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 Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]

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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Lun 18 Juin 2012, 00:03

Iwako n’aurait jamais pensé vivre quelque chose de semblable, quelque chose d’aussi fort une fois que sa vie s’était résumé à cette île où on l’avait élevé au rang de Dames.
Et pourtant, en croisant la route de Takeru Fujiwara un soir près de la mer, elle n’avait pas simplement fait la plus belle rencontre de son existence, elle avait aussi trouvé son double. Son jumeau. Son soseiji. Et s’ils avaient traversé quelques temps auparavant leur première tempête, depuis, c’était en plein soleil qu’ils vivaient leur amour, sans plus se cacher, sans plus craindre les menaces du Joker. Emplie de tendresse et d’insolence, ils avaient choisis de le défier silencieusement malgré la punition qu’avait déjà goûtée Iwako. Elle n’avait d’ailleurs plus eu de ses nouvelles depuis. Pleine de confiance, elle s’imaginait parfois qu’il s’était résolu à les laisser en paix.

Cela faisait maintenant un mois. Un mois entier qu’ils se voyaient presque chaque jour, et se donnaient l’un à l’autre à n’en plus finir. Lorsque leurs corps se mêlaient l’un à l’autre, ils se sentaient accomplis, plus rien d’autre ne comptait que ce sentiment d’allégresse. Iwako ne s’enfermait plus entre les murs de son appartement, Takeru avait définitivement dit « Adieu » aux créatures de la nuit. Oui. A première vue, tout semblait absolument parfait. Rien n’aurait semble-t-il entaché le merveilleux tableau qu’ils construisaient à deux.
Mais pourtant, pour la jeune femme persistait encore une ombre : en effet, s’il avait été convenu que son appartement se trouvant au centre de l’île était trop dangereux pour s’y retrouver, Takeru qui disposait pourtant d’un appartement ne semblait toujours pas d’avis à l’y convier.

Elle avait bien essayé plusieurs fois de s’y inviter, prétextant que les love hôtels finissait par couter cher, où qu’ils étaient trop loin, qu’elle n’en pouvait plus d’attendre. Elle alla même jusqu’à feindre quelques maux mais rien n’y faisait. Le jeune homme ne voulait pas lui ouvrir sa porte, et cela exaspérait son amante. Elle avait fini par tout lui dire d’elle : il savait tout de sa vie d’avant et de sa vie d’après : Les aléas de son handicap, ses premiers amours, pourquoi elle n’avait plus contact avec son père, comment à son arrivée le Joker avait d’elle une Dame. Tout, au fur et à mesure, elle lui avait découvert tout son être. Mais lui… Il détournait sans arrêt les questions, répondait vaguement pour la contenter, mais ne s’était jamais vraiment confié.
Ce seul détail d’abord infime commençait à la peser. Elle en avait vraiment assez. Elle était quelqu’un de confiance, et ils s’aimaient non ? Pourquoi tant de mystères ?
Moins il en disait et plus elle voulait savoir. Son instinct lui assurait qu’il cachait quelque chose d’important, et bientôt, la simple curiosité finit par se transformer en paranoïa puis en colère. Elle d’imagina des millions de choses toutes plus folles les unes que les autres : Peut-être était-il marié et ne voulait pas qu’elle découvre sa femme ? Peut-être préparait-il quelque chose contre l’île comme le faisait le réseau qu’elle avait démantelé plusieurs mois auparavant ? Non, elle devenait folle à inventer des scénarios sans queue ni tête et totalement dénué de sens ! Mais pourquoi, ô grand pourquoi, ne pouvait-elle donc pas se rendre chez lui ? S’il n’avait rien à cacher où était le mal ?

Cela la tortura tant et tant qu’un beau jour, elle craqua. Utilisant sa position de Dame du district des carreaux afin d’avoir accès au dossier de Takeru, elle alla chercher elle-même l’adresse qu’il refusait de lui donner. Culpabilisant dans un premier temps, elle chassa bien vite ses remords en se disant que de toute façon Takeru avait bien usé du même stratagème. Elle en était scotchée d’ailleurs. Il devait maitriser les technologies informatiques au moins aussi bien qu’elle pour l’avoir trouvée malgré les nombreux pièges virtuels posés autours des dossiers la concernant. Elle s’était même demandé si ce n’était pas cela qu’il tentait de cacher, mais avait vite changé d’idée. Si-là était bien son secret alors le simple fait de l’avoir retrouvée le trahissait, ç’aurait été idiot.
Ne se tourmentant pas plus longtemps l’esprit et après avoir griffonné le lieu en question sur un morceau de papier elle s’y rendit sans plus tarder.

Elle ne devait pas voir Takeru avant le soir, mais tant pis, elle n’en pouvait déjà plus d’attendre.
Il était cinq heure de l’après-midi lorsqu’enfin elle arriva devant la porte d’un pavillon semblable à tous ceux de la rue. Cela la rassura. Au moins il vivait confortablement. Au point où elle en était, elle en était même venue à se demander s’il ne vivait pas à l’hôtel ou pire dans la rue. Le cœur battant, elle fixa le petit bouton de la sonnette sous lequel étaient annotés les caractères composant le nom de famille de son amant, avant de prendre une grande inspiration et de le pousser.
Elle entendit alors les pas de quelqu’un à l’intérieur alors que le son de la sonnette s’effilait avant de disparaitre. Elle se mordit la lèvre, espérant qu’il ne se fâcherait pas contre elle au moment même où la porte s’ouvrait sur elle.


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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Mar 19 Juin 2012, 01:08

Un mois s'était écoulé depuis ce fameux soir d'orage. Le soir où lui et Iwako s'étaient unis pour la toute première fois. Jamais il n'aurait imaginé qu'une simple rencontre aurait pu bouleverser sa vie à ce point. Même s'il avait toujours son plan de vengeance en tête, il avait préféré le remettre à plus tard. Après tout, étant coincé sur cette île, il n'avait pas encore trouvé un réel moyen de pouvoir agir à l'extérieur. Et puis de toutes façons, la moindre de ses pensées était occupée par une demoiselle bien précise. Depuis un mois il n'arrivait plus à se concentrer correctement, même dans son travail. Dès qu'il relâchait un peu son attention, voilà qu'elle surgissait devant ses yeux. Que ce soit son visage souriant, un moment de douces chamailleries, ou une de leurs nuits torrides, son cerveau ne faisait que penser à elle. Il avait complètement laisser tomber ses vices de la nuit, passant la quasi totalité de son temps libre avec son amante. La plupart du temps ils se promenaient, souvent au bord de la plage. Ils se faisaient aussi des sessions shopping, les deux aimant prendre soin de leur apparence extérieure. Presque tous leurs rendez-vous se terminaient dans un love hôtel. Takeru devait bien reconnaître aussi que de ce côté-là, il n'avait jamais rien goûté d'aussi jouissif. Chacun de leurs ébats lui procuraient un plaisir incommensurable. Il ne comprenait pas comment un simple contact charnel pouvait lui apporter autant de sensations plus délectables les unes que les autres. Mais peu importe le comment du pourquoi, cela lui plaisait au plus haut point. Cependant il avait toujours trouvé une excuse pour que la jeune femme ne mette jamais les pieds chez lui. Ce n'était pas qu'il n'avait pas confiance en elle, mais il avait peur qu'un détail anodin, à ses yeux, puisse révéler à la jeune femme quelques brides de son passé. Jusqu'à maintenant il ne lui avait toujours pas parlé du procès injuste de son père, ni du suicide de sa mère qui s'ensuivit, ni des meurtres qu'il avait commis. Il n'avait aucunement honte de son passé, c'était plus par crainte. Oui, il avait peur qu'en apprenant les détails sordides de sa vie, Iwako n'en soit dégoûtée et qu'elle l'abandonne à lui même. Après maintenant un mois où ils se voyaient presque tous les jours il avait bien du mal à s'imaginer un lendemain sans elle. Il ne voulait même pas imaginer quelle douleur il ressentirait si elle venait à le laisser. Il avait besoin d'elle. Ses mensonges étaient égoïstes, certes, mais il avait l'impression que cela protégeait leur couple. Alors, tant qu'il le pourrait, il garderait son passé secret.

Ce jour-là il devait retrouver Iwako le soir pour aller dîner dans un restaurant qui venaient d'ouvrir ses portes mais dont on disait déjà le plus grand bien. N'étant qu'en milieu d'après-midi il décida de faire un peu de sport. L'une des pièces de son spacieux appartement contenait exclusivement des appareils de sport et de musculation. Il commença par faire un peu de course sur son tapis puis s'attaqua aux haltères. Son débardeur gris était déjà fortement marqué par les marques de transpiration. Alors qu'il arrivait vers la fin de sa session, le ding-dong de la sonnette retentit. Il ne put s'empêcher de pester contre ce parasite inconnu. Qui pouvait bien venir oser l'interrompre en pleine session d'abdos ? Surtout qu'il devait encore se préparer pour son rendez-vous du soir. Puis d'un seul coup il réalisa vraiment qu'on venait de sonner chez lui. Tout en s'avançant vers l'entrée il se demandait vraiment qui pouvait bien sonner. La seule personne qui connaissait son adresse sur cette île était son employeur et il n'était encore jamais venu lui rendre visite. L'inquiétude de Takeru grandissait au fur et à mesure qu'il se rapprochait de la porte. Etait-ce des sbires envoyés par le Joker ? Avait-il décidé d'arrêter de leur foutre la paix ? C'est avec une certaine appréhension qu'il défit les verrous de la porte, prêt à bondir si on venait à l'attaquer. Il ouvrit. Son cœur manqua un battement lorsqu'il remarqua que l'invité surprise était en fait Iwako. Elle le gratifia d'un « coucou » toute guillerette. Il fut soulagé de voir qu'il n'y avait pas de danger en fin de compte. Enfin... Si, si si, il y avait danger. Un gros danger. Un énorme danger. Un monstrueux gigantesque danger. MAIS QUE FAISAIT IWAKO CHEZ LUI ?

