ton amusé...

« Désolé, mais moi j'ai besoin de me reposer un peu. Mes jambes ont assez marché pour aujourd'hui. »

Il balaya le parc du regard. Son regard s'arrêta sur une balançoire. C'était exactement la même qu'il y avait dans le parc de son enfance, il en était persuadé. De vieux souvenirs lui revinrent alors en mémoire. Il se rappelait son père qui le poussait en riant, lui qui ne cessait de crier « encore plus haut », et sa mère souriante qui arrivait avec des sandwichs à la main. C'étaient de bons souvenirs. Pourquoi sa vie avait-elle prit une telle tournure ? Il aurait donné n'importe quoi pour remonter le temps et passer plus de temps avec ses parents. Il ne put réprimer le sentiment de tristesse qui commençait à s'emparer de lui. Tout en essayant de chasser loin ce sentiment et ces souvenirs, il tourna son regard vers la jeune femme, qui le fixait elle aussi. Ils restèrent de longues secondes comme cela, sans que personne ne dit un mot. Seul le vent qui soufflait dans les feuilles des arbres se faisait légèrement entendre. Il finit par lui demander avec un air sérieux...

« Dis-moi, depuis le temps que t'es ici, ta famille qui est restée là-bas, elle te manque pas trop ? »

C'était une question un peu bête. Il s'en rendit compte après coup. Mais si elle acceptait d'y répondre il pourrait en savoir davantage sur elle. Après tout c'était là son objectif du soir : apprendre à la connaître.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Dim 03 Juin 2012, 22:20

Iwako fut heureuse de la compréhension de Takeru et du respect qu’il lui témoignait en acceptant de ne pas l’importuner davantage pour ce qui concernait son travail. Il poursuivit en lui disant que son appartement n’était pas très loin et que dans tous les cas il n’avait pas besoin de se lever le lendemain. Elle acquiesça d’un timide sourire et continua à marcher à ses côtés.

Après plusieurs minutes ainsi, les jambes de la jeune femme commencèrent à la faire souffrir énormément. Elle prit peur : atteinte d’une ostéogenèse imparfaite, ses os pouvaient se briser avec une extrême facilité, elle devait donc se montrer la plus prudente possible. Pourtant un détail retint son attention : elle ne marchait pas depuis si longtemps, et elle ne s’était encore jamais casser quelque chose en marchant ainsi au pas. Etait-il possible que sa maladie se soit aggravée sans qu’elle ne le remarque au point d’atteindre ses muscles cette fois ? Des sueurs froides vinrent dégringoler au creux de ses reins quant au même moment, Takeru les fit pénétrer à l’intérieur d’un parc pour enfant afin de s’étendre sur un banc non loin.
- « Désolé, mais moi j'ai besoin de me reposer un peu. Mes jambes ont assez marché pour aujourd'hui. »
Elle le dévisagea, presque tétanisée. Lui regardait avec une attention toute nouvelle l’endroit dans lequel il se trouvait. Son regard touchait le vague mais ses lèvres trahissaient un léger sourire. Le cœur et la gorge d’Iwako se serrèrent, ses mains tremblèrent. Toujours debout le dévisageant comme si elle se trouvait devant un fantôme elle l’entendit clairement lui demander si ses parents restés en dehors de l’île lui manquaient. Elle ne broncha pas et répondit d’une voix éteinte :


- «Dis, tu as toujours mal à tes jambes ? »

Sa dernière question était sortie d’une façon presque apeurée. Seigneur elle devait savoir car déjà un doute la prenait. Cela lui paraissait invraisemblable, même en dehors de toute réalité possible, mais à présent qu’elle s’interrogeait rien ne pouvait la détourner de son incertitude.
La regardant bizarrement il lui répondit brièvement que ça allait mieux, et aussitôt, la jeune femme qui elle avait toujours mal expira profondément comme sortant la tête de l’eau. Posant une main sur son front elle le massa légèrement, puis ne put retenir un rire nerveux qu’elle tenta de cacher en mettant cette même main sur ses lèvres tandis que l’autre avait à présent prit place sur sa hanche.


- « Je… Je suis désolée, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai presque cru que… » Elle secoua légèrement la tête[color=white]. «Je dois être fatiguée moi aussi. » [/color]Se détendant enfin, elle vint doucement s’asseoir auprès de Takeru et tenta de se reprendre afin que le jeune homme ne soit pas amené à penser qu’elle était tout simplement folle à lier.

- « Pardon, c’est juste que moi aussi j’ai un peu mal aux jambes à force de marcher, et du coup comme toi aussi… Mais ça peut pas être "ça", moi ça me fait toujours mal. » Elle sourit légèrement, avant de reprendre «Du coup je n’ai même pas répondu à ta question, c’était vraiment impoli. Oui mon père me manque… C’est étrange mais avant le soir où nous nous sommes rencontrés je n’avais jamais vraiment réalisé que je ne le reverrai plus. Quand tu as posé ta main sur mes cheveux ça m’a rappelé sa façon qu’il avait de me dire qu’il m’aimait et je me suis rendue compte que je ne lui avais même pas dit « au revoir » avant d’arriver ici. Depuis je… »

Sa gorge se serra. Elle savait retenir ses larmes en temps normal, mais aux côtés de Takeru c’était encore plus difficile pour une raison inexplicable. Elle se stoppa un temps pour reprendre ses esprits, puis poursuivit : « Baah, dans un sens, il vaut peut-être mieux que les choses soient ainsi, c’était peut être la meilleure façon de respecter sa volonté… Qui sait… »

Se levant du banc elle vint s’approcher des jeux d’enfants déjà trop grands pour elle. Caressant le plastique aux couleurs vives du bout des doigts elle se rappela à ce moment de l’enfance au cours duquel elle avait supplié son père de la laisser monter sur ses grandes structures pour s’amuser. Il le lui avait toujours refusé, bien trop inquiet qu’elle se fasse du mal. Elle continua en se rapprochant de la balançoire et avec la précaution d’une plume tombant au vent, elle vint s’assoir sur la petite planche de bois retenu à des chaines et émit un léger mouvement du bout de ses pieds. Un large sourire se dessina sur son visage.

- « C’est dingue, j’ai toujours imaginé ça comme quelque chose de violent et dangereux… Mais en fait c’est plutôt agréable. »

Se balançant un peu plus, semblant y prendre goût, elle se re-concentra sur le bel éphèbe qui lui faisait face l’air attendri.
- « Et toi ? Est-ce que tu as des proches qui te manquent beaucoup? »
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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Lun 04 Juin 2012, 19:40

Alors qu'il venait à peine de s'asseoir depuis quelques minutes, Iwako était restée debout comme figée. Takeru ne le remarqua que lorsqu'il tourna la tête vers elle pour lui poser une question. On aurait dit qu'elle était complètement ailleurs et qu'elle n'avait pas du tout entendu ce que Takeru venait de dire. Puis elle lui demanda s'il avait toujours mal aux jambes. Dans le contexte du moment, cette question tout à fait banale semblait bien étrange. Mais connaissant la jeune femme, il ne valait mieux pas essayer de comprendre le comment du pourquoi. Il se contenta d'apporter une réponse à sa question en lui disant qu'il se sentait mieux. Ce qui était le cas. Après avoir pu détendre ses jambes pendant quelques minutes, les picotements avaient disparu. Ses réactions étaient vraiment étranges mais Takeru laissa faire. Il commençait presque à y être habitué. Sûrement afin de justifier son attitude bizarre, elle expliqua qu'elle aussi se sentait fatiguée à force de marcher.

Puis elle répondit enfin à la question qu'il lui avait posé il y a déjà deux minutes de ça. Takeru fut surpris de constater qu'en réalité elle l'avait bel et bien entendu. Elle semblait partie tellement loin à cet instant... Iwako lui parla alors de son père. Elle avait l'air d'avoir beaucoup d'affection pour lui. Elle lui avoua même que le soir de leur rencontre, un geste tendre que le jeune homme avait eu envers elle lui avait rappelé l'amour que son père avait pour elle. Takeru fut gêné par cet aveu. Non pas qu'il en soit intimidé, mais il se demandait bien ce qu'il pouvait avoir en commun avec cet homme. Ce n'était vraiment pas flatteur pour lui d'être comparé à un père de famille. C'était son point de vue. Mais lorsqu'elle continua son histoire, Takeru eut une drôle d'impression. Il y avait comme une once de regret dans la voix de la jeune femme. Apparemment elle et son père n'étaient pas en si bons termes que cela. Il fut peiné de l'apprendre. C'était tellement dommage d'être brouillé avec les personnes que l'on aime. Lui, il donnerait n'importe quoi pour passer ne serait-ce qu'une minute de plus avec ses défunts parents. Il avait de la peine pour les personnes qui ne savaient pas profiter du bonheur de partager des moments avec les êtres chers tant qu'ils étaient encore là. Mais il ne pouvait pas non plus la juger. Après tout il ne connaissait rien de son histoire. Vu la gentillesse qu'Iwako semblait avoir en elle, il se dit qu'il devait y avoir une bonne raison s'ils ne s'étaient pas vus depuis longtemps, elle et son père. Il attendait qu'elle lui parle de sa mère, mais cela n'arriva pas.

Après avoir terminé sa dernière phrase elle partit vers les jeux d'enfants. C'était une chose de plus que Takeru trouvait bizarre chez elle. D'habitude les petites filles sont très proches de leur maman. Là aussi il devait y avoir une bonne raison pour expliquer ce silence. Mais Takeru ne la forcerait pas à lui livrer ses secrets. Avec le temps, elle les lui apprendrait peut-être. Il porta avec intérêt son regard sur Iwako. C'était comme si elle découvrait pour la première fois une balançoire de sa vie. Cette impression fut tout de suite confirmée par ce que lui dit la jeune femme. Quand arrêterait-elle de dire ou de faire des choses... tordues ou inexplicables ? se demandait-il dans son fort intérieur. Il soupira et se répondit à lui-même par un « sûrement jamais ». Il rigola un peu et commença à se diriger vers elle qui prenait plaisir à se balancer pour la première fois. Au même moment elle lui demanda s'il avait des proches qui lui manquaient aussi. Il avançait doucement vers elle tout en donnant des petits coups de pied dans certains gros cailloux qui traînaient. Arrivé à sa hauteur il se laissa tomber dans la balançoire juste à côté. Il ne savait pas vraiment s'il devait lui dire la vérité ou s'il devait s'inventer une histoire. Alors qu'il y pensait, il eut l'impression que s'il lui mentait elle le remarquerait aussitôt. Du coup, il décida de faire comme elle et de rester vague dans ses réponses. Après tout, il ne connaissait pas grand chose d'elle et malgré toute la sympathie qu'il pouvait ressentir envers elle, il valait mieux rester sur ses gardes. Juste au cas où.

