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 Colère, amour. [ Murasaki Akihiro. ]

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Kurokawa Hiroyuki
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MessageSujet: Colère, amour. [ Murasaki Akihiro. ]   Mer 21 Nov 2012, 22:01

Sans même s'en rendre compte, Hiroyuki se souvenait quand même que cela faisait un peu plus d'un mois qu'il n'avait pas vu Aki. Le jour suivant leur rencontre, il avait repris sa vie banale et sans intérêt, faisant comme si, d'un certain côté, il ne l'avait jamais rencontré. Pourtant, il savait parfaitement que c'était faux, car désormais, les émotions de son souseiji l'habitaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais il n'avait pas osé aller le voir, et le Blond, de son côté, ne s'était pas manifesté, ce qui était tout à fait compréhensible. Il en était mieux ainsi.
Mais Aki lui manquait terriblement, bien qu'ils soient proches l'un de l'autre. Des fois, il le sentait, que celui-ci n'était pas très loin de lui. Il aurait très bien pu laisser tomber ce qu'il faisait, et aller le voir, mais il ne l'avait pas fait. Au fond, c'était comme s'il avait décidé tout seul d'aller un peu mieux, réellement, avant d'aller le voir, et de lui demander un peu d'aide. Donc, il ne bougeait pas, continuait à vivre calmement, bien qu'il sentait que sans Aki, tout était vide autour de lui.

Le pire, malheureusement pour lui, c'était que ses crises avaient recommencé à refaire surface, à cause du fait qu'il ait du parler de son passé. Il était donc assez fatigué, et passait plus de temps sur la plage, regardant l'horizon, en pensant à son père, et se posant mille questions. Il continuait malgré tout à prendre soin de lui, et à essayer de passer du bon temps.
D'ailleurs, il avait acheté une guitare accoustique, et de temps en temps, il allait au parc y jouer quelques morceaux. Quand il jouait, il partait sur son nuage, qui flottait dans les airs, et oubliait tout ce qui l'entourait. Il rejouait quelques belles ballades qu'il avait composé lui-même au lycée, se rappelant qu'à la base, il les avait faites pour de pauvres petites gamines immatures. Il en frémissait rien qu'en y repensant, et chassait vite ses mauvais souvenirs de sa tête.
Cela lui avait rappelé les paroles de son souseiji, qui lui avait dit de suivre son rêve. Mais comment réaliser un rêve si à l'intérieur de soi-même, rien n'était bien rangé ?

Alors, sa guitare continua juste être un passe-temps, et il resta le bon bibliothécaire qu'il était. Il n'allait pas mieux, il se sentait seul, et il avait beau sortir s'amuser quelques fois, il ne parvenait pas à finir par tomber dans les bras de quelqu'un. Il rentrait donc seul, clope au bec, sa main libre dans sa poche, arpentant les rues, à la recherche d'une simple réponse, à la question qu'était sa vie. Il n'avançait pas, et c'était triste à dire, mais dans ces cas-là, il ne reverrait pas encore le Blond.
Pourtant, il avait besoin de le revoir, juste de le revoir. Le reste, peu lui importait. Il voulait just revoir son visage quelques minutes, et après, s'il l'énervait tant que ça, il s'en irait à nouveau. Il serait même capable de le laisser tranquille. Mais il fallait faire le premier pas, oser aller le voir chez lui... Ce qui était beaucoup trop dur.

Au fond, peut-être était-il sincèrement tombé amoureux de lui. Quelle plaie.

À peine quelques jours après qu'ils s'étaient quittés, il avait décidé de passer chez le perceur, et il s'était finalement percé le nombril. Il s'en était bien occupé, et ça avait bien cicatricé au fil des jours. Il s'était fier de lui, et avait pu finir par en mettre un plus joli.
Ce soir-là, où il ll'avait changé, il décida de sortir s'amuser, et pour l'occasion, il s'était forcément fait très beau. Il s'était lâché : Il avait bu, et il était passé de bras en bras, riant, et parlant de tout et de rien, avec des inconnus. Puis, le dernier le garda très longtemps contre lui, et étrangement, dans ses faits et gestes, il l'attira. Alors, il ne tarda pas à se laisser entraîner chez lui, et durant le reste de la nuit, il profita de ce beau jeune homme qu'on lui avait servi sur un plat d'argent. Il avait fait une grosse erreur en couchant avec cette personne, il le savait, mais il ne regrettait pas.