Il concentra toute son énergie dans le but de cacher la panique qui venait de le prendre au ventre. Comment avait-elle trouver son adresse ? Il étant pourtant sûr de ne jamais la lui avoir donnée. Ah oui... Il avait tendance à oublier que sa petite amie tenait le rôle de Dame dans son district. Elle avait sûrement été farfouiller dans son dossier pour la trouver. D'ailleurs, y avait-elle vu autre chose ? Que y avait-il d'inscrit à son sujet dans son dossier exactement ? A chaque seconde qui s'écoulait, de nouvelles questions venaient s'ajouter, ne faisant qu'augmenter sa panique. Elle avait sans aucun doute remarqué qu'il avait toujours tout fait pour l'empêcher de venir chez lui. Si elle était là, c'était pour découvrir son appartement qu'il lui avait tant caché, ça ne faisait aucun doute. Evidemment, plus on cache quelque chose à quelqu'un, et plus ça lui donne envie de découvrir ce que l'on cache. Il fut ramené à la réalité lorsque Iwako lui demanda si elle pouvait entrer et qu'elle commença à s'avancer. Sans réfléchir, il referma la porte laissée grande ouverte pour ne laisser qu'un espace pour lui, empêchant ainsi le jeune femme de rentrer. Il essaya de trouver toutes les raisons possibles pour la convaincre de faire demi-tour. Il prétexta que son appartement était en désordre (totalement faux, maniaque de l'ordre qu'il était) mais elle rétorqua que ça ne l'embêtait pas. Il lui expliqua alors qu'il venait de faire une session de sport (son débardeur humide et les perles de sueur sur son corps parlaient d'eux mêmes) et qu'il ferait sûrement mieux de prendre une douche pour la retrouver ensuite à l'endroit convenu. Ce à quoi elle répondit qu'elle était habituée à le voir couvert de sueur, faisant très explicitement allusion à leurs ardentes nuits passées ensemble. Mais il n'y avait vraiment rien qui la dérangeait ? Comment pouvait-elle toujours avoir réponse à tout, tout le temps ? Perdu dans ses pensées, à la recherche d'une autre excuse, elle profita du moment d'inattention de son petit ami pour le chatouiller à un endroit bien précis. Il était extrêmement sensible dans une zone particulière : le bas du ventre, du côté gauche, et Iwako le savait. Dès qu'elle le toucha à cet endroit, il fit un bond dont l'intensité fut grandement décuplé par l'effet de surprise. Lorsqu'il comprit ce qu'on venait de lui infliger, Iwako était déjà rentrée et se tenait derrière lui grand sourire. Elle semblait fière d'avoir réussi à usurper son amant, tandis que lui se maudissait intérieurement de s’être fait avoir aussi facilement. Avec un air innocent et à la fois espiègle de petite fille, elle lui demanda « Tu me fais visiter ? ». Bah maintenant qu'elle était entrée, il n'avait plus vraiment le choix. Il referma la porte d'un air contrarié mais il n'était pas pour autant en colère contre elle. Formant un couple, elle avait le droit de savoir des choses sur lui, il ne pouvait pas lui reprocher de se poser des questions et de s'intéresser à lui. S'il l'avait mise dehors cela aurait paru bien trop suspect de toutes façons.

Se passant la main dans les cheveux, il la devança et entreprit la visite tant convoitée de son appartement. Avec un peu de chance, aucun détail compromettant n'attirera son attention, pensa-t-il. Il attrapa une serviette au passage pour s'essuyer un peu afin d'être plus présentable, puis se contenta de l'emmener dans le salon lui pointant du doigt les portes une par une pour lui expliquer ce qu'il y avait derrière. S'il limitait la visite à une seule pièce il aurait plus de chances de s'en sortir indemne. Elle semblait un peu déçue de ne pas pouvoir en voir davantage, mais pour le moment il avait décidé de le faire rester dans cette pièce. Et heureusement pour lui, Iwako était bien trop élevée pour se mettre à fouiller dans toutes les pièces sans autorisation. Du moins, il l'espérait le plus fort du monde. La laissant assise sur le canapé, il alla dans la cuisine afin de préparer quelque chose à boire et à grignoter. Il n'était pas rassuré de la laisser seule sans pouvoir la surveiller, mais elle était son invitée et ça aurait été bien impoli de lui demander de l'aide. Tout en pénétrant dans le cuisine, il priait intérieurement tous les dieux possibles pour que Iwako ne trouve rien de suspect sur son passé.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Mar 19 Juin 2012, 17:08

Ça y’est ! Enfin elle y était parvenue, elle se trouvait dans l’appartement de Takeru, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne comprenait décemment pas ce qui avait bien pu le rebuter à ce point. L’appartement était spacieux, moderne, d’une propreté exemplaire et rangée impeccablement. Il ne semblait manquer de rien, tout le confort y était alors pourquoi tant de mystères ? La jeune femme aurait voulu en voir plus, mais Takeru limita la visite en désignant qu’elle porte menait à quelle pièce. Elle se résigna. Après tout, c’était déjà un bien grand pas que d’avoir pu entrer chez lui et qu’en plus il ne soit pas en colère contre elle. Ça lui faisait un sacré poids en moins !
Très vite le jeune homme lui proposa poliment une collation qu’elle ne refusa pas.
Malgré sa déception de ne pas en savoir plus elle était tout de même très heureuse d’être parvenue jusque-là, et se sentait davantage immergée dans sa vie à présent qu’elle pouvait contempler le lieu où il vivait.

Assise dans le canapé elle attendait que Takeru revienne. Au-début, trop prise dans sa contemplation de chaque recoin de la pièce, elle ne songea pas à ce détail, mais très vite elle se redressa. Quelle idiote : elle n’était pas là en visite de courtoisie, elle était quand même chez son petit ami, c’était impoli de sa part de ne pas proposer son aide au jeune homme. Elle contourna le canapé afin de rejoindre Takeru quand elle fut arrêtée nette dans sa course.
Le gilet flottant qu’elle avait mis par-dessus sa robe venait de se prendre dans la poignée d’un tiroir du buffet renversant d’un seul geste le tiroir, son contenu, et la jeune femme qui fut emporté par le tout. Elle se redressa difficilement en serrant les dents. Ses genoux qui venaient d’heurter durement le sol lui faisaient mal. Elle se gifla mentalement : non, elle n’allait tout de même pas se blesser maintenant ?! Dégrafant son vêtement de la dite poignée, elle constata avec une moue exaspérée qu’un gros trou l’ornait à présent, rendant son port impossible.
Sa seule chance fut que le bruit de la bouilloire sifflant dans la cuisine et la moquette sur le sol n’avait pas alerté Takeru. Elle s’en serait trop voulu qu’il le grille en train de ravager son appartement dès la première visite…

Malgré ses genoux qui la lançait fortement, elle se redressa tant bien que mal afin de ré-emboiter le tiroir à sa juste place. Elle continua en se hâtant de remettre convenablement au fond la pochette cartonnée et tous les morceaux de journaux découpés à l’intérieur. Elle n’y avait même pas jeté un œil, elle souhaitait simplement retourner s’assoir au plus vite.
Alors qu’elle refermait le meuble, son regard se porta sur une photo alors retournée, qui jonchait toujours sur le sol. Elle la ramassa en douceur, hésita un instant en jetant un coup d’œil derrière elle, et la retourna, découvrant ainsi un merveilleux portrait de famille. Un homme et une femme étaient assis autour d’un kotatsu. La maison, contrairement à celle dans laquelle elle se trouvait, était abimée, petite, et vieillotte. Les vêtements du couple ainsi que l’apparence du domicile trahissaient le rang social de ces gens. Pourtant, sur ce cliché, ils souriaient avec bonheur, les dents découvertes. Entre eux d’eux se trouvait un jeune adolescent. Il ne devait pas avoir plus de quinze ou seize ans là-dessus, mais son incroyable beauté était tout de même bien reconnaissable : il s’agissait de Takeru. Dans ses mains, il tenait d’un air triomphant une ceinture de judoka de couleur noir signifiant un niveau élevé pour son jeune âge, qu’il montrait fièrement à l’objectif. Un souvenir heureux de l’enfance qui rappela à la jeune femme qu’elle n’avait plus de souvenirs de ses parents que dans sa mémoire. Avec douceur, comme la chose la plus précieuse au monde, un sourire sur les lèvres elle s’apprêta à remettre le cliché en place quand soudain, en voulant la poser par-dessus la pile de journaux elle nota une étrange ressemblance entre la photo de l’article et celle de l’homme souriant auprès de Takeru. Elle voulut s’y attarder mais déjà la voix de Takeru la prévenant que c’était prêt la poussa à achever son manège et à tout remettre en ordre.
Elle se rassit, posa en boule son gilet déchiré sur ses genoux, et sourit à son amant lorsque ce dernier arriva avec une tasse de thé fumante et une assiette de biscuits.

Elle le remercia profondément, puis lui fit remarquer :


- «Tu es trempé, tu devrais aller te laver avant de retomber malade comme la dernière fois ».

Elle émit un geste pour se lever mais elle se rétracta. Si elle se levait il verrait les bleus qui commençaient à poindre sur ses genoux. Heureusement, ce fut lui qui se pencha pour venir l’embrasser avant de lui répondre avec tendresse « tu as raison, j’y vais ». Avec un clin d’œil séducteur il lui proposa de l’y rejoindre. En temps normal, elle y aurait presque couru, mais là, elle voulait surtout l’écarter. Mimant une petite claque sur sa joue, elle fit mine de le gronder en lui assurant qu’elle n’était pas aussi perverse que lui, puis pour le rassurer, elle attrapa la tasse qu’il avait mis à sa disposition et commença à boire doucement.
Rassurée de la voir si « normale », le jeune homme partit en direction de la salle de bain. Elle patienta quelque instants, et à peine le jet d’eau s’était-il mit en marche qu’elle se releva pour rejoindre le buffet contenant la photo et les journaux. Les mains tremblantes, et les sortit tous les deux et posa la photo contre l’article : il s’agissait bien du même homme, elle ne s’était pas trompée.

La photo du bonheur ne l’intéressa plus, un à un, elle tira les feuillets de presse, en lisant les gros titres. « Un dangereux escroc condamné par la justice» ; « un escroc sévèrement puni ». Des perles de sueurs vinrent salir les tempes de la jeune femme. Ces titres elle les connaissait, elle en avait eu vent à cette époque où elle travaillant en partenariat avec la section Japonaise d’Interpol elle suivait toutes les actualités de ce genre. Bien que cette affaire n’ait pas fait beaucoup de vagues, et qu'elle n'en ait qu'un très vague souvenir, comment était-ce possible qu’il s’agisse là du père de Takeru ? C’était tout bonnement incroyable. Puis derrière les grandes pages, elle trouva plusieurs petites rubriques évoquant le drame d’une famille modeste, « la femme d’un l’escroc retrouvée morte chez elle», « l’épouse d’un escroc se donne la mort ».
Elle sursauta, plus vraiment certaine que d’avoir ainsi fouillé dans la vie de son petit ami ait été une bonne chose. A la hâte, les larmes aux yeux, et les doigts tremblant, elle rangea impeccablement le contenu du tiroir, ne gardant en main que la photo. Alors qu’elle s’apprêtait à remettre ce dernier élément en place, la silhouette d’un homme se dessina près d’elle. Takeru se tenait là, les cheveux encore humides, la regardant avec surprise.

Devant le regard interrogatif qu’il lui lançait, elle ne put que lui répondre un maigre :


- «Ce n’est pas ce que tu crois ».

Se dépêchant de refermer le tiroir elle se tourna vers lui. Il jeta un œil curieux à ses genoux abimés, ne disant toujours rien. Paniquée, elle lui expliqua alors le plus vite possible comment en se levant son vêtement qu’elle lui montra s’était pris dans la poignée du tiroir et renversé, et comment elle avait commencé à tout remettre en ordre.