« Oui... Mes parents. C'est peut-être difficile à croire comme ça mais j'étais un petit garçon très proche de mes parents, toujours à traîner dans les jupes de ma mère. Mais bon, vu que je suis ici, va falloir que je me fasse à l'idée que je suis pas prêt de pouvoir les saluer à nouveau. »

Il avait un peu de mal à cacher la nostalgie qui surgissait en lui. Afin d'éviter de nouvelles questions à ce sujet et de repartir dans une ambiance bon enfant, il lui dit en rigolant...

« Alors comme ça je te fais penser à ton paternel ? Je peux savoir comment je dois prendre ça ? Quitte à te faire penser à quelqu'un j'aurais préféré que tu me sortes une star super canon... Moi j'ai pas très envie de te servir de nouveau papounet hein. Le rôle de charmant séducteur me va bien mieux tu sais. Et puis au fait, c'est la première fois que tu fais de la balançoire ?»
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Lun 04 Juin 2012, 22:17

Fort heureusement pour la jeune femme, Takeru ne semblait pas s’être focalisé plus que cela sur son étrange attitude et ne lui fit, de ce fait, aucune remarque désobligeante sur son comportement.
Intérieurement, Iwako en fut des plus soulagée : elle aurait préféré mourir sur place plutôt que de dire à cet homme que l’espace d’un instant elle avait pensé qu’il puisse s’agir du double qu’elle recherchait depuis si longtemps.
Pourtant, à bien y réfléchir, ce n’était pas la première fois. En effet, lorsqu’elle l’avait effleuré du bout de ses ongles ce soir-là sur le port, elle avait comme ressentit ce frisson. Elle savait par les sensations qui la traversaient que son Soseiji était un homme, et un sacré soiffard pour ce qui était de ses fréquentations féminines. Il aurait pu l’être après tout.

Mais c’était impossible. Impossible qu’elle ait pu rencontrer une telle personne dans cette situation. Impossible de vivre une telle coïncidence. Impossible qu’elle puisse ressentir quelque chose d’aussi fort pour le jumeau qu’elle avait parfois tant maudit. Non, elle préférait ranger cette stupide idée dans un coin reculé de son esprit et se concentrer sur le seul bonheur que représentait sa présence à ses côtés. C’est alors que Takeru se releva avant de venir prendre place près d’elle sur la balançoire voisine.

Avec douceur il lui confia qu’il était un enfant très proche de sa mère auparavant, toujours fourrée dans ses jupes. Iwako sourit tendrement.


- «Ce n’est pas si difficile à croire, ça expliquerait peut- être même la raison pour laquelle tu ne peux pas t’empêcher de courir les files. » Elle ria légèrement. « Si ça se trouve il est peut-être pas si loin que tu le penses le gamin qui cherche à se cacher dans les jupes ».

Il poursuivit en lui disant qu’il devrait se faire à l’idée qu’il ne le reverrait pas de sitôt. La Dame en fut instantanément peinée. Oui, c’était là la plus triste punition des maudits de cette île. Ne plus jamais revoir les êtres chers. Parce qu’elle-même avait ressenti dernièrement la violence de cette douleur, elle sut avec exactitude quel genre de sentiments pouvait étreindre le cœur de son compagnon. Pour une raison inexplicable, elle aurait voulu le serrer très fort contre elle à cet instant, comme poussée par un besoin étourdissant de chaleur humaine. Elle se retint pourtant, et fut immédiatement suivie par Takeru qui revenant à l’histoire de son père se prit à la plaisanterie.

« Alors comme ça je te fais penser à ton paternel ? Je peux savoir comment je dois prendre ça ? Quitte à te faire penser à quelqu'un j'aurais préféré que tu me sortes une star super canon... Moi j'ai pas très envie de te servir de nouveau papounet hein. Le rôle de charmant séducteur me va bien mieux tu sais.


Cette fois, elle ria de bon cœur. Non, Takeru ne lui faisait absolument pas penser à son père.
- « Toi ? Tu rigoles j’espère. » Calmant son rire, elle reprit d’une voix bien plus calme et emplie de fierté. « Mon père est juge à la cour d'honneur. C'est un homme très droit, et très attentionné envers sa famille. Il n’a jamais connu qu’une seule femme et n’a aimé qu’elle jusqu’à la fin, à ce que je sais, il n’a même pas tenté de se remarier cet idiot. Je me rappelle que quand j’étais petite il pouvait passer des journées à me citer les lois et à m’expliquer combien la justice était importante en ce monde, il mettait vraiment tout son cœur à son travail… C’est vraiment quelqu’un de bien ».

Elle fit une courte pause puis redirigea son regard vers Takeru.
- « En fait, vous avez au moins ça en commun tous les deux. Mais pour le reste… » Plaçant son index le front de Takeru, elle continua plus malicieuse que jamais. « Tu ne lui ressembles pas du tout, monsieur le beau coureur de jupons ».

Elle rit une nouvelle fois. Elle prenait de plus en plus de plaisir à le taquiner et à le suivre dans leurs moments de légèreté. C’était agréable et vivifiant. Ôtant son doigt, elle vint replacer ses mains sur la balançoire tout en continuant son léger va et vient. Sans prendre garde à la façon dont Takeru pourrait l’interpréter, elle finit par dire d’un air innocent qu’en dépit de tout, elle ne voudrait pas d’un père comme lui et qu’effectivement…

- «Je préfère tes regards profonds à tes caresses paternelles. »

Soudain, elle stoppa net son balancement. Il l’avait questionné, curieux de savoir si c’était la première fois qu’elle faisait de la balançoire. Sa question la troubla. Comment expliquer autrement que par la vérité qu’une adulte de son âge ne soit encore jamais monté sur une balançoire ?
Baissant légèrement les yeux, elle se donna un bon coup de fouet intérieur. Non ! Cette fois-ci s’en était assez des allusions et des non-dits. Tant pis s’il venait à la briser un jour pour cela, ce soir, elle voulait tout dévoiler.


- «Oui… C’est la première fois. Désolé de ne pas te l’avoir dit plus tôt mais c’est quelque chose qui ne se dit pas aisément non plus…» Soufflant un bon coup, la jeune femme dévoila enfin son premier secret. - «Je suis atteinte d’une ostéogenèse imparfaite, aussi appelée maladie des os de verre. C’est une maladie congénitale qui fait que mes os peuvent se briser plus facilement que la normale. Mais j’ai beaucoup de chance, mon corps n’est même pas atteint au premier stade, je ne suis pas obligée de recouvrir tous mes meubles de papier bulle comme on voit dans les films, hein ! Seulement… Sur cette île où l’on peut facilement se faire des ennemis, ce n’est pas toujours évident à vivre. C’est pour ça que je sors peu de chez moi… C’est ma façon de me protéger. Et lorsque j’étais enfant, c’est aussi pour me protéger que mon père ne m’a jamais laissé monter sur les jeux. »

Soupirant d’aise à l’idée d’avoir quelque chose de moins à cacher, la jeune femme tendit son plus beau sourire à Takeru tout en rapprochant sa balançoire de la sienne.

- « Voilà Takeru, tu connais mon grand secret maintenant. Ça ne te donne pas envie de me protéger ? »

Elle avait posé la dernière question plus pour détendre l’atmosphère qu’autre chose. Après tout, à chaque fois qu’elle avait confié son handicap elle n’avait eu droit qu’a de la pitié et des « désolé" à n’en plus finir. Rien de plus agaçant ! Elle avait peut-être un corps très fragile, mais son mental était aussi dur que le diamant ! Iwako ne s’était jamais plaint de sa maladie, elle l’avait simplement endurée en bonne battante et espérait que Takeru le comprendrait assez bien pour ne pas la traiter comme une poupée de porcelaine à présent qu’il savait.






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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Mer 06 Juin 2012, 03:37

Il avait réussi à réinstaurer la bonne ambiance qu'il voulait puisqu'Iwako le charriait en lui disant que le gamin qui se cachait dans les jupes de sa mère était peut-être plus proche que ce qu'il pensait. Elle n'avait peut-être pas si tord que cela. Après tout, avant cet accident, malgré la distance qui séparait son université de sa ville natale, il était toujours resté très proche de ses parents. Quand la jeune femme lui apprit que son père était juge à la cour d'honneur, un frisson lui parcourut le dos. Il se demandait si ce n'était pas un petit peu trop risqué de fréquenter quelqu'un dont le père tenait une place si importante dans la justice. Peut-être même avait-il déjà dû traiter des meurtres du « Hero », ou autrement dit, ses meurtres. De toute façon ils ne pouvaient plus se contacter depuis qu'Iwako était arrivée sur l'île. En y réfléchissant, Takeru se dit que cet homme n'était pas une si grande menace pour lui. En tout cas, avec un tel métier, il avait sûrement pu apporter tout le confort possible à sa famille. On était sans aucun doute bien loin du petit appartement d'enfance de Takeru. Même si leurs milieux sociaux différaient, ici sur cette île, tout était remis à zéro. D'un autre côté, une fille comme Iwako ne se serait sûrement jamais retournée sur un étudiant aussi pauvre que lui dans la vie normale. Alors que là, elle lui confia même qu'elle aimait ses regards profonds plus que ses caresses paternelles. Il avait un regard profond ? Ce fut la première chose qui lui vint à l'esprit en entendant cela. Puis il se demanda comment il devait interpréter cette phrase... Apparemment, elle ne voulait pas qu'il se comporte comme un père avec elle, mais est-ce que « regards profonds » signifiait pour autant qu'elle attendait un comportement bien particulier de sa part ? Les réponses vagues commençaient à l'exaspérer. Mais d'un côté, même aussi ardemment qu'il le voudrait, Takeru ne pourrait pas livrer ses lourds secrets à la jeune femme, tout comme elle elle préférait lui cachait certaines choses. Tout le monde avait son petit jardin secret. Afin de rester dans cette ambiance taquine, il voulut renchérir avec une petite pique à la phrase d'Iwako mais elle ne lui en laissa pas le temps, enchaînant sur cette histoire de balançoire. Elle lui avoua que c'était bel et bien la première fois qu'elle en faisait. Afin de justifier ce fait étrange, elle lui confia ce qui était sûrement l'un de ses plus terribles secrets. Ainsi Iwako souffrait de la maladie des os de verre ? Takeru, ne s'attendant pas à une telle confidence, ne put qu'écouter attentivement toute la tirade de la jeune femme. Elle finit son histoire avec une petit touche d'humour mais lui, il n'avait pas très envie de rire. Le regard dans le vague, vers le sol, il essayait de réfléchir, mais le premier sentiment qui lui vint fut une soudaine colère. Il se leva d'un coup de la balançoire et se tenant droit devant la jeune femme restée assise il ne pouvait s'empêcher de lui lancer un regard sombre. Les sourcils froncés il se demandait comment expliquer ce qu'il ressentait mais les mots commencèrent à sortir sans qu'il ne puisse les contrôler.