Puis, les journées défilèrent encore, et malgré la colère qu'il avait pu ressentir chez Aki, il prit son courage à deux mains, et alla le voir. Il avait peur, et ne savait pas s'il devait s'attendre à ce que ça se passe bien, ou tout le contraire. Le Blond était si impulsif... Il n'allait pas mieux, lui, mais il avait sincèrement besoin de le voir, alors peu importait ce qui allait arriver.
Il était venu habillé tout simplement, mais sa chemise laissait quand même bien apparaître son piercing au nombril. Il l'avouait, il avait quand même fait en sorte que ce soit le cas, peut-être pour faire plaisir à son souseiji, ou tout simplement parce qu'il était content de se l'être enfin fait.
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Murasaki Akihiro
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MessageSujet: Re: Colère, amour. [ Murasaki Akihiro. ]   Sam 24 Nov 2012, 21:04

Ce fut quelques coups à la porte qui tirèrent Aki de ses songes. Il se demandait de qui il pouvait bien s’agir, mais il eut comme un étrange pressentiment… qui se révéla correct lorsqu’il ouvrit la porte, tombant nez-à-nez avec celui qu’il savait désormais être son sôseiji.

Il demeura un long moment silencieux, appuyé contre l’encadrement de la porte, fixant son visiteur. Alors ça y était ? Il revenait finalement le voir ? Avait-il quelque chose à lui demander ou bien n’était-ce seulement qu’une envie ? Quoi qu’il en soit, le blondinet ne comptait certainement pas l’accueillir à bras ouverts après le mois qu’ils venaient de passer sans se voir. Car sans bien même se voir, ce lien qui existait entre eux lui avait ressentir diverses choses au cours de ces derniers jours et il e n va sans dire que cela n’avait pas toujours été pour lui plaire.

Un soupir s’évada d’entre ses lèvres tandis qu’il regardait encore avec insistance le garçon sur le seuil de sa porte. Il n’avait pas changé et il était toujours aussi beau… pas changé, ou presque. Il voyait grâce à la transparence de son tee-shirt, un piercing accroché à son nombril. C’était joli, joli et très plaisant, mais quelque chose gênait Aki. Ce piercing… Il n’avait pas été celui qui l’avait découvert et touché en premier. Il ignorait si cela se définissait comme de la jalousie ou non ; au fond, ne dit-on pas n’être jaloux que de ce que l’on aime ?... L’aimait-il ?... Non, ce n’était pas (encore ?) le cas ; mais le comportement d’Hiro lui avait grandement déplu. Il avait compris tout seul qu’Hiro avait été voir ailleurs, il l’avait ressenti et en y pensant à nouveau de la colère s’installa d’une façon plutôt soudaine en lui.

Et lui, qu’avait-il fait durant ce mois entier qui venait de s’écouler ? Il avait continué de vivre aussi. Après tout, se devaient-ils réellement quelque chose ? Est-ce qu’ils avaient vraiment des obligations et des comptes à se rendre ? Ce lien qui les unissait… devait-il les unir jusqu’au bout ? Aki en possédait tant d’autres de questions sans réponses… qu’il avait consciemment fait le choix de ne pas trop se charger les esprits avec tout ça. Il avait poursuivi ses petits boulots en intérim la journée, sortant le soir avec quelques « amis », se battant trois ou quatre fois entre temps histoire de ne pas trop perdre la main, mais bizarrement, lui n’avait pas couché avec une autre personne depuis la fois où il l’avait fait avec le brun. C’était comme si on le retenait et qu’une sorte de respect s’était instaurée ne lui, respect apparemment non réciproque.

Il en venait à se demander sur quel imbécile il était tombé. Il n’avait pas eu suffisamment d’ennuis dans sa vie qu’on lui en refilait d’autres. Après tout, s’il avait été lié à un gentil garçon, sage, ou tout du moins sans un passé aussi tourmenté et un mental aussi faible, cela n’aurait forcément pas été amusant, n’est-ce pas ? A croire qu’à peine avait-il trouvé un certain équilibre dans sa vie qu’on lui bousculait de nouveau. Comme si on s’acharnait sur lui, mais voilà un moment où il craquait, où il en avait marre de tout. Et Hiro n’allait certainement pas passer au travers de tout cet énervement.