- « Je suis désolée Takeru… »

Elle priait en son for intérieur pour qu’il ne se méprenne pas à son sujet. Ils étaient ensemble depuis si peu de temps, mais déjà, elle ne pourrait supporter une vie sans lui. Perdue entre sa désolation et sa peur, elle attendit que le jeune homme s’exprime.
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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Mer 20 Juin 2012, 02:00

Takeru avait fait le plus vite possible pour préparer la collation qu'il avait proposé à Iwako. Ne s'étant pas attendu à une visite de la belle, il ne savait pas si tout était bien rangé. Il savait très bien que son appartement était nickel au point de vue ménage, mais il se demandait s'il n'avait pas laissé quelques indices traîner par-ci par-là sur son passé. Des choses qui peut-être pour lui étaient normales pourraient peut-être en dire beaucoup plus à la jeune femme. Il se dépêcha de faire chauffer l'eau pour le thé. Appuyé sur le plan de travail il ne pouvait s'empêcher de le tapoter nerveusement du bout de ses doigts en cadence. Pourquoi cette fichue eau ne se chauffait-elle pas plus vite ? Lui aussi il commençait à bouillonner de l'intérieur. Une fois que tout fut prêt, il amena le plateau au salon où Iwako était toujours tranquillement assise sur le canapé. Cette vision le rassura. Au moins elle n'avait pas l'air d'avoir trouvé quelque chose de suspect. Mais à peine revenu, elle lui conseilla d'aller prendre une douche. Elle n'avait pas tord, vu l'état de ses vêtements. Et il devait reconnaître qu'il sentait un peu le fauve aussi. Comme il voulait éviter de la laisser seule, il lui proposa de l'accompagner sous la douche. Même si c'était pour l'empêcher de découvrir quoique ce soit, il était aussi tout émoustillé à l'idée de partager une douche avec la ravissante demoiselle. Mais elle refusa. Il esquissa alors un sourire contraint puis vint l'embrasser en lui disant qu'elle avait raison. Ca ne l'enchantait pas plus que cela de laisser son appartement à sa merci, mais là il ne pouvait pas faire autrement. Qu'aurait-elle penser de lui s'il avait catégoriquement refuser d'aller se laver ? Il n'avait pas envie de passer pour un salopiaud, lui toujours si maniaque sur la propreté. Il n'eut donc d'autre choix que d'aller dans la salle de bains. Il jeta en boule dans le panier à linge ses vêtements trempés de sueur et entra sous la douche. Il tourna le bouton de l'eau chaude et son corps frissonna au contact cette eau si ardente. Même s'il voulait se dépêcher pour retourner en la compagnie de Iwako, il avait également envie de se prélasser un peu sous la douche. Il s'était toujours délecté du contact de l'eau sur sa peau. Il pouvait rester une éternité sous le jet d'eau brûlant, cela le détendait énormément. Alors qu'il se frictionnait les cheveux il se dit qu'il serait tout de même mieux de se dépêcher. Même si Iwako n'était pas du genre à farfouiller partout, allait savoir ce qu'elle aurait envie de faire seule dans ce grand appartement en l'attendant. Regarder partout et dans tous les recoins était sans aucune doute la seule occupation qu'elle aurait. Il ralluma vite le jet d'eau une dernière fois pour se rincer puis se saisit de sa serviette. Le corps encore perlé de gouttes d'eau il alla dans sa chambre à la recherche des vêtements qu'il avait prévu pour la soirée. Il se contenta juste d'enfiler son pantalon noir pour le moment.

La serviette autour du cou, torse nu, il retourna au salon les cheveux encore humides. Mais lorsqu'il y pénétra il ne s'attendait pas du tout à voir ce qu'il allait voir. Iwako agenouillée tenait dans ses mains quelque chose tandis qu'un tiroir sorti de la commode était posé sur le sol à côté d'elle. Il ne remarqua pas tout de suite ce qu'elle tenait contre sa poitrine. La jeune femme lui dit qu'elle était désolée et rangea vite ce qu'elle avait dans les mains puis remis le tiroir en place. Takeru ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait. Il remarqua des bleus sur les genoux de sa petite amie. Il était persuadé qu'elle n'avait pourtant aucune trace à son arrivée. Sous l'effet de surprise il ne pouvait pas cacher son regard interrogateur. Elle lui expliqua alors l'épisode de son gilet se prenant dans un tiroir et qui eut pour conséquence de les faire tomber, elle et le tiroir, et de renverser le contenu sur le sol. Sur le coup il se dit que ce n'était pas bien grave. Elle ne l'avait pas fait exprès et il voyait son expression désolée. Puis son regard se porta de nouveau vers le dit tiroir. Et ce ne fut que là qu'il remarqua de quel tiroir il était question. Comment avait-elle fait pour tomber sur CE tiroir ? Takeru ouvrit de grands yeux et sentit une colère naissante monter en lui. Non ce n'était pas possible. Il devait vraiment être né sous une mauvaise étoile pour avoir autant la poisse. Il lui jeta un regard furieux tandis qu'elle se relevait. Il serra les poings avec toute la force possible pour s'éviter d'exploser de rage. Il était en colère contre lui-même pour ne pas avoir mieux cacher ses secrets et en colère contre elle qui les avait découverts si facilement. Qu'avait-elle vu ? Qu'avait-elle compris exactement ? A la colère commença à se mêler la peur. La peur que tout son bonheur récent ne s'écroule, la peur qu'Iwako ait soudain envie de le fuir. Il devait savoir ce qu'elle en avait déduit, il n'avait pas d'autre choix que le lui demander directement. Se contenant le plus possible il dit...

« Qu'est-ce que tu as vu ? »

Le ton de sa voix avait trahi toute la colère qui bouillonnait en lui. Parlant lentement, en détachant presque chaque syllabe. Iwako semblait paniquée et ne répondit pas. Mais Takeru avait besoin d'une réponse, et d'une réponse tout de suite. Alors, malgré lui, il haussa le ton en réitérant sa question.

« Dis moi ce que tu as vu ! »

La jeune femme hoqueta de surprise devant le ton brutal de son amant. Elle lui parla alors de la photo où elle l'avait reconnu, qu'elle avait déduit qu'il était entouré de ses parents, qu'elle avait lu les titres des articles... A chaque mot qu'elle ajoutait, Takeru devait serrer davantage les poings pour réussir à se contenir. Iwako avait terminé de parler et attendait maintenant qu'il lui dise quelque chose. Mais que devait-il lui dire ? Que pouvait-il lui dire ? Complètement perdu il lui tourna le dos l'espace d'un instant, se prenant le visage dans les mains. Non, il ne pouvait pas laisser sa vie se détruire encore une fois. Il avait pensé que jamais il ne pourrait de nouveau vivre des jours heureux, puis Iwako était arrivée et elle avait apporté de la lumière dans sa vie. Il ne voulait pas que cela disparaisse. Il y tenait trop. Il en avait besoin. Mais la peur et la colère mêlées commençaient à se faire bien trop violentes pour être contenues. Alors dans un mouvement brusque, il décocha un coup de poing magistral dans le mur à côté de lui. Il resta quelques secondes dans cette position la tête baissée, paniqué, haletant, le visage crispé par la confusion. Que faire ? Il ne voulait pas lui en parler, pas maintenant. Il ne voulait pas la perdre. Sans vraiment pouvoir se contrôler, il se tourna vers Iwako qui était resté debout, muette devant son geste. Alors qu'il aurait voulu lui parler calmement, cette peur, cette colère qui le rongeaient dans son ventre, prirent le dessus et c'est avec un ton particulièrement dur qu'il s'adressa à elle, haussant la voix.

« Tu pouvais pas rester tranquillement assise en m'attendant ? P-Pourquoi hein ? Pourquoi il a fallu que tu fouilles partout comme une gamine ? Je croyais pourtant que t'avais une bonne éducation... Tsss... C'est pas possible sérieux ! Il aurait juste suffit que tu restes assise là, dans ce foutue canapé ! MERDE! »

Tandis qu'il parlait, il s'était avancé vers elle. Iwako, sûrement terrifiée devant la fureur qui animait maintenant l'homme en face d'elle, eut pour réflexe de reculer. Mais lors qu'il hurla son dernier mot, la surprise fut telle qu'elle fit un bond violent en arrière, se cognant un talon dans la table basse. Elle bascula en arrière. Takeru écarquilla les yeux alors qu'il était spectateur de sa chute. Son cœur manqua un battement. Heureusement, elle tomba dans le canapé derrière elle. Le choc n'avait pas été violent. Le jeune homme soupira de soulagement. Il avait bien cru qu'elle allait se briser sous ses yeux. Il sentit les larmes qui commençaient à arriver. Comment avait-il pu crier ainsi sur elle ? Avait-il perdu la tête ? Il avait failli lui même briser ce qu'il avait de plus précieux. Les remords commencèrent à lui tirailler le ventre. Il s'en voulait, oui il s'en voulait terriblement. Sentant que deux perles salées venaient de dévaler la pente de ses joues, il se retourna vivement et s'accroupit comme pour se replier sur lui-même. De la paume de sa main, il essuya ses larmes. Mais bientôt il sentit que d'autres encore plus nombreuses venaient se bousculer au bord de ses yeux. Non ce n'était vraiment pas le moment pour se mettre à pleurer, pas devant elle. Non. Il ne fallait pas craquer. Il s'était montré fort durant toutes ces années, ne se laissant aller qu'à de bien rares occasions lorsqu'il était seul. Il refusait de se montrer faible devant elle. Il voulait uniquement lui montrer l'homme fort qu'il était, pas cette espèce de loque qu'il était sur le point de devenir. Mais trop tard. Déjà un torrent de larmes apparut sur son visage. Il serra les dents pour ne pas faire entendre ses gémissements de douleur. Lui tournant toujours le dos, recroquevillé sur lui-même, il ne voulait pas montrer à Iwako cette partie faible de lui. Il faisait tout pour contenir le bruit de ses pleurs tandis que les larmes jaillissaient sans discontinuer. Il espérait qu'elle resterait silencieuse suffisamment longtemps pour qu'il réussisse à se calmer. Mais malgré tous ses efforts il n'y parvenait pas, le faisant paniquer encore davantage. Il entendit alors un léger bruit derrière lui et comprit qu'elle venait de quitter le canapé. Takeru ouvrit alors de grands yeux effrayés tandis qu'il entendait les pas de son amante se rapprocher doucement. Que faire ? Que faire ? Il était complètement perdu.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Mer 20 Juin 2012, 14:00

Elle s’était justifié rapidement pour éviter une catastrophe qui, elle le pressentait, était sur le point de se produire. D’abord surpris, Takeru semblait apte à la croire. Elle se détendit. Cependant, quelques maigres secondes plus tard, le jeune homme posa à nouveau les yeux sur le tiroir et cette fois, tout chavira. Entrant dans une colère noire, il se mit à serrer les poings tout en la fusillant des yeux. Elle se sentait impuissante face à la teneur des sentiments de Takeru qu’elle ressentait si fort.
Elle ne pensait pas cela possible, mais la colère qu’il éprouvait à présent égalait de loin celle qu’elle avait ressenti chez lui lorsqu’l s’était introduit chez elle un mois auparavant.
Elle comprit. Elle comprit qu’elle était piégée et qu’il s’agissait là certainement de la raison pour laquelle il lui avait toujours fermé sa porte. Cet unique tiroir c’était le secret qu’il préservait plus que tout, et elle ne sut s’il s’agissait de destin ou simplement de malchance, mais il avait fallu que son vêtement se prenne pile dans ce tiroir-là.
D’une voix en apparence calme mais qui trahissait indéniablement l’état du jeune homme, ce dernier lui demanda ce qu’elle avait vu. Ce ton à la fois glacial et bouillant de colère la figea net. Elle paniquait. Comme à chaque fois qu’elle était dans cet état, ses mains et ses chevilles se mirent à trembloter comme ceux d’un animal devant le chasseur. Elle ne parvint à répondre, de ce fait, cela déclencha une véritable agressivité chez Takeru qui lui reposa la question d’un ton bien plus haut et menaçant.