« Tu... Tu... Tu m'apprends ça que maintenant ? Ca t'es pas venu à l'esprit que c'était peut-être l'une des premières choses que tu aurais dû me dire ? Je peux comprendre que ce soit pas quelque chose de facile à avouer, mais imagine... Imagine rien qu'une seconde, qu'à un moment donné pour je sais pas quelle raison je... J'aurais eu envie de te chahuter un peu brusquement, ou je sais pas moi... J'aurais pu te blesser sérieusement à plusieurs reprises ! T'es vraiment inconsciente ou quoi ? »

Il se retourna brusquement, puis donna un violent coup de pied dans le gravier, envoyant valser à plusieurs mètres des dizaines de petits cailloux. Il avança de quelques mètres puis s'arrêta. Il s'accroupit, ferma les yeux et tenait sa tête dans ses mains. Il s'en voulait de lui avoir parler aussi durement. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être en colère... Peut-être même plus en colère contre lui-même que contre elle. Oui c'était cela. C'était contre lui qu'il était en colère, pas contre elle. Comment avait-il pu ne rien remarquer ? Et si, rien qu'une fois, il avait été un peu trop brusque avec elle ou s'il avait serré son bras trop fermement dans son poing... Il aurait pu la blesser grièvement, réduisant ses os en miettes... Rien que cette idée, l'idée qu'il pourrait la blesser, être à l'origine de ses souffrances... Ça le rendait malade. Takeru ne comprenait pas pourquoi il avait une réaction aussi extrême tout à coup, mais c'était plus fort que lui. Il ne pourrait sans doute jamais s'imaginer le calvaire qu'avait pu être cette maladie pour elle jusqu'à aujourd'hui, lui gâchant sa jeunesse en l'empêchant d'être une enfant comme les autres. Elle avait sûrement bien souffert. Et elle n'avait sûrement pas besoin que Takeru lui fasse une scène là maintenant alors qu'elle avait eu le courage de se livrer à lui. Elle était assez grande pour pouvoir gérer sa maladie par elle-même. En plus, elle se retrouvait maintenant seule sur cette île, sans ses parents pour la soutenir dans cette épreuve. La dernière chose dont elle avait besoin, c'était qu'on la plaigne, pensa le jeune homme. A plusieurs reprises elle avait déjà montré son fort caractère. Oui, Iwako était une femme forte. Sans aucun doute bien plus forte qu'il ne pouvait l'imaginer. Après être resté plusieurs minutes dans cette position accroupie, de longues minutes durant lesquelles la jeune femme n'osa pas dire un mot, Takeru se releva enfin. Lui tournant toujours le dos, il se passa plusieurs fois la main dans les cheveux. Puis après être sûr d'avoir retrouvé la sérénité suffisante pour discuter il marcha lentement dans la direction d'Iwako. Il n'osait la regarder en face, trop honteux de la réaction excessive qu'il avait eu. Les mains dans les poches, le regard qui se baladait tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite, mais jamais vers elle, il commença à parler...

« Excuse-moi. Pardon pour ce que j'ai dit. C'est juste que... Je sais pas comment expliquer mais... Rien que de penser que t'aurais pu finir à l'hôpital à cause de moi, à cause de ma négligence... ou de ma saleté de caractère de coureur de jupons, comme tu le dis si bien toi-même, je... je.. Nan, je préfère même pas l'imaginer. Ce serait vraiment trop dur, trop... horrible. »

Il se tut quelques secondes. Il avait du mal à se reconnaître, parlant ainsi. Mais c'était cette femme. C'était de sa faute. Il y avait quelque chose en elle qui le fascinait et qui le rendait totalement différent de la personne qu'il était. Ou plutôt de la personne qu'il était devenu. A ses côtés, il retrouvait un peu de l'ancien Takeru. Le Takeru d'avant l'accident. Il ne savait pas si c'était une bonne chose ou non. La seule chose qu'il savait, c'était qu'un sentiment étrange et incontrôlable le poussait vers elle et qu'il ne pouvait pas lutter. Il avala sa salive puis porta enfin son regard vers celui de la jeune femme.

« Je sais pas trop... Pour être franc, en fait je sais pas trop quelle réaction je dois adopter maintenant. Je veux dire... Je crois que j'ai envie de te protéger, de tout faire pour que tu ne souffres plus à cause de cette affreuse maladie, mais en même temps, je suis pas vraiment sûr que ce soit ce dont toi tu aies envie. Je... je sais pas... »

Takeru ne put terminer sa phrase. Il s'éloigna de nouveau de la jeune femme. Après quelques pas il s'arrêta, se repassant une nouvelle fois la main dans les cheveux tandis que l'autre était posée sur sa hanche. Décidément, ce geste était devenu récurrent lorsqu'il était en proie au doute et à l'incertitude. A ce moment-là, n'ayant plus aucune confiance en lui, il préférait se cacher, ne lui montrant que son dos. Il était totalement perdu. Dans sa tête tout était si confus... Il ne savait plus comment lui parler ou ce qu'il devait lui dire... Il attendait juste désespérément qu'Iwako brise ce silence bien trop pesant.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Mer 06 Juin 2012, 15:12

Alors qu’Iwako s’était persuadé qu’en usant d’humour cela affecterait moins le jeune homme à ses côtés, sa réaction en fut tout autre. D’abord silencieux, il s’était par la suite relevé d’un bond, l’expression glaçante de colère. Il n’avait pas encore ouvert la bouche que la jeune fille se mordit l’intérieur de la joue, regrettant déjà d’avoir voulu se confier. Et la situation ne fit qu’empirer lorsqu’il déversa tout ce qu’il avait à lui reprocher.
Selon lui c’était certainement la première chose qu’elle aurait dû lui dire, et c’était tout à fait inconscient de sa part de l’avoir caché si longtemps. Il était de toute évidence dans une colère noire, et évidemment, ce ressentis fut aussitôt transmis à Iwako qui bouillait alors littéralement de l’intérieur.

« Non mais quel crétin ! » pensa-t-elle. Avait-il seulement songé au fait qu’en disant cela à n’importe qui elle s’exposait elle-même au danger ? Ce n’était jamais que leur deuxième rencontre, selon elle, il s’agissait déjà d’un miracle qu’il puisse en savoir autant.
Elle se claqua intérieurement. Elle était stupide. Depuis qu’elle l’avait rencontré, elle devenait complétement stupide, et comme il l’avait dit lui-même, inconsciente. Irresponsable. Elle se sentait si bien qu’elle en oubliait toute vigilance allant jusqu’à lui parler de sa famille, de son handicap. Autant de choses dont personne sur cette île à part lui ne savait rien. Iwako avait toujours été quelqu’un de secret : elle se protégeait ainsi, en couvrant la moindre information sur elle, allant jusqu’à refuser de donner son vrai nom en règle général. Elle se méfiait de tout le monde, ne parlait à personne. Jusqu’à ce qu’il arrive dans sa vie. Auprès de Takeru elle avait la sincère impression d’être en présence d’un allié, d’une personne qui ne lui ferait jamais de mal. Et pourtant, dans un sens, il n’avait pas tort : il été quand même en mesure de la blesser, même involontairement. Ce dernier justement venait de donner un violent coup de pied dans les graviers du parc, faisant virevolter les petits cailloux d’une part et d’autre du sol, avant de s’accroupir en proie à la réflexion.

Iwako ne disait rien. Elle lui en voulait d’avoir réagi ainsi. Pourtant très vite sa colère fit place à des remords. Elle le regardait, ne pouvant quitter son dos des yeux. Plusieurs fois il s’était passé la main dans les cheveux. Elle le comprenait alors… Elle comprenait ce qu’il ressentait. Il n’était pas vraiment en colère, il avait eu peur. Simplement eu peur de ses propres gestes envers elle. Elle sourit ; Finalement ceux auquel elle tenait le plus réagissait toujours ainsi. Ses parents, les quelques amis qu’elle s’était faite, son ancien petit ami. Les gens qui l’aimaient sincèrement passaient toujours par cette phase, mais avaient chacun leur réaction. En l’apprenant, son petit ami l’avait quitté, trop craintif à l’idée de devoir la briser. Ses parents, surtout durant l’enfance l’avait choyée au possible mais s’étaient souvent disputés entre eux sur leurs comportements respectifs. Quant à ses amis, ils s’étaient contentés de ne jamais la toucher. Oui, avec elle chacun avait sa façon de faire.
Et à cet instant, elle craignait celle qu’aurait Takeru. S’il lui annonçait qu’il préférait ne plus la voir, elle en serait brisée d’une toute autre façon.