Elle eut un hoquet de surprise. Certes elle avait découvert malgré elle une partie de lui, mais aussi important que cela pouvait-être pour lui, pouvait-il vraiment se montrer si menaçant avec elle ? A la vue des poings serrés de Takeru, elle pria le ciel pour qu’il se calme et répondit aussi vite qu’elle put à sa question lui expliquant qu’elle avait vu la photo et lu les gros titres des journaux qui s’étaient renversés. Pour toute réaction, il sera encore davantage ses poings dont la peau devenait blanche au niveau des articulations, avant de lui tourner le dos et de cacher son visage entre ses mains.
Elle ressentait tout : sa perdition, sa peur, mais surtout sa colère, son sentiment d’injustice et de rage. A présent qu’elle ne voyait plus son visage, elle fit un pas, puis deux vers lui. Tendant doucement la main, elle voulut le toucher, mais déjà le poing de son amant heurtait le mur blanc avec une véhémence non contenue. Elle recula aussitôt, choquée, alors que lui ne bougeait déjà plus, gardant les yeux vers le sol.

Elle ne comprenait pas sa réaction malgré la lecture qu’elle faisait de ses sentiments à travers son propre corps. Iwako n’était plus curieuse mais terriblement inquiète alors que dans son esprit germait l’idée qu’il s’agissait peut-être de leur dernier jour passé ensemble. Non elle ne pourrait pas, elle ne pourrait pas survivre à son absence une seconde fois. Elle devait à tout prix se racheter, lui expliquer que peu importait son passé, elle était apte à l’accepter, à accepter tout de lui, le pire comme le meilleur. Avec une douceur infinie elle n’eut le temps que de prononcer les deux premières syllabes de son prénom quand il lui coupa la parole, et s’adressa à elle de la façon la plus dur qu’elle eut jamais connu.

« Tu pouvais pas rester tranquillement assise en m'attendant ? P-Pourquoi hein ? Pourquoi il a fallu que tu fouilles partout comme une gamine ? Je croyais pourtant que t'avais une bonne éducation...

Qu’elle fouille comme une gamine ? Son éducation ? Iwako fronça les sourcils. La colère de Takeru commençait à l’envahir doucement. De quel droit remettait-il en cause la façon dont ses parents l’avaient élevée ? Comment osait-il se permettre de la traiter de gamine mal élevée de cette façon ? Et de toute façon, s’il avait été honnête avec elle comme elle l’avait été avec lui, rien de tout cela ne se serait produit ! C’était à cause de leurs secrets qu’à chaque fois les choses tournaient mal alors pourquoi ne se résignait-il pas simplement à lui parler de ses faiblesses.
Elle bouillonnait à présent presque autant que lui. Même ce triste jour où son père l’avait brisé, ce dernier n’avait pas été aussi dur que ne l’était Takeru en ce moment avec elle.
La jeune femme sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle ne devait pas céder, elle ne devait pas avoir peur. Il fallait lui faire face, mais déjà, alors qu’il continuait à la maltraiter, il entama de s’approcher d’elle. La peur que Takeru ressentait de la perdre, elle la sentit juste à cet instant. Elle ne se demanda pas à qui appartenait cette sensation : elle avait peur, terriblement peur, et de ce fait recula à mesure que lui s’avançait. Allait-il lui faire du mal ? Non, s’il avait été sincère avec elle, il ne lui ferait pas de mal, mais Iwako commença à en douter sérieusement.

Elle repensa aux blessures que le Joker lui avait infligé quelques temps auparavant. Lui s’était retenu, mais Takeru ne le ferait peut être pas, et venant de lui, ça ferait plus mal encore.

Tsss... C'est pas possible sérieux ! Il aurait juste suffit que tu restes assise là, dans ce foutue canapé ! MERDE! »

En prononçant cette dernière injure, il cria si fort qu’elle recula encore plus vite. Son pied rencontra alors le pied de la table basse, et la douleur que cela provoqua sur sa cheville vint l’électrocuter jusque dans son genou déjà blessé. Prise de court par le choc, elle perdit l’équilibre et tomba. La chute fit rater un battement à son cœur, mais bien vite, elle eut la bonne surprise, non pas de rencontrer le sol mais la matière cuir du canapé de Takeru. Etendue sur le sofa, le visage contre le meuble, et les bras au-dessus de sa tête, elle se concentra quelques instants afin de reprendre ses esprits. Plus de peur que de mal, mais la peur était tout de même non-négligeable, se redressant sur ses coudes avec lenteur, elle sentit un pincement lui serer le cœur. Une main sur sa poitrine, la tête dévorée de remords, elle se mit à pleurer. Ou plutôt, des larmes vinrent sortir de ses yeux sans qu’elle n’ait ressentit une peine préalable. Elle resta interdite un temps, et comprit très vite ce qu’il se passait lorsque derrière elle se fit entendre les vrais pleurs de Takeru.
Sa jambe la gênait fortement, mais elle n’en tenait déjà plus compte. L’homme qu’elle aimait était là près d’elle, et surtout, il pleurait. Elle le savait fier et fort, il n’était pas du genre à se laisser aller ainsi.
Elle réalisait enfin combien les choses devaient être dures pour lui, et cette fois, ce fut son remord à elle qui intensifia les larmes de Takeru. Tant bien que mal elle se releva, découvrant ainsi la silhouette recroquevillé de son amant éperdu. S’agenouillant devant lui, elle sécha ses propres yeux, puis posa ses mains sur celle de Takeru qui lui barrait la vue de son visage. Il résista, refusant de se montrer ainsi à elle. Elle l’appela doucement, une fois, puis deux, et réitéra l’expérience plusieurs fois.
Non, il ne voulait pas lui montrer ses larmes. Elle l’appela à nouveau plus fort, plus plus durement, allant jusqu’à l’appeler de façon autoritaire à la fin. Rien à faire, il ne bronchait pas. Piquée au vif, la jeune femme cria alors :


- « QUAND VAS-TU COMPRENDRE QUE JE NE SUIS PAS TON ENNEMIE ?! »

La portée de sa voix produisit le miracle tant espéré : sursautant, Takeru leva son visage de ses mains qu’Iwako tentait toujours de neutraliser. Le regard de la femme de verre était d’une profondeur incroyable. Dans ses yeux, il était capable de lire un millier de choses : son amour, sa détermination, sa peur… Tout ce qu’elle pouvait ressentir transparaissait comme un miroir dans ses yeux. Cela eut l’effet de le surprendre assez pour qu’il ne recache pas son visage. Il la regardait intensément. Elle en profita pour lâcher d’une main les siennes, et vint loger cette dernière sur la joue de Takeru.
Elle se pencha vers lui, l’embrassa doucement, puis glissa vers son visage pour essuyer de sa bouche chaque larme encore présentes sur son visage. Elle calma l’état de son amant par ses baisers. Ce dernier fermait alors les yeux et n’opposait plus de résistance. Elle en profita pour lâcher définitivement ses mains et y glisser la sienne dans la nuque de Takeru. Elle caressait avec une douceur sans nom ses épaules, ses cheveux, et son visage devenu brûlant. Elle sentait la respiration de l’homme se calmer par ce traitement. Enfin, elle l’enlaça délicatement, posant sa tête sur son épaule en continuant ses caresses.

- « Takeru… Pardonne-moi…. pardonne-moi. Tu as le droit d’avoir des secrets… Mais, quoi que tu aies pu vivre, ou faire, je te jure mon amour que je ne t’abandonnerai pas. Je ne te jugerai pas. Quoi que tu puisses faire, j’accepterai tout de toi. »

Elle baissa légèrement les yeux. Elle se sentait un peu honteuse de tout lui offrir si facilement, mais c’était pourtant tellement vrai. En vue de l’état dans lequel il se trouvait, elle aurait pu l’absoudre de tous ses pêchés si cela lui était possible. Elle s’était juré de toujours le soutenir quitte à laisser disparaitre l’Iwako que son père avait forgé. Leur monde se limiterai à cette île pour toujours de toute façon, alors peu importait ses secrets et ses douleurs, elle les porterait avec lui comme un cadeau.

- « Je t’en supplie ne me crains pas… Ne doute pas de moi… Et… Ne me cache pas tes larmes s’il te plait. Cache toi du monde entier si cela te rassure mais pas de moi…»

Doucement il redressa la tête. Leurs regards étaient complètement perdus l’un dans l’autre à tel point que lorsqu’il se rua sur ses lèvres, l’obligeant à s’allonger par terre, elle n’opposa aucune résistance, lui rendant son baiser avec autant de force. Elle avait peur, tellement peur de le perdre, de voir cette force de la nature se briser là maintenant. Elle n’était pas idiote au point de croire que l’assurance de Takeru le rendait invincible. Au contraire, comme la plupart des habitants de cette île, il portait son lot de peine qu’elle avait en partie découvert. Mais ce qui se cachait vraiment au fond de lui elle attendrait simplement qu’il le lui dise, ne voulant plus le presser, s’attendant à tout, même au pire, sans savoir que le pire elle ne l’avait pas imaginé du tout, et que c’était là le terrible secret de Takeru. Un secret de vengeance. Lorsqu’ils mirent fin à leur étreinte, elle caressa son visage posé sur sa poitrine pour la énième, puis glissa d’un murmure :

- « Si tu ne veux pas en parler je ne te demanderai rien. Mais j’aimerai tellement pouvoir te soulager, je voudrai… » Elle ferma les yeux pour se donner du courage alors qu’elle prononçait pour la toute première fois de sa vie ces mots.

- « Je t’aime tellement…Takeru »


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Fujiwara Takeru
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MessageSujet: Re: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Mer 20 Juin 2012, 19:23

Non il ne voulait pas la regarder. Non il ne pouvait pas. Elle essayait de le faire réagir en l'appelant par son nom, en retirant ses mains de son visage mais rien n'y faisait. Peu importe la dureté de sa voix lorsqu'elle disait son nom ou la force qu'elle pouvait mettre dans ses petites mains, il ne pouvait se résoudre à se montrer aussi pitoyable sous ses yeux. Puis d'un seul coup la jeune femme explosa avec un « Mais quand vas-tu comprendre que je ne suis pas ton ennemie ? ». Elle avait dit cette phrase avec une telle violence que Takeru sursauta et s'en sans rendre compte il lui découvrit son visage couvert de ses larmes. Elle lui tenait toujours fermement les mains tandis que son regard croisait le sien. Jamais il ne se rappelait lui avoir vu un regard d'une telle profondeur. Les mots étaient inutiles tant ce regard était expressif et puissant. Il comprenait son amour, ses craintes, sa détermination... Oui, elle avait raison elle n'était pas son ennemie. Mais ne le deviendrait-elle pas en apprenant son passé ? En apprenant ce que ces mains qu'elle ne voulait pas lâcher avait commis des choses bien atroces ? Takeru n'avait pas envie d'en courir le risque. Il voulait la garder auprès de lui pour toujours. Cependant il sentait bien que cela serait impossible s'il continuait d'instaurer des secrets entre eux alors que la jeune femme lui avait livré les siens dans les moindres détails. Elle lui faisait suffisamment confiance pour tout lui confier, alors ne devrait-il pas faire de même ?

Une main vint se loger sur sa joue. Une douce caresse. Il ferma les yeux pour mieux profiter de ce contact si agréable qu'il craignait tant de perdre pour toujours. Puis Iwako vint lui déposer un tendre baiser sur ses lèvres encore légèrement tremblantes à cause de ses pleurs. Elle continua en couvrant son visage de baisers pour faire disparaître les dernières traces de ses larmes. Il se laissait bercer par les caresses de sa petite amie, si affectueuses, si tendres. Il aurait fait n'importe quoi pour rester toujours dans cet instant, dans ses bras. Il ne voulait pas que cela prenne fin. Elle lui adressa alors des paroles emplies d'une compréhension infinie. Peu importe son passé, elle ne le jugerait pas. Peu importe son passé, elle ne l'abandonnerait pas. Peu importe son passé, elle l'accepterait tel qu'il était. Pensait-elle réellement tous ces mots ? Iwako ne se rendait pas compte de la teneur de ses propos, elle n'imaginait sans doute même pas ce qu'il avait pu être capable de faire. Si elle l'apprenait, se souviendrait-elle à ce moment-là de ces promesses ? Après un court silence, elle reprit la parole pour le supplier de ne pas la craindre, de lui faire confiance et de ne pas lui cacher ses larmes, pas à elle. Croyait-elle que c'était si simple que cela ? Takeru était quelqu'un de fort, sûr de lui, qui se refusait à sombrer dans des élans de faiblesse. Ce sentiment n'était pas fait pour lui. S'il l'avait été, il n'aurait sans doute jamais pu relever la tête après ces jours noirs. Oui, s'il s'était montré faible il se serait contenté de tout faire pour aller rejoindre ses parents dans une vie meilleure. Mais il ne l'avait pas fait, non. Il s'était battu de toutes ses forces. Cela avait pris du temps mais il y était parvenu, même s'il avait dû abandonner sa lumière en cours de route. Aujourd'hui cette lumière commençait à briller de nouveau, petit à petit, grâce à elle. Sa douce Iwako. Il ne voulait pas la craindre, il voulait croire en ses mots, sincèrement, il voulait y arriver.

Doucement il se redressa afin de rencontrer son regard. Il désirait voir ses yeux, y déceler encore une fois son amour et sa sincérité, sa détermination et sa tendresse. Après plusieurs longues secondes d'un échange silencieux intense, il ne put retenir son envie de l'embrasser. Il se rua sur ses lèvres. Dans son élan il emporta Iwako, la renversant, dos au sol. Elle s'était laissé faire, lui rendant son baiser avec autant de force que lui y mettait. Il voulait sentir tout son être, toute son âme. Il avait même l'impression de réussir à « la ressentir ». Il ne parvenait pas à mettre des mots sur ce sentiment étrange, mais c'était quelque chose de ce genre-là, oui, « il la ressentait ». Il ne comprenait pas comment leur lien pouvait être aussi puissant mais il l'acceptait sans condition. Il s'était laissé retomber sur elle, la tête posée contre sa poitrine. Elle continuait ses douces caresses sur son visage. Ce contact était tellement bon, tellement réconfortant. Elle tenta de le rassurer encore une fois en lui disant qu'elle accepterait s'il ne voulait rien lui révéler de ses secrets même si elle, elle avait si envie de pouvoir soulager sa peine. Et maintenant Takeru avait lui aussi tellement envie qu'elle le réconforte. Il avait envie de se confier, peut-être pas tout lui dire non plus, mais au moins se décharger d'une partie de son passé. C'était égoïste de sa part, mais ce fardeau serait sans doute moins difficile à porter à deux que tout seul. Cela resterait bien entendu son propre fardeau mais elle serait là pour comprendre, là pour le soutenir. Il n'aurait alors plus à se cacher lorsqu'il aurait envie de craquer. Il pourrait être pleinement lui-même ou presque. Il voulait goûter à ce début de liberté.

Mais alors qu'il allait ouvrir la bouche pour commencer son histoire pensant qu'elle avait terminé de parler, il fut coupé par Iwako qui lui dit une phrase à laquelle il ne s'attendait pas. « Je t'aime tellement... Takeru ». Il en resta figé. Ces mots... plus personne ne les lui avait dit depuis que sa mère était partie. Il avait cessé d'espérer que quelqu'un les lui dirait de nouveau un jour. Plus que jamais il désirait se confier à la jeune femme. Lui aussi il l'aimait. Ce n'était pas qu'il ne s'en était pas rendu compte jusqu'à maintenant, mais ça avait l'air tellement évident dans sa tête... Il aurait voulu lui dire la même chose, oui, il aurait voulu le lui dire tout de suite. Mais sa voix ne sortait pas. Sa gorge se serrait. Jamais de sa vie il ne les avait prononcés pour d'autres personnes que ses parents. Il se rendit alors compte de l'importance de ces mots, beaucoup plus faciles à penser qu'à dire à haute voix. Pourtant, il voulait qu'Iwako sache qu'elle aussi elle était aimée par quelqu'un. C'était tellement fort d'être aimé, cela procurait tellement de bien... Un bien qu'il était pourtant sûr de ne jamais retrouvé. Mais à la place des mots, ce furent les larmes qui sortirent. Des larmes de soulagement, des larmes de bonheur. L'une de ses mains posée sur l'épaule de la jeune femme ne put se retenir de serrer avec force le tissu de son vêtement. Il se blottit encore un peu plus contre elle, cherchant toujours plus le contact. Il enfouit son visage contre le corps de son amante. Il ne voulait plus se cacher devant elle mais c'était plus fort que lui. Même si à ce moment-là sa fierté était partie bien loin, il ne pouvait aller contre sa nature. Il avait encore un peu de mal à montrer ses faiblesses. Ce changement ne se ferait sûrement pas en un jour. Iwako restait silencieuse, respectant ses pleurs, caressant ses cheveux pour le calmer. Il espérait intérieurement qu'elle comprendrait la nature de ces pleurs. Après quelques minutes, il parvint à se tranquilliser un peu, respirant plus doucement même si les larmes continuaient de couler. Toujours la tête posée contre sa poitrine, il découvrit son visage même si dans cette position Iwako ne pouvait pas vraiment le voir. Il était maintenant bien décidé à lui parler, à essayer de lui expliquer une partie de son passé. Même si sa voix trahirait sans aucun doute sa tristesse et sa douleur, il accepterait de se montrer faible, au moins juste cette fois.

« S... Sur la photo, c'était moi et mes parents. On habitait dans un petit appartement. C'était pas grand, mais c'était bien pour nous trois. Ma mère n'avait pas de travail, elle restait à la maison pour s'occuper de moi ou elle rendait des services aux voisins. Mon père était un modeste employé dans une entreprise assez importante. Son emploi rapportait pas beaucoup d'argent mais c'était suffisant. On était heureux comme ça tous les trois. Puis un jour, je... ils... »

Sentant qu'il allait de nouveau être submergé par un torrent de larmes, Takeru s'arrêta. Il essaya de se calmer. Ses poings serrant de nouveau le pauvre vêtement de sa petite amie. Iwako l'aida comme elle put, l'écoutant religieusement. Lorsqu'il sentit qu'il avait un peu repris le contrôle de son corps, il continua...

« J'étais à la fac quand ma mère m'a appelé en pleurs. Je comprenais rien à ce qu'elle tentait de me dire... Mais la télé était allumée et j'ai tout de suite compris quand j'ai vu le visage de mon père aux infos. Il venait de se faire arrêter, accusé de trafic d'argent et d'avoir trompé l'entreprise qui l'avait embauché. Mon père avait reconnu les faits mais il ne cessait de clamer qu'il n'avait pas agi seul, que c'était l'entreprise elle-même qui lui avait demandé d'agir. Mon père avait commis ce crime parce qu'il se sentait coupable de ne pas pouvoir apporter plus d'argent à sa famille, il a fait ça pour nous, ma mère et moi. Mais au tribunal personne ne l'écouta, c'était comme s'il parlait dans le vent... Personne ne voulait le croire. »

A ce moment-là il serra de nouveau l'habit de Iwako, mais pas à cause de la souffrance et de la tristesse mais à cause de la colère. Cette colère infinie qui l'avait poussé à établir sa vengeance, à rendre justice par lui-même. Il fit son possible pour tenter de la contenir.

« Pourtant il disait la vérité. Ce trafic d'argent c'était l'entreprise qui l'avait ordonné. Ils savaient que mon père était pauvre et ils l'ont appâté avec une grosse somme. Mais dès le début ces pourris avait tout prévu pour que mon père soit le seul accusé s'il y avait des problèmes. Tout le tribunal a été corrompu par cette entreprise d'enfoirés. Ils étaient connus au niveau national, ça leur aurait fait pas mal de tord si la vérité avait été dévoilée, ils auraient sûrement dû mettre la clé sous la porte. Alors ils ont payé les juges et les avocats pour qu'ils aillent dans leur sens. Après plusieurs mois d'une parodie de procès, mon père a été condamné à la peine capitale. Je pensais que ce serait l'épreuve la plus dure de ma vie. Mais... Le lendemain... Voyant à quel point ma mère était abattue, je suis sorti pour aller nous acheter de quoi dîner, quand je suis revenu... Elle était étendue sur le sol, dans une marre de sang, l'arme par terre à côté de sa tête... En même pas vingt-quatre heures mes parents étaient... Ils étaient... »

Les images de ce cauchemar surgirent dans sa tête, le submergeant une nouvelle fois de larmes. Les mots « mort » et « suicide » avaient toujours été bien difficiles à prononcer pour Takeru. C'était trop dur. Il se laissa aller dans les bras dans son amante qui, malgré son silence, le serrait avec toute la force dont elle était capable dans ses petits bras. Après plusieurs minutes, ce fut finalement Takeru qui brisa le silence...