Justement il revint, penaud. Les mains dans les poches, sans oser la regarder, il s’excusa pour son comportement impulsif. Il parlait avec hésitation, lui confiant qu’il ne voulait même pas imaginer ce qui se serrait passé s’il lui avait fait du mal. Il se tut à nouveau avant d’enfin oser la regarder et de lui dire qu’il voulait la protéger et faire en sorte d’effacer sa souffrance. Son cœur rata un battement.



C’était la première fois que quelqu’un disait vouloir la protéger.
C’était la première fois qu’une personne souhaitait effacer sa souffrance.


Il laissa de nouveau le silence prendre le dessus et s’éloigna lui tournant à nouveau le dos. Iwako jeta un œil à ses mains : elles tremblaient. Secouée par une émotion trop forte pour être contenu, elle ne parvint plus à refermer ses lèvres entrouvertes. Déglutissant non sans mal, elle sentit une larme rouler le long de sa joue. Une larme qu’elle n’avait pas sentie venir. Non mais vraiment… Que faisait-elle encore assise sur cette balançoire le regard dans le vague ? Qu’attendait-elle pour le rassurer ?!
Fermant les yeux elle inspira profondément, puis se leva sans un bruit. Elle voulait essayer quelque chose, elle voulait lui prouver qu’il avait tort de se ronger ainsi les sangs.
Elle ne prit même pas le temps d’y réfléchir vraiment, déjà, elle marchait à vive allure vers lui, et l’entoura brusquement de ses bras. Elle avait peur. Peur qu’il la quitte, peur qu’il soit tant effrayé par son mal qu’il préfèrerai ne plus la voir. Non, elle ne le laissera pas partir ainsi comme l’avait fait tant d’autres avant lui. Il était spécial, totalement ensorcelant. Ça n’avait rien à voir avec le physique, peu importe combien ce dernier lui était avantageux. C’était tout son être en lui-même qui la déroutait. Elle avait l’impression de le sentir, de le sentir mieux qu’elle ne se sentait elle-même. Elle comprenait avec une déroutante compréhension chacune de ses paroles, chacun de ses actes. Pour rien au monde elle ne renoncerait à lui.

De ce fait, ses doigts si frêles s’agrippèrent à la chemise de Takeru avec plus de force qu’elle ne pensait en avoir. Les yeux fermés par l’appréhension, elle brisa enfin le lourd silence qui s’était inséré entre eux.


- «Tu as tort d’avoir si peur ! Est-ce que j’ai l’air si effrayée moi ?! »

Elle avait presque crié ses mots et en ouvrit les yeux ronds de surprise. Qu’est-ce qu’il lui prenait ? Jurant d’un petit grognement non retenu, elle défit ses bras de son torse, et le prit par le bras pour qu’il se tourne et la regarde.

- « Un jour mon réveil a sonné si fort que j’ai sursauté et que je me suis brisé les deux jambes en tombant de mon lit. Lorsque j’ai eu quinze ans j’ai fait un caprice à ma mère pour qu’elle m’achète des chaussures à talons comme en avait les autres filles et je me suis cassée la cheville faute d’avoir l’habitude d’en porter. Je me suis brisée le genou en loupant une marche dans l’escalier, et le poignet en voulant rattraper un livre. Et mon père m’a brisé presque tous les os du corps en me poussant sur le sol un soir de colère, et regarde ! Regarde-moi Takeru, je suis en vie ! »
Elle s’interrompit afin de reprendre son souffle puis reprit plus calmement. « Ce ne sont que des os… Peu importe qu’ils se cassent ou non, ils finiront toujours par se réparer. Et puis… ça s’appelle la maladie des os de verre, pas de sable. Je suis bien moins fragile que ce cette maladie le laisse supposer: regarde-moi je peux marcher, sortir dehors… Je peux te serrer contre moi, te toucher... »

Baissant les yeux, elle se sentir rougir de honte en songeant à la façon dont elle venait de s'emporter. Il ne voulait que son bien au fond, mais elle, tout ce qu’elle souhaitait, c’est qu’il ne change pas. Elle replongea alors son regard dans celui de Takeru.

« Si tu as vraiment envie de me protéger tout ce que tu as à faire c’est rester toi-même. Les blessures on s’en fiche ça se guérit ! Ce qui ne cicatrise pas facilement par contre… » Se faisant, la jeune femme glissa sa main dans celle de son homonyme masculin tout en continuant de le regarder avant de croiser ses doigts dans siens «… C’est la douleur de voir ceux qu’on aime vous éviter pour ne pas vous faire de mal. S’il te plait Takeru… Agit avec moi de la façon dont tu le souhaites, je n’ai pas besoin d’une nounou, ni garde du corps, encore moins de quelqu’un d’absent… ».


Réalisant soudain à quel point elle s’était rapprochée de lui, Iwako se sentit chanceler de l’intérieur. Être si près de lui la troublait plus que de raison, à tel point qu’elle ne réfléchit pas avant de lui dire avec toute la sincérité qu’elle possédait :

- « C’est de toi dont j’ai besoin. Uniquement toi. »


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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Jeu 07 Juin 2012, 23:54

Tout à coup quelque chose vint rompre ce silence si pesant. Des bruits de pas. De rapides bruits de pas. Et avant que Takeru ne puisse se retourner, des bras l'agrippèrent dans son dos. Iwako lui reprocha alors d'avoir peur car elle, elle n'avait pas peur. Takeru sentait qu'elle tenait fermement sa chemise dans ses petits poings. Même si elle disait le contraire, ce geste traduisait bien de la peur. De quoi avait-elle peur alors ? se demandait-il. Peut-être avait-il mal transmis ce qu'il ressentait. Elle le serrait avec une telle force qu'on aurait dit qu'elle avait peur qu'il disparaisse. Pourtant, la fuite n'était pas dans ses projets. Certes, il ne savait pas encore vraiment quelle attitude adopter face à cette importante révélation mais il ne comptait pas l'abandonner là et disparaître comme il était venu. Il cherchait juste ce qui était la meilleure chose à faire. Il n'essaya pas de se libérer de son emprise. Iwako avait crié ces mots si fort qu'on sentait bien qu'elle était effrayée, non pas par sa maladie, mais par le possible adieu définitif de Takeru qu'elle s'était imaginé. Le jeune homme le ressentait, sans qu'il sache pourquoi, les sentiments de Iwako lui apparaissaient avec une telle évidence... Tout comme lors de leur première rencontre, il ne pouvait cesser de se demander quel était ce lien si étrange qui les unissait. Plus ils passaient de temps ensemble, et plus il sentait que ce lien existait bel et bien mais n'arrivait pas à l'identifier, à mettre des mots dessus.

Puis Iwako relâcha la pression. Elle attrapa doucement le bras de Takeru de façon à ce qu'il se retourne vers elle. Puis elle enchaîna sur une nouvelle tirade. Il l'écouta attentivement, sans l'interrompre. Elle lui fit une liste des accidents qu'elle avait vécu à cause de sa maladie. Cette liste n'était sûrement pas complète mais elle était suffisante pour qu'il comprenne qu'Iwako s'était toujours relevée jusqu'à maintenant, quoiqu'il arrive. C'était une battante. C'était un trait de caractère qu'il appréciait tout particulièrement chez les gens et il se surprit à être heureux de voir que cette qualité existait chez cette femme. Elle termina son long discours par des mots qui ramenèrent tout à coup le jeune homme sur Terre. « Je peux te serrer contre moi, te toucher. » Ces mots avaient résonné d'une étrange façon à ses oreilles. Il fut touché que, parmi les choses qu'elle était capable de faire, elle y inclût des choses qui étaient en rapport avec lui. Mais ce n'était pas des actions anodines. Serrer quelqu'un contre soi, le toucher... Ces verbes, Takeru les connaissait bien. Il les accomplissait presque tous les soirs, avec de jolies inconnues qu'il avait rencontrées dans un club. Mais dans la bouche d'Iwako ça ne représentait pas la même chose pour lui. Il s'imagina, rien qu'une seconde, prenant Iwako dans ses bras... L'émotion qui surgit en lui à cette simple idée fut totalement différente de ce qu'il ressentait lorsqu'il touchait ces autres femmes. Les mots étaient similaires, mais l'action en elle-même était différente. Il se secoua intérieurement afin de chasser ces viles imaginations hors de sa tête. Après tout, il se faisait peut-être toute une montagne pour rien. Iwako avait sûrement prononcé ces mots innocemment, sans avoir de pensées cachées. Quel pervers je fais, pensa-t-il.

Puis, sans s'en rendre compte, Iwako interrompit les imaginations mal placées du jeune homme, pour lui dire que la seule chose qu'elle attendait de lui c'était qu'il soit lui-même, sans se prendre la tête, sans s’inquiéter des possibles blessures qui pourraient arriver. Si c'était ce qu'elle voulait, alors il le ferait. Après tout, être soi-même n'était pas une chose bien difficile à accomplir. Il eut une envie soudaine et étrange de lui sourire afin de lui montrer qu'il était d'accord, mais Iwako ne lui en laissa pas le temps. Alors que la jeune femme venait d'entrelacer ses doigts dans les siens, Takeru faisait tout ce qu'il pouvait pour garder un visage impassible. Il continuait de soutenir son regard en affichant un visage neutre, sans laisser transparaître la moindre trace du trouble qui venait d'apparaître au fond de lui. Il ne cessait de se répéter que ce n'était rien, que se donner la main n'était qu'un simple geste enfantin, ni plus ni moins, qu'il n'y avait aucune raison d'être troublé par quelque chose d'aussi futile. Mais rien à faire. Ce simple contact charnel commençait à lui faire tourner légèrement la tête. Il était pourtant habitué à des gestes bien plus audacieux en ce qui concernait le contact charnel. Il n'arrivait pas à saisir comment une chose aussi banale que se tenir par la main put le sonner intérieurement à ce point.