« Tu sais... En fait... Y a encore autre chose. Un autre secret très dur à porter... Mais celui-là je ne peux pas encore te le dire. Je te fais confiance, mais c'est juste que... Celui-là... Je peux pas... Est-ce que tu peux comprendre ? Tu ne m'en veux pas ? »

Après avoir vidé une partie de son sac, le visage couvert de larmes qui avaient fini par tremper également le corsage de la jeune femme, il n'eut pas le courage de se redresser pour croiser son regard. Il avait honte d'être aussi lamentable. Il se contentait de rester blotti contre elle, attendant une réaction de sa part. Il avait peur. Il craignait son silence. Il comprenait qu'il lui fallait sûrement du temps pour encaisser ce qu'il venait de lui avouer, même si ce n'était rien comparé à son ultime secret. Takeru ne pouvait rien faire à part attendre patiemment que la jeune femme veuille bien lui faire entendre le son si doux de sa voix, en espérant que ce ne serait pas la dernière fois.
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Nakamura Iwako
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MessageSujet: Re: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Mer 20 Juin 2012, 23:59

Que dire ? Et surtout que faire, alors qu’enfin Takeru lui ouvrait son cœur, lui livrant dans le même temps le lourd secret de son passé ? A mesure qu’il parlait, elle le sentait se recroqueviller, puis s’agripper férocement à elle. Elle l’écoutait religieusement, mais déjà les larmes coulaient à n’en plus finir de ses yeux. Ça faisait donc si mal de vivre en étant lui ? Elle n’avait pas vécu son drame, mais elle le ressentait au plus profond de sa chair, et Dieu que c’était dur de se retenir d’exploser en sanglots comme il le faisait.
Mais elle ne pouvait décemment pas se le permettre. Il ne comprendrait pas pourquoi elle se mettait dans un état pareil. Alors machinalement, elle le sera plus fort encore, caressant ses cheveux avec douceur, lui murmurant des encouragements plein de tendresse lorsqu’il prenait son temps pour lui conter le reste de son histoire. Il faisait tomber les murs dressés autour de son cœur en lui confiant tout cela, elle en avait pleinement conscience, et elle partageait ses blessures, bien plus qu’il ne pouvait s’en douter. Pas seulement parce qu’ils étaient jumeaux, mais aussi parce qu’elle avait connu la même terreur lorsqu’elle avait découvert le corps assassiné de sa mère au milieu de son salon puis transporté dans un sac noir de la police.

En y repensant, elle se souvint qu’elle avait omit d’en parler à Takeru. Elle lui avait bien dit que sa mère avait été tuée, mais à bien y réfléchir, elle pouvait tout aussi bien avoir été tuée par un chauffard, ou un détraqué. Elle se gifla intérieurement. Ce n’était pas qu’elle avait voulu être secrète, elle avait simplement passé les détails, et le regrettait à présent.

Enfin, lorsqu’il eut finit, les yeux clos et les larmes sur son visage commençant tout juste à sécher, la jeune femme le serait si fort que ça lui en faisait mal, comme si l’idée de desserrer son étreinte aurait pu le faire glisser à jamais loin d’elle. Le silence qui les entourait était chaleureux, mais surtout reposant. Elle le sentait exténuée entre ses bras. Elle passa une main sur son visage brûlant d’avoir trop pleurer et se fit violence pour se contenir.
Soudain, Takeru mit fin à leur mutisme en lui confiant qu’il y avait encore autre chose. Quelque chose qu’il ne pouvait pas lui dire pour le moment. Mais il avait confiance en elle, là n’était pas la question. Il avait simplement besoin de temps. Se redressant légèrement, elle embrassa sa chevelure dans un geste presque maternel, avant de reprendre sa position initiale.
D’une voix à demi-mesure, elle lui dit tendrement :


- «Bien sûr que je te comprends. Ce secret garde le autant de temps qu’il faudra, je t’attendrai. »

Elle n’arrivait pas à le lâcher. Elle mettait alors tant de force à l’étreindre que le reste de son corps s’épuisait. Elle avait la tête lourde d’avoir encaissé le dramatique passé de Takeru et se mordit la lèvre, une boule dans la gorge en se demandant ce qu’elle pouvait bien ajouter, ce qu’elle pouvait bien faire pour le consoler d’un destin si cruel.

- « Tu sais… Je sais ce que tu ressens Takeru. Je le sais vraiment… Je t’ai dit la dernière fois que ma mère avait été tuée mais je ne t’ai pas expliqué comment... C’était un homme que mon père avait condamné à la prison. Il en voulait tellement à mon père de l’avoir fait emprisonné qu’il a voulu se venger, et a assassiné ma mère. Juste pour… sa vengeance, cet homme a abattu une épouse, et une mère. La suite, tu la connais. Ça nous a détruits, notre famille était complètement cassée. »

Elle fit une courte pause, puis reprit.

- « Je sais bien que ça ne changera pas ta peine, mais… je voulais juste que tu saches que… Tes sentiments je les comprends. J’ai goûté au même type de peine que toi, alors… Je comprends que tu ne veuilles pas tout me dire. Et surtout… Je suis désolée que tu aies dû me dire tout ça dans ces circonstances... »

Elle desserra ses bras. La culpabilité commençait à lui grignoter lentement le cœur.
- «Je devrai te protéger et au lieu de cela je t’ai rappelé à ces souvenirs… Pardonne-moi Takeru »

En prononçant son nom, elle ne put retenir un gémissement commun aux pleurs. Inquiet, le jeune homme qui s’était longtemps accroché à elle se redressa pour la regarder. Elle passa le revers de sa main pour s’empêcher d’émettre le moindre bruit de plus tout en plongeant son regard dans celui de Takeru. Doucement, il ôta sa main et l’embrassa.
Longtemps, très longtemps, ils restèrent allongés sur le sol. Ils se regardaient, s’effleuraient, s’embrassaient du bout des lèvres. Il ne s’agissait plus de cette espèce de sauvagerie indomptable qui les poussaient chaque fois dans le corps de l’autre, c’était bien plus aimant, bien plus tendre.
Soudain le bruit d’une forte vibration vint les faire sursauter.

Se redressant, Takeru tira de sa poche son portable qui vibrait l’heure du début de son rendez-vous avec Iwako. Il était huit heure du soir. Jetant un regard interrogateur à son amante, elle lui offrit un sourire taquin, et lui ôta le téléphone des mains en lui glissant d’une voix suave.


- « Je n’ai plus vraiment envie de sortir »

L’expression de Takeru laissait présageait qu’il partageait son avis. La jeune femme ne put que laisser échapper un sourire, expression bienfaitrice après toutes les larmes qu’ils avaient pu verser. Cette soirée allait sans doute être leur première soirée « normale » en tant que couple. Et elle ne trouvait ça pas si mal que ça. Cependant alors que son amant se relevait, lui tendant sa main, sa levée fut difficile et à peine fut-elle debout qu'elle flanche, tombant aussitôt dans les bras du jeune homme. Il la regardait sans comprendre alors qu’elle serrait les dents. Son foutu genou commençait à lui faire bien plus mal qu’elle ne le pensait.
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MessageSujet: Re: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Ven 22 Juin 2012, 05:24

Il fut soulagé d'entendre que Iwako n'était pas fâchée d'apprendre qu'il avait encore un secret à lui cacher. La jeune femme devait être à des années lumières de se douter de la nature de ce secret d'ailleurs. Mais malgré tout « elle l'attendrait ». Takeru se décida donc à le lui cacher le plus longtemps possible. Tant qu'elle ne le presserait pas, il n'avait aucune raison de le lui dévoiler. Ce secret comportait bien trop d'atrocités pour qu'elle puisse l'accepter avec autant de facilité qu'elle venait d'apprendre le procès injuste de son père. Takeru s'en rendait bien compte et c'était pour cette raison qu'il ne voulait rien lui dire. Tant qu'elle ne saurait pas, elle n'aurait pas envie de le fuir. Mais alors qu'il pensait que le moment des confidences était terminé pour aujourd'hui, Iwako lui apprit quelque chose à son tour. Takeru savait que sa mère avait été tuée mais la jeune femme ne lui avait pas donné de plus amples explications, et lui n'en avait pas demandé, comprenant largement la peine qu'elle pouvait ressentir rien qu'en y repensant. Mais il ne s'attendait pas à « ça ».

Les paroles de sa petite amie le piquèrent au vif. Une phrase bien précise ne cessait de résonner dans sa tête. « Juste pour... sa vengeance, cet homme a abattu une épouse, et une mère. » Il ne put s'empêcher de penser à ses propres actions passées. Lui aussi avait cherché vengeance et lui aussi avait tué des gens. Ces victimes étaient sans aucun doute des maris et des pères eux aussi. Il le savait parfaitement mais il ne s'était pas arrêté à cela. Après tout ce sont ces mêmes personnes qui ont d'abord retiré un mari à sa femme, causant ainsi sa perdition. Ce sont ces mêmes personnes qui ont retiré un père à un jeune homme tout juste adulte qui n'était pas prêt à affronter la vie tout seul. « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l'on te fasse » lui avait souvent répété son père durant son enfance. Ces pourritures avaient l'air de ne pas avoir écouté leur figure paternelle lorsqu'ils étaient jeunes sinon ils se seraient bien gardés de commettre ce crime. Ils lui ont pris son père en premier, alors il n'a fait que rendre la pareil étant donné que la justice elle-même avait été du côté de ces ordures. Il souffrait tellement au plus profond de lui à cause de ces chacals, alors pourquoi lui, innocent, aurait-il dû être le seul à souffrir ? Ça lui paraissait presque « normal » que les familles de ses victimes connaissent au moins la même souffrance qu'il était forcé d'endurer. Si ces personnes avaient étaient droites et bonnes elles n'auraient jamais causé de chagrin à leurs proches. C'était de leur faute à eux si femmes et enfants pleuraient maintenant leur perte. Ils l'avaient mérité. Ce n'était que justice. Lui, ses parents avaient été de bonnes personnes et n'avaient aucunement mérité leur sort. C'était de cette façon que Takeru voyait les choses. Mais on ne pouvait pas dire pour autant qu'il n'avait pas de remords vis à vis de cela non plus. Ils n'étaient pas bien souvent présents, mais il lui arrivait parfois, lorsqu'il regardait en direction de son passé, d'être étreint par ce fort sentiment de culpabilité et s'en voulait même quelques fois. Mais au final, il finissait toujours par se dire que c'était mieux ainsi, que de toutes façons ils l'avaient bien mérité. Il se rendait bien compte que ce n'était « pas bien », que c'était « mal » et égoïste. Mais peut-on réellement l'en blâmer ? Il n'est qu'humain après tout. Il savait qu'Iwako ne pourrait sûrement jamais comprendre son point de vue. C'était une raison de plus pour lui cacher la vérité. Après avoir appris cette information sur son histoire, il se doutait bien que s'il lui révélait son secret, elle ne pourrait voir en lui que le monstre. Le monstre qui aurait retiré des maris et des pères à des personnes aimantes juste « par vengeance ». Non, jamais elle ne pourrait se mettre à sa place, jamais elle ne pourrait le comprendre sur ce sujet. Ils se complétaient en bien des choses et se comprenaient souvent sans même avoir à parler, mais ça... Non ça, elle ne pourrait pas l'accepter. Il en était sûr. Elle était bien trop pure, bien trop droite pour pouvoir comprendre la rage qui animait sa vengeance.

Après un bref silence elle voulut le réconforter en lui disant qu'elle le comprenait parfaitement étant donné qu'ils avaient connu la même peine. Non ce n'était pas vraiment la même. Même si on leur avait arraché injustement une personne plus que précieuse à leurs yeux, ce n'était pas la même peine. Iwako n'était pas comme lui. Elle n'avait pas cherché à venger la mort de sa mère. Alors oui, peut-être qu'ils avaient connu une souffrance plus ou moins similaire mais leurs réactions qui en avaient résulté étaient bien différentes. Mais malgré tout, il devait reconnaître qu'il était heureux de voir avec quelle gentillesse et quelle tendresse elle tentait de le réconforter. Même s'il se sentait coupable de lui cacher la partie la plus sombre de son âme, il se disait que c'était pour le bien de leur couple. Parfois il vaut mieux garder quelques secrets si l'on veut éviter de blesser l'autre, c'est ce qu'il se disait. A sa surprise, elle lui présenta ses excuses pour l'avoir poussé à révéler des souvenirs aussi douloureux. Il se dit que décidément celle femme passait sa vie à s'excuser. Il ne comptait même plus le nombre de fois où elle lui avait demandé pardon, et bien souvent pour des choses que Takeru n'avait pas remarqué. Enfin, disons que pour lui ces choses ne justifiaient pas qu'on lui présente des excuses. Mais il aimait ce trait de caractère chez la jeune femme, ça lui donnait un petit côté mignon et marrant. En tout cas, Takeru ne lui en voulait absolument pas. Au contraire même, maintenant que ces choses avaient été dites il se sentait soulagé, comme si on l'avait délesté d'un poids énorme. Au final, elle avait plutôt bien fait de l'y contraindre. Mais il fut tout à coup interpellé par un léger bruit, comme un hoquet causé par les pleurs. Inquiet, Takeru qui était resté blotti contre elle depuis un bon moment, se redressa vivement. Alors qu'il allait commencé à parler elle posa sa main sur ses lèvres pour l'en empêcher. Il obéit docilement tandis que leurs regards se confondaient. Après quelques secondes il entreprit de retirer ses doigts posés contre sa bouche pour venir l'embrasser. Ils restèrent longtemps allongés sur le sol, emplis de tendresse l'un pour l'autre, à s'embrasser, s'échanger de douces caresses. Takeru appréciait que pour une fois ils ne laissaient pas la sauvagerie de leurs corps prendre le dessus. Ces moments de calme étaient aussi bien agréables et ils pouvaient profiter (presque) tout autant l'un de l'autre.

Cependant, ils furent interrompus par le bruit d'une sonnerie à laquelle Takeru ne s'attendait plus. Il avait calé un réveil pour éviter de partir en retard pour son rendez-vous avec Iwako. Il coupa le bruit perturbateur et lança un regard interrogateur à sa petite amie. Il fut ravi d'apprendre qu'elle non plus n'avait pas envie de sortir. Lorsque le sourire de la jeune femme apparut sur son visage, son cœur manqua un battement. Une expression de bonheur lui faisait le plus grand bien après tant de pleurs. Ils allaient alors passer leur « première » vraie soirée ensemble. Enfin, ce serait la première fois qu'ils ne seraient rien que tous les deux, sans le bruit du restaurant dans lequel ils auraient été dîner ou quoique ce soit d'autre. Takeru se réjouissait de cette perspective. S'étant levé, il tendit la main à Iwako pour l'aider. Mais à peine fut-elle debout qu'elle lui tomba dans les bras. Restant silencieux quelques courtes secondes il finit par lui demander ce qui lui arrivait. Entre deux gémissements de douleur, elle arriva à lui faire comprendre que c'était son genou qui la faisait atrocement souffrir. Takeru se rappela alors des bleus qu'il avait plus tôt sur sa jambe, des bleus auxquels il n'avait pas réellement prêté attention jusqu'à maintenant. Très inquiet, il la prit délicatement dans ses bras pour ensuite l'allonger dans le canapé. Agenouillé à côté d'elle, paniqué, il ne remarqua pas la douleur qu'il ressentait à son tour dans son genou, contentant de se dire dans un coin de sa tête que cela devait être dû à un engourdissement. Mais la douleur de la jeune femme était bien réelle. C'était la première fois qu'il était témoin de sa maladie. Jusqu'à maintenant elle n'avait jamais eu de « crise » en sa présence. Alors qu'il se saisit de son téléphone pour appeler une ambulance, elle le retint et le supplia de ne pas l'emmener là-bas, elle voulait rester avec lui. Ne sachant pas trop quoi faire, il partit alors dans sa salle de bains après avoir déposé un doux baiser sur son front qui se voulait rassurant afin d'aller fouiller dans son armoire à pharmacie. Il y trouva des cachets de morphine qu'il gardait en cas d'urgence. Puis il passa par la cuisine avant de revenir enfin au chevet de sa petite amie. Il déposa un sachet rempli de glaçons sur son genou endolori et lui fit prendre l'un des cachets. Puis il s'agenouilla de nouveau à côté d'elle, lui tenant fermement la main. Ne pouvant rien faire de plus, il attendit...

Après une bonne vingtaine de minutes le traitement sembla faire effet. Iwako put se redresser, lui assurant que la douleur était maintenant beaucoup moins gênante. Rassuré il l'aida à s'installer plus confortablement dans le canapé. L'heure commençant à se faire tard, les deux tourtereaux furent trahis par le grondement de leur estomac. Takeru se proposa alors de lui faire à dîner mais il revint tout penaud de la cuisine pour lui apprendre qu'il avait complètement oublié d'aller faire les courses. Cela fit rire Iwako qui se moquait de lui tandis qu'il lui rétorquait que de toute façon à la base il n'était pas prévu qu'elle vienne ici et que ce n'était donc pas de sa faute. Se rendant compte qu'ils se chamaillent comme des enfants, ils explosèrent simultanément de rire et convinrent d'un commun accord de se faire livrer de quoi dîner. Après s'être rassasiés, ils s'étaient calés dans le canapé devant un vieux film qui passait ce soir-là à la télévision. Iwako, allongée entre les jambes de son amant, la tête posée contre son torse avait l'air d'apprécier le classique tandis que Takeru ne pouvait détacher son regard du visage de la jeune femme. Il se rappela alors des mots qu'elle lui avait dit un peu plus tôt dans l'après-midi. Ces fameux mots qu'il avait pensé de ne plus jamais entendre pour lui. Pris d'un élan de tendresse, il détourna du bout de ses doigts le visage de son amante pour qu'elle abandonne l'écran en sa faveur. Il lui offrit alors un doux et long baiser. Maintenant qu'il était sûr d'avoir toute son attention, il lui lançait un regard amoureux et interrogateur à la fois. Il aurait bien eu envie de lui montrer plus amplement la tendresse dont il était capable mais il se demandait si Iwako partageait son avis. La journée avait été riche en émotions et son genou devait sûrement encore la faire souffrir un peu. Il comprendrait parfaitement qu'elle puisse refuser et n'en serait pas vexé. La questionnant du regard il attendait impatiemment une réponse de sa part.
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MessageSujet: Re: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Mar 26 Juin 2012, 00:13

Grâce aux bons soins de Takeru, Iwako soupira d’aise : leur première soirée en amoureux ne serait pas gâchée par sa propre fragilité. Les sourcils froncés elle imagina les injections de calcium et la morphine qu’elle aurait dû marchander s’il n’avait pas été là pour elle, une horreur pour la jeune femme. Tout s’enchaîna très vite, la moue de Takeru avouant que manquant de tout il ne pouvait faire la cuisine, leurs cajoleries en attendant la venue du livreur, et plus tard, la dégustation d’un repas « vite fait » devant un film qu’ils regardaient blottis l’un contre l’autre.
Iwako se demandait si son amant avait déjà connu une telle situation, car pour elle, aussi étonnant cela soit-il, c’était la première fois. Elle se sentait totalement absorbée par ce bien-être nouveau et tellement inhabituel. Le classique diffusé à la télé ce soir-là était l’une de ces comédies romantiques qu’elle avait déjà vues et revues, mais elle s’en fichait pas mal. Elle était bien ainsi.
Mais Takeru ne semblait pas accrocher à son intérêt, bien trop préoccupé par la propre présence de sa jumelle à ses côtés. Après lui avoir détourné le menton et offert un tendre baiser, il l’interrogea du regard afin de savoir s’il pouvait continuer ainsi malgré sa « blessure » dont elle ne sentait plus les affres.

Le rassurant d’un seul sourire, elle l’invita à reprendre ses lèvres, et c’est avec une passion toujours plus dévorante qu’ils délaissèrent libre court à leur désir sans même prendre le temps de rejoindre un endroit plus propice à leurs ébats. Bien qu’elle connaisse l’existence de leur lien, Iwako s’étonnait toujours un peu plus de la fougue de Takeru, des sensations qui la transperçaient, et surtout, de leur parfaite synchronisation dans tout ce qu’ils faisaient. C’était tellement fort que ça en dépassait l’entendement, et pourtant, ce qu’ils vivaient était bien réel.
Epuisée, la jeune femme somnola dans les bras nus de son amant essoufflé alors que dans la pièce, la clarté de l’écran qui n’avait pas été coupé en même temps que le son de la télévision diffusait une douce clarté. La pénombre, la chaleur du corps de Takeru encore en elle la berçait divinement, et ce dernier du jouer des pieds et des mains afin de la sortir de sa torpeur. Il lui proposait d’aller dormir dans la chambre, rien à faire, elle n’était pas apte à bouger. Dans un élan impulsif, il la souleva alors dans ses bras, lui laissant tout juste le temps d’agripper sa nuque, et déjà Takeru la conduisait jusqu’à la pièce qui abritait ses nuits. L’endroit était à l’image du salon : moderne, de couleurs sobres et sombres, sans aucune autre décoration que les quelques meubles qui trônaient. Seul le grand miroir faisant office de tête de lit dotait l’endroit d’un peu de personnalité, et Iwako ne put que laisser choir un sourire discret en s’imaginant à quel usage son jumeau avait installé pareil élément.
Elle ne fit aucune remarque pourtant, se contentant de laisser Takeru la poser sur le matelas, mais très vite, la présence de la glace derrière elle la renvoya à sa nudité. Recroquevillant ses jambes et croisant ses bras sous sa poitrine, elle n’eut besoin de rien dire que déjà, d’un ton très tendre, Takeru la prévenait qu’il retournait au salon chercher ses affaires.
A peine fut-il partit qu’elle fit le tour de la pièce de son regard, trouvant au passage, posé nonchalamment sur la commode en face, une chemise noire. Sous cette dernière se trouvait quelques autres vêtements parmi lesquels elle reconnut ceux que Takeru arborait lors de leurs sorties du soir. Elle ne put retenir un sourire : lui pourtant si ordonné restait tout de même assez paniqué par son apparence pour défaire sa garde-robe au moindre rencard. Tendant le bras, elle attrapa le vêtement et se leva pour le passer.