Iwako finit par lui avouer que la seule personne dont elle avais besoin c'était lui. Lui et lui seul. A ces mots Takeru chancela légèrement. Il ouvrit de grands yeux ronds et détourna son regard. De sa main libre, il commença à secouer ses cheveux. Le moins que l'on puisse dire, c'était que ces mots avait eu sur lui un effet inattendu. Il essayait de remettre ses idées en ordre. Il n'arrivait pas à savoir si le titubement qu'il avait ressenti à l'instant avait juste était intérieur ou s'il l'avait vraiment fait. Plus il y réfléchissait, et plus il était persuadé que ça n'avait pas été que dans sa tête. Il avait réellement chancelé à l'entente de ces mots. Iwako l'avait-elle ressenti ? Peut-être qu'il se trompait, que cet instant de faiblesse n'avait été qu'imaginaire.. Il voulait s'en convaincre. Mais peu importe la force avec laquelle il souhaitait que ce ne fût que le fruit de son imagination, avec le recul, ce titubement lui apparaissait bien réel. Que faire ? Pourquoi ces mots avaient-ils autant d'importance à ses yeux tout à coup ? Il se sentait horriblement troublé... Peut-être parce qu'au fond, lui aussi avait envie de lui répondre qu'il n'avait besoin que d'elle et uniquement elle. Sans pouvoir se contenir, il secoua rapidement la tête de gauche à droite. Cette fois-ci il se rendit bien compte qu'il l'avait réellement fait. Que venait-il de penser ? Quand s'était-il autant attaché elle pour avoir une telle pensée ? Il désirait ardemment la chasser hors de sa tête mais c'était impossible. Il avait besoin d'elle, il ne voulait qu'elle. Mais tout ça, c'était tellement loin de la personne qu'il était d'habitude. Tout était tellement confus autour de lui. Ses sentiments, ce qu'il ressentait lui par rapport et elle... Et elle, qu'est-ce qu'elle ressentait pour lui exactement ? Tout arrivait si brusquement, il ne comprenait plus rien. Il eut même l'impression que tout tournait autour de lui. Non, il ne contrôlait plus rien. Il reporta alors son regard vers Iwako. Lorsque ses yeux croisèrent les siens, il eut l'impression que son cœur venait de manquer un battement. Et avant qu'il ne s'en rende compte, il se défit de la main d'Iwako qui le tenait et la prit dans ses bras. Il la tenait fermement contre son torse, mais pas trop fort non plus pour ne pas la blesser. Il posa délicatement son menton sur la tête de la jeune femme plus petite que lui. Et il resta dans cette position une longue minute, le temps d'essayer de retrouver ses esprits. Peu à peu il retrouva son calme. Mais ce ne fut pas pour autant qu'il comprit ce qui venait de lui arriver. Tout était si étrange. Malgré toute l'intelligence dont il était capable, rien de ce qui venait de se produire en lui n'avait de logique. Qui pouvait bien être cette femme pour lui causer d'aussi violents tourments ? Malgré toute cette incompréhension il sentait qu'il ne pouvait pas s'éloigner d'elle. Il se demandait si Iwako ressentait elle aussi des choses aussi fortes à son sujet. Pour l'instant, et pour le reste de la soirée, mieux valait essayer de retrouver une ambiance plus légère. Il aurait le temps de repenser à tout cela à tête reposée. Tenant toujours fermement la jeune femme sans ses bras, il lui dit doucement...

« Tu m'as demandé d'être moi-même. Eh bien là c'est ce que je fais. Et c'est ce que je ferai à chaque fois que tu seras là. Mais tu ne pourras pas m'en vouloir si parfois je suis vigilant... Je n'ai vraiment pas du tout envie de te blesser. »

Il finit en lui déposant un court baiser sur le front, un geste qu'il voulut faire apparaître comme fraternel. Puis relâchant son étreinte, il vint poser ses mains sur les petits épaules de la jeune femme et, lui adressant un sourire sincère, il lui dit d'un ton amusé...

« Papounet Nakamura n'est pas dans le coin, et si un jour je le croise, je lui dirai pas que tu en as fait. C'est promis. »

Il lui fit un clin d’œil puis retourna vers la balançoire. Il saisit les chaînettes dans ses mains et regardant Iwako qui n'avait toujours pas bouger, il lui proposa...

« Tu veux que je te pousse ? »

En lui demandant cela il arbora une moue de petit garçon. Il se dit que c'était le meilleur moyen pour détendre l'atmosphère. Si elle aussi avait ressenti les mêmes choses que lui, elle aurait sûrement envie d'y réfléchir plus tard quand elle serait seule. En tout cas, Takeru n'avait pas vraiment envie d'en parler tout de suite. C'était plus par soucis de ne pas savoir quoi dire plutôt que par désir de fuite. Pour le moment il voulait juste profiter du temps qu'il leur restait à passer ensemble cette nuit.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Mar 12 Juin 2012, 01:01

Elle n’avait pas calculé ses paroles. Ni leur teneur, ni leurs effets. Elle avait simplement parlé au nom de tout ce que son corps ressentait. C’était étrange, cette peur. Inexplicable, complètement déroutant, et dans un sens sacrément fou. C’est vrai, elle ne le connaissait que si peu. Elle ne savait rien de cet homme. Elle ne savait rien, ni de lui, ni de sa vie. Il pouvait bien venir de n’importe où : avoir plusieurs passés, ne pas en avoir, être quelqu’un de bien ou un hors la loi, elle se foutait bien.
Peu importe ce qu’il était, ce qu’il avait pu être, s’il avait souffert ou non, pour la première fois de sa vie Iwako ne voulait pas en tenir compte, ça n’avait pas d’importance. Elle ne se posait aucune question, ne voulait rien savoir d’autre que ce qu’elle apprenait petit à petit de lui.
Pourtant, Dieu seul savait que l’éducation reçue l’avait mise en garde. Elle ne s’était jamais précipitée, jamais approchée de gens dont elle ne savait rien. Iwako était le genre de femme à calculer ses propres rencontres. Mais il était différent. Ô combien différent !

C’était incompréhensible. Ce n’était pas elle. Ce n’était pas l’Iwako habituelle qui se tenait devant lui. Elle le ressentait au plus profond : elle était tout bonnement incapable d’agir avec lui comme elle agissait envers autrui. Ses propres réflexions la troublaient plus que de raison. Elle voulait partir, courir au loin pour ne pas avoir à affronter son regard, quand dans le même temps, sa chair toute entière éprouvait un désir brûlant de se souder à lui toujours davantage dans un besoin fusionnel atroce. Elle se consumait d’inaptitude face à lui, et elle s’en délectait.
Alors que le feu dans sa poitrine entamait tout juste sa descente vers un état plus calme, les mains chaudes de l’homme face à elle vinrent quitter ses paumes pour l’enlacer en une forte étreinte. Blottie au plus près de lui, elle répondit à ce soudain enlacement en l’entourant de ses propres bras. Elle le sentait tout entier. Son cœur battait si fort que son battement bourdonnait à ses oreilles. La tête de Takeru s’était posée contre sa propre tête. Il semblait en proie à l’abandon, comme se laissant tomber de fatigue. La longue minute observée par leur union se fit dans un silence total. Chacun songeait à la place qu’occupait l’autre, et dans le cas d’Iwako, elle ne cessait de mutiler sa propre bêtise sans pour autant chercher à s’en défaire.
C’était ahurissant de s’attacher à quelqu’un si vite, elle en serait blessée un jour lui glissait une petite voix au fond de sa tête. Mais elle chassait toute prudence désormais. Elle n’avait vécu que dans la réserve jusque lors. Avec lui, elle oubliait sa vie d’avant, elle oubliait les failles de son corps, ses difficultés à nouer des liens, son masque de froideur… Elle avait simplement envie de lui, de tout ce qu’il était, et de tout ce qu’il n’était pas. Et ce fut d’autant plus fort lorsqu’il lui avoua avec douceur que l’homme qui la serrait contre lui était la partie sincère de lui-même.
Il serait vigilant à l’avenir, il ne lui voulait aucun mal. Surtout pas ça. Elle se détendit en même temps qu’il finissait sa phrase, elle était certaine qu’il ne la blesserait jamais. Oui, elle en était tout à fait certaine.

Ce fut alors qu’elle sentit sur son front le contact tout particulier des lèvres de Takeru qui, quoique chaste, lui laissa une impression intense. Cela n’avait aucun sens, c’était juste comme « ça ». Elle n’était pas idiote au point de se faire des illusions, mais elle se promit de ne jamais oublier ce baiser. D’humeur soudain bien plus taquine, le brun quitta son corps pour venir poser ses deux mains sur ses épaules en lui assurant que si « papounet Nakamura » venait à le croiser il ne lui dirait rien au sujet de la balançoire, puis il continua en s’avançant de nouveau vers cette dernière, proposant de la pousser.

Mais déjà, Iwako ne bougeait plus. Il ne vit pas puisqu’elle lui tournait le dos alors, que ses yeux s’étaient arrondis de surprise et ses sourcils s’étaient légèrement froncés. « Papounet » ? Elle se sentie choquée, presque insultée de l’affront d’une telle familiarité. Iwako avait été éduquée de façon très stricte, et ne s’était jamais permis plus familier que « papa », et encore, elle n’avait usé de cette appellation que durant la petite enfance, se confortant par la suite à appeler « père » la figure paternelle tant chérie que respectée. Il était donc hors de question de laisser quiconque en parler ainsi. Pourtant, lorsqu’elle se retourna, tout prête à sermonner Takeru, sa moue enfantine lui fit totalement perdre ses moyens. Il l’attendait, une chaine de la balançoire dans une main, tout prêt à lui faire découvrir un jeu qu’elle n’avait jamais approché auparavant.
Sa colère se dissipa aussitôt, remplacé par un sourire en coin et un soupir laissant sous-entendre qu’une fois de plus il avait gagné. Sans même répondre à sa question, elle vint s’assoir sur la petite planche de plastique, posa une main sur chaque extrémité des chaînes et laissa à Takeru le soin de la transporter. D’abord très doux, elle lui intima d’y aller plus fort. Quoi que réticent, il finit par accéder à sa requête avant de s’écarter une fois qu’elle eut pris son rythme.

Iwako regardait le ciel étoilé, songeant à nouveau aux effets que provoquait cet étonnant jeune homme sur elle. Elle voulut se laisser croire qu’elle était si attirée simplement parce qu’il était certainement le plus bel homme qu’il lui ait été donné d’approcher, mais non. Ça n’avait rien à voir. Etait-il seulement quelqu’un avec qui elle s’entendait spécialement ? Non plus, elle s’était déjà fait des amis, et avaient déjà eu des petits amis avec qui elle s’entendait tout aussi bien. Quoi alors ? Son allure ? La part de mystère qui émanait de lui ? Et quoi d’autre encore ? Elle n’en savait rien se prenant la tête encore et encore, ne sachant plus comment mener ses propres pensées à bien.
Ses étreintes, ses provocations, ses attentions… Son baiser. C’était à n’y plus rien comprendre !
Lasse, elle finit par soupirer. A cet instant, ses yeux croisèrent le sol alors qu’elle était au plus haut. Elle sursauta de frayeur, et ce geste brusque la fit glisser quelque peu du siège au moment où celui-ci revenait vers le sol. Prise de panique elle stoppa net la balançoire dans un geste des plus rudes qui alerta Takeru. Restant immobile un court instant, son expression était neutre. Puis, d’un bond, elle se releva, chancela légèrement sous le coup de l’émotion, et fit quelque pas en direction du jeune homme devant lequel elle se planta, soudain bien assurée malgré le tremblement de ses jambes du au freinage qu’elle leur avait imposé.

C’était assez. Assez des plaisanteries pour détourner l’attention, assez des tendresses qui laissaient sous-entendre beaucoup pour ne dire que bien peu. Bien décidé à avoir des réponses, elle le regarda droit dans les yeux.


- « Qu’est-ce que tu ressens pour moi Takeru ? »

A peine eut-elle achevé sa question que son interlocuteur sembla passer par toutes les couleurs. Le moins qu’on pouvait dire c’est qu’elle était cash ! Elle n’y allait pas par des détours, mais franchement, les pieds dans le plat sans aucun artifice. Décontenancé, il ne lui répondit pas, se contentant de détourner la tête en se touchant les cheveux, avant de pousser un court « Qu’est-ce que tu racontes ? » plus pour lui-même. Iwako ne fut pas dupe, et continua en reposant la même question. Il lui demanda d’arrêter et s’éloigna.

Aussitôt, Iwako su qu’à moins de jouer sa meilleure carte, il se défilerait. Elle devait faire appel à son incroyable fierté masculine pour qu’il réponde.


- « Tu crois être doué pour charmer les filles, mais te sauver comme ça ferait fuir n’importe laquelle de ces filles faciles qui t’attirent tant ! T’es même pas foutu de répondre à quelque chose d’aussi simple ? T’es vraiment un homme ou pas ? »

Elle se mordit la lèvre, se sentant soudain énervée. Ce n’était pas sa propre émotion, mais comme elle avait une bonne raison d’en vouloir à Takeru, elle ne le remarqua pas et continua de plus belle.

- « Pff quand je pense que jusqu’à présent je te prenais pour un mec sûr de lui avec tes belles étreintes et ta manière de planter ton regard dans celui des autres… Mais la vérité c’est que dès qu’il s’agit d’affronter la réalité et tes propres émotions le lion majestueux se transforme en un pauvre chaton apeuré. C’est vraiment pathétique.»

Elle ne comprenait pas comment elle parvenait à être aussi désagréable soudainement. A mille lieux de l’Iwako habituelle se tenait une femme provocante arborant un sourire en coin, et un regard brillant de défi tandis que bras croisés, elle appuyait sa hanche découverte contre la barre métallique qui servait à glisser hors des jeux d’enfants.
Elle perdit son sourire lorsque Takeru se retourna vers elle, la regardant les sourcils froncés au possible mais ne bougea pas d’un cil. La démarche lancinante et la même expression provocante elle s’avança vers lui plus féline que jamais. Alors qu’il tenta de détourner son regard, elle lui passa une main sur la joue pour le forcer à la regarder, puis certaine qu’il ne briserait plus le contact visuelle, elle ôta sa main avant de prendre les devants.


- « Puisque tu ne veux pas parler je le ferai pour moi-même… Il y a quelque chose en toi Takeru. Quelque chose dont le sens m’échappe mais qui me contrôle entièrement. Tu me changes tellement… La vérité c’est que près de toi mon corps me brûle de toute part, mes pensées se perdent, et je suis emplie du seul désir de t’avoir toujours plus près de moi… Ce n’est pas une question de physique, ou de sexe, c’est bien plus fort que ça. Près de toi tout se trouble, j’ai le sentiment de ne plus rien contrôler mais je ne veux même pas reprendre ce foutu contrôle ! »

Elle fit une courte pause, puis reprit, cette fois plus douce.

- « Ce n’est que notre seconde rencontre et déjà j’ai si peur de ne plus jamais te revoir. J’ai besoin de toi, et je voudrai ne jamais te quitter. D’une certaine façon c’est comme si je te connaissais depuis toujours, comme si tu étais lié à moi… Tu peux bien faire ce que tu veux de mes paroles, les prendre au sérieux ou non, me jeter, te foutre de moi si ça peut te faire plaisir, franchement prend ton pied parce que je n’ai jamais été plus imprudente et impulsive qu’auprès de toi… Tout ce que je veux… C’est savoir si tu tiens un tant soit peu à moi… S’il est possible que tu puisses ressentir quelque chose d’aussi fort et incompréhensible que moi »

Elle était toujours saisie de cette expression provocante au possible, à la différence que cette fois, ses yeux trahissaient une légère appréhension. Discrètement, elle glissa un doigt sous son débardeur noir. Elle avait la chair de poule, et attendait

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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Mer 13 Juin 2012, 03:21

Après quelques secondes, Iwako vint s'asseoir sur la petite planche de la balançoire. Takeru commença alors à la pousser en faisant bien attention de ne pas y aller trop fort. Après tout c'était la première fois qu'elle en faisait et il ne voulait pas prendre le risque de lui faire peur ou de la blesser. Mais la jeune femme lui demanda tout à coup d'y aller plus fort. Peu convaincu au début, il finit par accéder à sa requête se disant qu'elle devait sûrement apprécier ce jeu. Au bout de quelques balancements il cessa même de la pousser et s'écarta. Elle avait l'air d'avoir trouver son rythme. Takeru s'était calé contre un arbre à côté de la balançoire et observait le visage de Iwako. Il se délectait de l'image qu'il pouvait voir en ce moment-même. Bien qu'il ne comprenait pas ce qu'il se passait chez lui à chaque fois qu'elle était là, il ne pouvait aller contre ce sentiment, contre ce désir de la vouloir pour lui et rien que pour lui. C'était égoïste. Mais il n'arrivait pas à chasser cette idée de sa tête. Elle était là, sortie de nulle part, tenace.

Tout en la regardant se balancer avec un air rêveur, Takeru essaya de mettre un peu d'ordre dans ce qu'il ressentait. A bien y réfléchir, jamais quelqu'un n'avait eu autant d'influence sur lui. Une influence étrange qui le faisait devenir une toute autre personne. Des femmes, il en avait connu des dizaines, mais aucune d'elles ne ressemblait à Iwako. Il y avait quelque chose de différent chez elle. C'était une très belle femme, mais pas non plus la plus belle qu'il lui avait été donné de voir. Elle n'avait pas son vice de la nuit et n'était pas une fille facile contrairement à ses autres conquêtes. Jusqu'à maintenant chaque femme qu'il avait approché avait fini dans son lit. Soit dans le but d'obtenir des informations nécessaires à son enquête, dans dans un but strictement charnel. Jamais il n'avait perdu son temps à discuter avec une personne du sexe opposé, sauf si son plan de vengeance l'avait exigé. Alors qu'avec Iwako, il prenait réellement plaisir à parler avec elle, à découvrir petit à petit des détails à son sujet, même les choses les plus insignifiantes. Il avait attendu avec appréhension et envie leur prochaine rencontre pendant des semaines, guettant le moindre coin de rue à chaque fois qu'il mettait le nez dehors dans l'espoir de la croiser.

Qu'est-ce que tout cela voulait dire ? Au fond de lui, Takeru pensait avoir compris mais il refusait de l'admettre. Des sentiments de ce genre n'avaient pas leur place dans sa vie. Il ne pouvait se permettre à aller vers des choses aussi futiles. S'il se laissait envahir par eux c'était un signe de faiblesse. Oui ce qu'il ressentait pourrait devenir un point faible. Cela mettrait alors en danger son plan et son identité. Il ne pouvait laisser quelqu'un prendre autant d'importance à ses yeux, il ne pouvait laisser quelqu'un entrer dans sa vie et prendre le risque que cette personne découvre qui il était vraiment. En plus de le mettre en danger lui, cela mettrait également cette autre personne en danger. Il ne pouvait pas prendre ce risque. Et pourtant... Et pourtant quelque chose au fond de lui lui intimait de le prendre. Quelque chose de fort, de puissant et d'incontrôlable. Il voulait être avec elle, il voulait la voir, l'écouter, lui parler, la toucher, la protéger... Même s'il ne cessait de se répéter que ce n'était pas raisonnable, ce sentiment égoïste ne disparaissait pas. Il était là, incrusté. Que devait-il faire ? Quelle réaction adoptée ? Et elle ? Et elle qu'est-ce qu'elle ressentait pour lui ? Après tout, il n'y avait peut-être que lui qui avait ces étranges sentiments. Peut-être que Iwako ne le voyait que comme un coureur de jupons avec qui elle pourrait devenir ami un jour, et rien de plus. Alors qu'il aurait désiré le contraire, il ne put faire autrement que détester cette idée. Non, elle ne pouvait pas vouloir d'un simple lien d'amitié. Il en était hors de question. Il ne l'accepterait pas. Ça ne lui suffirait pas. Aaaah.. Toutes ces pensées étaient tellement à l'opposé de la personne qu'il était. Il aurait dû se débarrasser d'elle dès le moment où elle lui avait adressé la parole, il aurait dû l'ignorer quand il l'avait aperçue au loin dans la rue plus tôt dans la soirée, il aurait dû... Il aurait dû faire plein de choses, mais là ce n'était plus la raison qui le contrôlait. C'était la passion. Une passion contre laquelle il était impossible de lutter. Même si cela lui en coûtait, il devait bien admettre la force et la nature des sentiments qu'il avait pour elle.