Takeru revint assez tôt pour la voir vêtue de sa chemise dont elle humait le col avec adoration. La danse reprit alors de plus bel. Iwako se sentait un peu honteuse d’être si peu insatiable lorsqu’il s’agissait de Takeru, mais il lui était impossible de lutter.
C’est ainsi que se passa leur première nuit. Elle dormit mieux qu’elle ne l’avait jamais fait ce soir-là, sans douleur, sans aucune crainte, ni appréhension. Le Joker, l’île, les secrets. Elle passa une nuit sans rêves, et surtout sans cauchemars. De ce fait, lorsque les premiers rayons du soleil vinrent caresser doucement son visage, elle ouvrit lentement les yeux sans vraiment savoir où elle se trouvait, avant de réaliser petit à petit son bonheur. Elle jeta un regard à la silhouette endormie de Takeru qui la maintenait contre lui, en profitant pour caresser le tatouage qui se profilait sur son torse.

Le plus naturellement du monde, il ouvrit à son tour les yeux, tandis que la jeune femme lui murmurait avec malice et tendresse.

- « Bonjour monsieur Fujiwara »
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MessageSujet: Re: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Lun 02 Juil 2012, 18:28

Takeru n'aurait pas imaginé en se levant ce matin-là que sa journée se terminerait ainsi, mais cela ne lui déplaisait absolument pas, bien au contraire. Ce fut le cœur léger qu'il put trouver confortablement le sommeil tout en serrant la jeune femme dans ses bras. Le lendemain matin il fut réveillé par de tendres caresses accompagné d'un « Bonjour monsieur Fujiwara » des plus agréables... sauf que Takeru n'était pas du tout du matin. Et Iwako n'allait pas tarder à le decouvrir. Il haïssait ce soleil beaucoup trop lumineux à son goût qui lui brûlait les yeux. Au son de la voix de sa petite amie il entrouvrit légèrement les yeux pour voir son visage afin de s'assurer qu'elle était bien là et qu'il n'avait pas rêvé la soirée de la veille. Il fut heureux de constater que tout ces souvenirs étaient bien réels et lui adressa un sourire furtif avant de vite lui tourner le dos et d'enfouir sa tête dans l'oreiller. Non décidément il ne pouvait vraiment pas supporter ces rayons éblouissants du matin. C'est alors que Iwako, bien décidée à l'embêter, commença à le secouer gentiment en lui intimant de se réveiller. Takeru préféra faire comme s'il n'avait rien remarqué, même si cette option était plus qu'impossible même pour le sommeil le plus lourd du monde. Mais le jeune femme était résolue à ne pas laisser son homme faire la grasse matinée aussi facilement et s'assit à califourchon sur lui tandis qu'elle essayait de s'emparer du dit oreiller. De son côté Takeru s'agrippait de toutes ses forces à son précieux bien. Il était hors de question de la laisser gagner à ce petit jeu. Sur le coup il eut envie de la bousculer d'un coup de hanche pour l'obliger à lui rendre sa liberté mais il repensa à sa maladie et ne pouvait décemment pas prendre le risque de la faire tomber à terre et de la blesser.

L'esprit encore embrumé par le sommeil tout juste disparu il ne trouva aucune autre solution possible. Devant une telle détermination il devait avouer qu'il n'avait pas la force de lutter, surtout pas au lever du lit comme ça. Il lâcha l'emprise qu'il avait sur son oreiller sans prévenir en ronchonnant. Iwako qui tirait dessus encore de toutes ses petites forces fut surprise par l'abandon soudain qu'elle n'avait pas vu venir et tomba en arrière sur le lit alors que le pauvre coussin atterri sur le sol. Alerté, Takeru se redressa rapidement et fut soulagé de constater qu'il y avait plus de peur que de mal. Il n'avait pas imaginé qu'elle puisse être entraînée par sa propre force lorsqu'il lâcherait prise. Bon c'était un peu de sa faute aussi, il aurait dû prévenir qu'il se rendait. Mais Iwako, fière d'avoir enfin l'attention de son petit ami, vint s'asseoir à califourchon sur le jeune homme, passant les bras autour de son cou. Alors qu'elle lui souriait de bon cœur, lui se contentait de la regarder avec ses yeux à moitié ouvert et une moue légèrement boudeuse. Il n'était pas vraiment ravi d'avoir perdu aussi vite face à sa petite amie. Histoire de le motiver un peu, elle lui proposa alors de jouer à un jeu. Un jeu ? Mais comment pouvait-elle être aussi en forme dès le matin ? Lui avait juste envie de récupérer son oreiller et de se laisser retomber de sommeil dans le lit. Il se demandait bien à quel genre de jeu elle pouvait avoir envie de jouer de si bon matin. Peut-être un jeu sexuel..., pensa-t-il en premier lieu. N'était-elle pas rassasiée sur ce point avec la soirée d'hier ? Pour une fois Takeru n'était même pas intéressé par ce genre de jeu. Non, vraiment la seule chose qu'il voulait c'était dormir. Mais c'était sans compter sur la détermination sans faille de sa partenaire. Il fut donc légèrement contraint d'y participer. Lorsqu'il lui demanda de lui expliquer de quel jeu elle parlait, Iwako répondit d'un ton plus qu'enjoué : « Un action vérité ! » Elle lui expliqua qu'elle avait envie de connaître les petits détails de sa vie qu'elle ne connaissait pas encore. Elle insista sur « petits détails » sûrement pour le rassurer quant au fait qu'elle ne lui demanderait rien à propos de ce fameux dernier secret qu'il lui cachait encore. Bah, après tout ce jeu ne demandait pas beaucoup d'efforts, il commença même à être intrigué. Il accepta à une condition...

« Ok. Mais c'est toi qui commences. »
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MessageSujet: Re: Dans ton jardin secret... [PV Takeru & Iwako]   Dim 22 Juil 2012, 21:31

Victoire enfin ! Trop heureuse d’avoir vaincue les barrières de son loir de petit ami, Iwako laissa trainer sur plus beau sourire sur ses lèvres. En vue de sa première réaction, elle s’était attendue à un échec sur toute la ligne et s’imaginait déjà devant attendre de longues minutes, peut-être même des heures avant de pouvoir à nouveau profiter de sa présence.
Par chance, malgré son humeur maussade, la résistance de Takeru semblait aussi amoindrie que son énergie, et il avait fini par capituler devant son insistance. Une seconde elle espéra qu’il ne se lasserait pas de ce côté « chiant » que la plupart des hommes fuyait comme la peste, mais bien vite, la voix de Takeru lui imposant de commencer la tira de cette idée.

Enjoué, elle posa alors la fameuse question :


- «Action, ou vérité ? »

A l’intérieur, elle bouillonnait d’envie de l’entendre dire le petit mot « vérité » car déjà son esprit bourdonnait de mille et une questions qu’elle aurait souhaité lui poser. Évidemment, la plupart de ces questions ne trouveraient pas de réponses ce matin car elle n’aurait jamais l’audace de les lui poser. Etant une femme, elle se demandait évidemment combien de partenaires Takeru avait-il pu avoir au juste, ou encore, pourquoi prenait-il tant de plaisir à ce comportement volage ? Pourrait-il s’en passer une fois passer la période de découverte entre eux ? Elle ne l’admettrait jamais mais dans le fond elle était possessive. Étrangement, avant lui ça ne lui était jamais arrivé, et ses rares petits amis du passé lui avait souvent fait l’éloge de son calme et de sa confiance. Pourtant, bien qu’elle ne manque pas de confiance en lui, Iwako manquait cruellement de confiance en elle-même. Elle n’avait pas son expérience, ni sa fièvre. Comment savoir si elle était autant à la hauteur ?
Et après ? S’ils venaient à passer plusieurs années ensemble que deviendraient-ils ? Takeru voulait-il s’installer et fonder une famille malgré les méandres de son passé douloureux ? Elle, serait-elle en mesure de lui offrir ce qu’il voulait ?
Oui, au fond, elle avait vraiment en tête des amas monstrueux de questions le concernant, et surtout, les concernant, mais elle n’en dirait rien.
Elle s’interrogeait constamment sur le futur, sur la probabilité qu’on avait à pouvoir devenir heureux sur cette île, mais elle n’en dirait rien.
Iwako était faite de bon sens, il n’était pas question de plomber l’ambiance dès le matin, et surtout pas après le mal qu’elle avait eu à tirer Takeru des bras de Morphée. Elle réfléchit alors.

Des questions. Il y en avait tant, elles étaient indénombrables. Ses questions, quand bien même elle en soulèverait la réponse que d’autres surgiraient, elle en était certaine. Alors par où commencer ?
Que choisir qui ne soit ni futile ni dérangeant ? Le problème se posa davantage lorsque d’une voix bougonne et ensommeillée Takeru lui maugréa « vérité ».
Évidemment, choisir action l’aurait obligé à se tirer des draps douillets de son lit, il fallait s’y attendre.

Le sourire d’Iwako disparut. Elle cherchait encore, et à toute vitesse.
Enfin, passant ses jambes sous la couette, mêlant ces dernières à celles de Takeru, elle lui posa la question féminine par excellence :


- « Qu’est-ce que j’ai de plus que les autres filles que tu fréquentes juste un soir ? »

Tout en l’interrogeant, elle avait laissé sa tête penchée sur le côté tandis qu’elle s’appuyait sur ses coudes pour embêter Takeru de ses jambes. Malgré cet acte, cette position enfantine, et sa question un peu puérile, à cet instant son expression paraissait plus sérieuse et adulte que jamais, obligeant Takeru à se redresser vers elle devant l’intrigue que faisait naître ce regard perdu dans le vague…


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