Perdu au plus profond de ses pensées, luttant intérieurement afin de faire le bon choix quant à ce qu'il ressentait, il fut soudain ramené à la réalité. Un bruit sourd s'était fait entendre. Il lança son regard qui s'était perdu au loin vers Iwako. Apparemment elle venait juste d'arrêter la balançoire d'un geste brusque. Takeru fronça machinalement les sourcils se demandant ce qu'il se passait. Et avant qu'il ne puisse avoir la moindre réaction, la jeune femme vint se planter devant lui le fixant droit dans les yeux, et d'un ton assuré elle lui demanda alors ce qu'il ressentait pour elle... Q-Q-Q-Quoi ? Pourquoi cette question ? Pourquoi maintenant ? Avait-elle le pouvoir de lire dans ses pensées ? Pourquoi cette question surgissait pile au moment où lui-même se la posait ? Et puis quelle réponse pouvait-il bien lui donner ? Même lui ne connaissait pas la réponse. En fait si, il aurait pu lui donner un début de réponse mais... Mais il n'avait pas envie d'en parler. Il n'était vraiment pas à l'aise avec ça. Il venait à peine de commencer à accepter ce qu'il ressentait et voilà qu'il devait le déclarer haut et fort ? Il était hors de question qu'il rabaisse sa fierté à ce point. Pour toute réponse il se contenta de détourner la tête et s'éloigna quelques mètres plus loin tout en se frottant les cheveux. Comment allait-il faire pour se sortir de ce pétrin ? Il était plutôt doué d'habitude pour se dépêtrer des problèmes, mais c'était la première fois qu'il était confronté à CE genre de problème. Que faire, que faire, que faire ? Iwako avait l'air déterminé, elle ne renoncerait pas facilement à cette question. Il lui demanda alors ce qu'elle racontait, faignant de ne pas comprendre où elle voulait en venir. Mais Iwako n'était pas dupe, et elle lui reposa la question avec encore plus d'insistance. Ne sachant pas quoi dire d'autre pour se sortir de là, il se contenta de lui demander d'arrêter avec ses âneries et il s'éloigna encore un peu plus loin. Mais au fond, était-ce vraiment bien utile de se décaler à chaque fois de quelques mètres, comme si Iwako n'était pas capable de les parcourir ? C'était totalement idiot.

Elle commença alors à lui crier dessus, en lui disant que sa lâcheté n'était pas digne d'un homme. Qu'avait-elle osé lui demander au fait là ? S'il était vraiment un homme ? Takeru sentit un sentiment de colère poindre au fond de lui. Comment pouvait-elle dire ça ? Si ça ne tenait qu'à lui, il lui montrerait qu'il était un homme. Mais il chassa vite ces pensées peu vertueuses de sa tête. Même en colère, il ne pourrait pas s'abaisser à lui faire ce genre de mal. Mais la jeune femme n'avait pas terminé son incandescente tirade. Elle reprit de plus belle et finit en concluant qu'il était pathétique. Que pouvait-il répliquer à cela ? Oui il était pathétique. Il le reconnaissait. C'était ces foutus sentiments qui le rendaient aussi pathétique. Il n'avait rien demandé à personne. Pourquoi fallait-il que cela lui arrive à lui. Pourquoi n'était-il pas capable de les jeter au loin sans plus jamais y repenser ? Oui, il était pathétique car peu importe ô combien les paroles qu'elle lui tenait étaient particulièrement désagréables, il était incapable de la détester. Il ne lui en voulait même pas car au fond de lui, il savait qu'elle avait raison sur toute la ligne. Ces sentiments futiles l'avaient rendu bien faible. Il était frustré. Grandement frustré. En colère aussi. Mais contre lui-même, pas contre elle... Il s'en voulait d'être tombé aussi bas pour pouvoir ressentir ce genre de choses, et il s'en voulait encore plus de ne pas être capable de les assumer. Sans qu'il ne s'en rende compte il fronça les sourcils. Il s'attendait à d'autres reproches de la part de celle qui occupait maintenant toutes ses pensées, mais il n'entendit que le silence. Surpris il se retourna alors. Il croisa de suite le regard de la jeune femme. Il peinait à la reconnaître tant son regard était pénétrant, son allure sensuelle et sa démarche décidée. Jamais il n'aurait imaginé que cette facette faisait partie d'elle. Mais il appréciait énormément ce qu'il voyait. Son charisme soudain le foudroya en un instant. Il la regardait s'avancer vers lui alors que des pensées bien peu catholiques commençaient à l'envahir. Contrairement à ce qu'elle avait pu laisser sous entendre, Iwako était tout à fait capable de séduire un homme. Ou bien elle ne se rendait même pas compte de l'effet que tous ces gestes, toutes ces expressions pouvait avoir sur l'homme qu'il était. Lorsqu'il se rendit compte des pensées obscènes qui traversaient son esprit, il eut honte de lui et détourna machinalement le regard. De quoi avait-il honte ? Ce n'était pas comme s'il était quelqu'un de chaste, mais tout était tellement différent avec elle... Cependant, il avait peine tourné la tête qu'une main chaleureuse vint contre sa joue pour le forcer gentiment à regarder droit devant lui. Lorsque son regard croisa le sien, il sentit qu'il ne pourrait pu y échapper. Alors qu'il allait commencer à parler, tout en ne sachant pas quoi dire, ce fut Iwako qui prit les devants. Il se contenta alors d'écouter attentivement ce qu'elle avait à lui dire. Lorsqu'elle eut terminé, Takeru resta stoïque. Tous ces sentiments soudains qu'il avait essayé de comprendre sans jamais réussir à trouver les mots pour les exprimer... Iwako venait de les lui donner. Ces mots c'était ce qu'il ressentait. Oui c'était cela. Iwako avait réussit à mettre des mots sur toutes ces choses incompréhensibles qui l'étreignaient au plus profond de son être. Il ressentait la même chose. Non. Ils ressentaient la même chose. Il avait été tellement surpris devant ces paroles qui correspondaient à ses propres sentiments qu'il en avait presque oublié que ce n'était pas lui qui venait de parler. C'était Iwako. C'était ce qu'elle ressentait pour lui, et c'était ce que lui ressentait pour elle. Comment pouvaient-ils se correspondre à ce point ? C'était effrayant, totalement déroutant et tellement excitant. Il sentait que la jeune femme en face de lui attendait une réponse, mais il était incapable de sortir d'aussi belles paroles. Après tout qu'avait-il à rajouter à cela ? Elle avait déjà tout dit. Cette proximité physique qu'il y avait soudain entre eux commença à lui faire tourner la tête. Il voulait lui dire à quel point il ressentait exactement la même chose, peu importe les risques qu'il prenait, peu importe toute la force qu'il mettrait à combattre ces sentiments, c'était une lutte qu'il ne pourrait jamais gagner. Sa raison avait perdu face à cette passion dévorante. Il voulait lui dire lui aussi, il voulait lui crier haut et fort ce qu'il ressentait mais c'était une chose que sa fierté refusait de faire. Malgré tout il désirait ardemment lui faire comprendre qu'il partageait sans condition le moindre mot qu'elle venait de prononcer. Alors, sans même s'en rendre compte, il saisit la jeune femme devant lui par la hanche et l'attira vers lui. Il vint poser ses lèvres contre les siennes et lui donna le baiser le plus passionné et le plus sincère qu'il n'avait jamais donné. Leur souffle s'entremêlèrent. Il ne savait pas si Iwako approuverait un tel geste mais comme elle ne le repoussait pas, il continua pendant encore de longues secondes, jusqu'à ce qu'il arrive enfin à reprendre un peu le contrôle de son corps. Il mit fin au baiser mais ne déserra pas son étreinte. Leur visage à peine séparés par quelques infimes centimètres, les joues rouges d'Iwako... Il commençait à se rendre compte de ce qu'il venait de faire. Mais il ne regrettait pas. Iwako, elle, ne le regardait pas. Peut-être était-elle en colère. Après tout, il y avait de quoi... S'il se prenait une gifle, il ne lui en voudrait pas tellement elle serait justifiée. Ne sachant pas vraiment quoi faire, il se contenta de dire avec une voix douce, presque un murmure, guettant avec appréhension le moment où elle le regarderait dans les yeux...

« Est-ce que ça répond à ta question ? »
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Mer 13 Juin 2012, 22:04


Toute résistance était devenue vaine. Leurs corps à présent plus proches que jamais, elle le sentait. Elle sentait l’envie devenir plus forte que tout, l’envie prendre le dessus sur la raison.
Il le voulait autant qu’elle. Elle le sentait, tout simplement. Il n’y avait pas vraiment de surprise dans ce qui allait suivre, ça lui semblait soudain le fait le plus naturel du monde, l’évidence même.
C’est ainsi qu’aussi envoûté qu’elle l’était, Takeru vint poser sa main sur sa hanche, l’attirant jusqu’à la dernière frontière qui les séparerait. Puis, dans un même mouvement, leurs lèvres furent scellées.

Son baiser n’avait plus la douceur des premiers contacts, ni la retenue qu’ils avaient jusque lors gardé. C’était puissant, passionnel, magique. Comme l’aboutissement d’une volonté trop longtemps renfermée. Sa bouche contre la sienne l’électrisait, la perdait complètement. Incapable de penser à autre chose, Iwako se laissa aller à cette superbe étreinte pendant un long moment, jusqu’à ce que Takeru lui-même les sépare.
Elle avait chaud, ses joues s’enflammaient alors qu’elle réalisait doucement ce qu’il venait de se produire. Si leurs lèvres s’étaient quittées, leurs corps, eux, étaient toujours fermement maintenus l’un à l’autre. Leurs visages se touchaient encore lorsque dans un souffle elle distingua la voix chaude de Takeru lui murmurer «Est-ce que ça répond à ta question ? ».

Ses paupières encore closes se relevèrent doucement alors qu’elle levait le visage vers lui.
Leurs yeux se croisèrent, et le manque qui l’agaçait depuis leur première rencontre devint brûlure. Une brûlure vive et intense. Elle se sentait comme ces enfants à qui on promet un cadeau mais qui jamais ne l’obtienne. Frustrée dans sa propre satisfaction. Elle serra ses jambes. Elle en voulait encore, et elle en voulait beaucoup plus.
Ses mains vinrent glisser sur les hanches de son amant, entre le tissu du pantalon et celui de la chemise afin d’en faire sortir cette dernière. Ayant libérée « sa » voie, elle glissa ses mains sous la chemise de Takeru pour venir s’agripper à lui tout en sentant sa peau chaude. Leurs yeux ne s’étaient pas quittés. Elle respirait difficilement, mais déjà elle se servit du corps de Takeru comme appui afin de retrouver ses lèvres qu’elle effleura des siennes avant de lui glisser :


- « Si c’est cela ta réponse, je vais avoir beaucoup de questions à te poser »

Elle n’attendait pas de réponse en vérité, elle ne voulait plus que le contact. Sans même lui laisser le temps de faire le moindre geste, la timide Iwako plaqua ses lèvres sur les siennes avec une avidité féroce. Il lui emboita le pas, et quand leurs lèvres eurent fini de danser, se furent leurs corps qui se mirent en mouvement, se serrant toujours plus, ondulant au rythme de leurs désirs. C’était ainsi, et bien trop fort. Ce n’était pas qu’une simple conséquence de l’âge : c’était un sentiment passionné et destructeur qu’elle ne savait avouer que par l’acte même. Sa main quitta ses hanches pour venir se glisser dans sa chevelure, jouant de quelques mèches avant de rencontrer sa joue, sa nuque, la bordure de son torse… Elle semblait ne plus pouvoir se défaire de lui.

Car oui, si elle avait déjà connu plus d’une fois l’expérience d’un baiser, cette fois, comme pour chaque chose le concernant, c’était différent. C’était plus fort. C’était comme s’ils n’étaient plus qu’un tant les sensations lui semblait décuplées. Enfin, elle interrompit à son tour leur union.
Ses yeux s’arrondirent : elle réalisait enfin. Elle réalisait vraiment. Se détachant aussitôt de Takeru, la jeune femme lui tourna le dos les deux mains jointes pour cacher son visage.
C’était hallucinant. Tout bonnement hallucinant, comment avait-elle pu faire une chose pareille, elle ?!
Sans plus oser regarder l’homme à ses côté, elle se tint la tête et s’excusa à plusieurs reprises.


- « Pardon ! Pardon je sais pas ce qui m’a pris ! Je sais pas ce que j’ai, ni pourquoi je fais ça ! Je ne comprends pas vraiment, c’est comme si… »

Il la ramena à lui posant pour la troisième fois ses lèvres sur les siennes. Il ne dit rien, mais son regard emplit de désir et de compréhension fit envoler toutes les craintes de la femme de verre.
Il était d’une douceur et d’une précaution infinie lui qui ne s’embêtait pas à ce genre de traitement lorsqu’il s’agissait des femmes de la nuit. Hésitante, Iwako prit peur. Elle ne voulait pas qu’il la considère ainsi. Elle ne voulait pas être « la femme d’un soir ». Elle ne le serait jamais pour personne, et surtout pas pour lui. D’une voix peu assurée, elle demanda alors :


- « Takeru… Tout ça c’est… Ce n’est pas un jeu pour toi, n’est-ce pas ? »

Elle appréhendait. Non qu’elle ne lui fasse confiance, mais il ne s’était pas caché de son goût pour les femmes une seule seconde. Cela la répugnait, elle ne voulait même pas s’imaginer la chose. Ce n’était pas par vertu, mais simplement parce que la vue d’un autre corps que le siens auprès de lui la rendait jalouse au possible. Elle n’était ni assez folle ni assez assurée pour en venir au point de lui demander d’arrêter. A l’heure actuelle elle ne savait même pas encore si leurs baisers avaient un sens plus profond qu’un très fort désir, elle ne pensait même pas qu’il puisse y avoir plus. Ce serait ridicule. Et après quoi ? Ils emménageraient ensemble, liraient tranquillement le journal du matin main dans la main, feraient des enfants ? Quelle blague, elle ne voulait absolument rien de tout cela.

La vérité était qu’en ce moment même, elle n’avait aucune idée d’où tout cela les mènerait. Elle ne s’était jamais donné la peine de penser à un truc pareil. Sa seule certitude c’était qu’elle le voulait pour elle seule, qu’elle se sentait prête du pire comme du meilleur pour le protéger et le garder à ses côtés. Ce sentiment violent et possessif était empli d’une certaine cruauté qui la répugnait mais qu’elle ne pouvait ignorer. Doucement, avec une lenteur sadique, la présence de Takeru la consumait entièrement.


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MessageSujet: Re: L'appel des "Jumeaux" [PV Takeru & Iwako]   Ven 15 Juin 2012, 05:41

Takeru attendait avec appréhension la réaction de Iwako. Même si elle ne l'avait pas repoussé, est-ce que cela signifiait-il vraiment qu'elle avait été consentante ? Peut-être était-elle tout simplement restée figée par la surprise ou peut-être n'avait-elle pas osé le repousser... Les secondes qui s'écoulaient parurent des heures. Et enfin Iwako releva les yeux vers les siens. Pour toute réponse elle se contenta de faire sortir la chemise de Takeru hors de son pantalon afin de pouvoir glisser ses mains sous le tissu et atteindre son torse. Avant qu'il ne puisse dire quoique ce soit, le jeune femme vint s'emparer doucement de ses lèvres avant de lui dire qu'elle aurait beaucoup de questions à lui poser s'il lui offrait ce genre de réponse. Sous le choc il ne sut pas quoi rétorquer. La Iwako petite fille avait laissé place à une femme farouche et sensuelle au possible. Takeru sentit une irrésistible chaleur monter dans son bas ventre tandis que l'entreprenante Iwako continuait de caresser son torse brûlant de désir. Puis elle reprit de plus belle et s'emparant une nouvelle fois de ses lèvres, mais de façon plus sauvage, plus torride. Takeru commençait à perdre pied, se laissant entraîner par la soudaine assurance de sa partenaire. Il répondit à son baiser avec encore plus de passion, l'attirant encore plus fort contre lui. Tandis qu'il prenait plaisir à toucher la peau chaude du bas du dos de Iwako, de son côté elle faisait balader ses mains sur l'ensemble du corps du jeune homme. Takeru ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il n'en était pas à son premier baiser, et il avait expérimenté des activités bien plus charnelles depuis, mais là tout était différent. Tout était plus fort. Incontrôlable. C'était comme si son plaisir était décuplé. Comment une frêle jeune femme telle que Iwako pouvait créer en lui une telle excitation ? Une telle passion ?

Alors qu'il s'abandonnait totalement à ses caresses irrésistibles, Iwako s'arrêta d'un seul coup. Puis elle lui tourna vivement le dos. Dans un premier temps Takeru n'osa pas bouger. « Nan mais elle est sérieuse là ? » pensa-t-il. Peut-être n'avait-elle pas l'habitude des plaisirs charnels, mais elle devait au moins se douter à quel point c'était frustrant pour un homme de s'arrêter aussi brusquement en pleine action... Alors qu'il se demandait ce qui avait bien pu passer par la tête de la jeune femme, elle commença à lui présenter de multiples excuses. Pourquoi s'excusait-elle ? Elle n'avait strictement aucune raison de demander pardon, après tout Takeru avait plus qu'apprécier ce qui venait de se passer. Il réfléchit quelques instants... Il se rappela alors de quel milieu venait Iwako. Les jeunes filles de bonne famille ne devaient sûrement pas souvent laisser leurs pulsions prendre le dessus sur la raison. C'était sans doute son éducation irréprochable qui la poussait à s'excuser pensant avoir commis une erreur. Si ça pouvait lui faire plaisir il lui donnerait son pardon. Il lui donnerait autant de fois qu'elle le voudrait s'il fallait recommencer pareille expérience. Et Takeru espérait bien que cela se reproduirait, surtout après une fin aussi brutale. Afin de la rassurer, il la ramena vers lui et lui déposa un simple baiser sur les lèvres. Il lui adressa le regard le plus compréhensif possible. Puis d'une voix peu assurée elle finit par lui demander si tout ceci n'était qu'un simple jeu à ses yeux. Takeru pouvait comprendre ses inquiétudes. Il faut dire qu'il n'avait rien fait pour lui cacher ses vices nocturnes et ses innombrables conquêtes. Il voulait la rassurer, il voulait lui faire comprendre à quel point tout ceci était tout sauf un jeu, lui montrer à quel point sa sincérité était profonde. Il voulait qu'elle comprenne qu'elle n'était pas une conquête d'un soir mais bien une personne tout à fait spéciale à ses yeux. Il lui caressa la joue du revers de ses doigts et lui parla d'une voix douce...

« Si c'était un jeu, tu crois que je serais là, dans un parc au beau milieu de la nuit, avec toi ? Ce n'est pas un jeu Iwako. Je ne sais pas ce que c'est. Pour être franc, je n'avais encore jamais rien ressenti d'aussi fort pour quelqu'un. Quand tu es là, je n'arrive plus à être moi-même, à agir comme j'ai envie d'agir... Même si c'est assez difficile à avouer pour moi, tu me fais complètement perdre mes moyens Iwako. Alors non, c'est vraiment tout sauf un jeu. Tu peux me croire, je suis sincère. »

Il termina sa phrase par un léger baiser. Iwako acquiesça ce qu'il venait de lui dire par un sourire et il comprit alors à quel point elle aussi était sincère. Cette fois ils ne feraient pas la même erreur que la dernière fois. Ils ne prendraient plus le risque de se perdre de vue sans savoir comment se retrouver. Ils s'échangèrent leur numéro de téléphone et leur mail. Après avoir partagé un bon moment de la nuit ensemble, ils se décidèrent à rentrer chez eux. La séparation était difficile, aucun des deux n'avait envie de laisser l'autre. Ils se quittèrent finalement avec la promesse de se revoir dans trois jours. Le rendez-vous était pris et ils l'attendaient tous les deux avec une incroyable impatience.
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