Aki bougea sans prévenir, lui attrapant avec force le bras pour l’entraîner sans ménagement à l’intérieur, claquant la porte derrière lui. Il poussa son sôseiji sur son lit, l’y jetant presque car même malgré sa petite taille, il en avait dans les bras (et surtout dans la tête).

Le blondinet le retourna sur le ventre, s’asseyant à califourchon sur lui, attrapant d’une poignée ferme sa chevelure en désordre.

« Putain, mais c’est quoi ton problème ? lui cracha-t-il, t’as dit que t’étais pas un homme la dernière fois, tu te souviens ? continua-t-il en lui bloquant les mains, et tu veux savoir c’que t’es Hiro ? T’es qu’une putain. »

Et les putains j’aime pas ça, j’aime pas, mais je sais comment les traiter, poursuivit-il en son for intérieur.

La question n’était pas de s’en aller voir ailleurs, collectionnant les aventures d’un soir tel qu’Aki avait lui-même très bien pu le faire, la question était de le faire sans s’imaginer les conséquences que cela pouvait avoir sur la personne à laquelle on était lié. Car encore, si Aki n’avait été que le coup d’un soir pour Hiro, ce premier n’aurait rien dit et aurait lui aussi été trouver un autre jeune homme avec lequel passer une nouvelle nuit. Mais ce n’était absolument pas le cas et le brun semblait avoir trop d’inconscience en lui pour ne pas se rendre compte de tout cela. Aki ne cautionnait pas ce qu’il avait fait, surtout en ayant ressenti le plaisir malsain qu’avait eu le bibliothécaire en couchant avec un autre.

La colère qui grondait en lui le fit agir de nouveau, arrachant quasiment le bas de son vis-à-vis pour défaire le sien et le pénétrer sans prévenir et sans se retenir, au contraire. Ses coups de rein étaient puissants et rapides bien qu’irréguliers car totalement menés par une colère qui le rendait fou. Il n’y avait plus que cela en lui, le dominant, l’aveuglant. Il n’en pouvait plus de cette histoire et de cet empoté de « jumeau » bon qu’à geindre sans cesse et à se perdre dans les bras du premier venu.

Aki ne contrôlait plus réellement ses mouvements, cognant contre la prostate de son partenaire toujours avec plus de conviction, ne sachant pas s’il lui faisait mal ou non, mais il espérait cela. Peut-être pas lui faire très mal, mais suffisamment pour qu’il comprenne. Ce serait un mal pour un bien, et Aki s’en sentait déjà presque soulagé.

En se retirant de la même douceur qu’il était entré en lui, il saisit Hiro pour le pousser par terre. Il s’agenouilla ensuite devant lui et releva son menton pour le fixer dans les yeux. Qu'allait-il lui dire ? Que pouvait-il bien lui dire ? Sa colère semblait s'être calmée, pas totalement, elle était toujours là, en lui, mais moins présente. Il n'avait rien à lui dire, absolument rien alors il lui repoussa le visage pour se redresser ensuite et se diriger dans sa cuisine pour se servir un verre d'eau à boire. Il n'avait aucun remord de ce qu'il venait de faire et il s'en moquait bien de savoir si le brun pleurait ou non, se sentait mal ou non ou peut-être même bien heureux.

Un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres. Il posa son verre vide sur la table, attrapant une pomme. Il revint dans sa chambre, une main dans sa poche et l'autre tendant le fruit devant lui.

« Mange ça. »

Ce n'était pas une question, c'était un ordre. Cela lui ferait du bien.
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MessageSujet: Re: Colère, amour. [ Murasaki Akihiro. ]   Sam 24 Nov 2012, 22:52

Lorsque la porte s'ouvrit, il ne sut soudainement s'il devait sourire ou non, et ce fut, au final, en voyant l'état de son souseiji qu'il décida que ce ne serait pas nécessaire. Il détourna le regard, mal à l'aise, et n'osa même pas murmurer une petite salutation. Il n'aurait pas du venir le voir, il le savait, mais tôt ou tard, ils se seraient vus, et auraient du faire face à cette confrontation. Mais là, tout de suite, étaient-ils prêts tous les deux ? Sûrement pas.
Il avait fait une erreur, une erreur qu'il ne pourrait jamais réparer. ... Attendez... Pourquoi se prenait-il encore la tête à propos de ce problème-là ? Qu'avait-il fait de mal ? Ce n'était pas s'il sortait avec Aki, alors il ne voyait pas ce qui pouvait le déranger, si ce n'était le fait qu'il avait ressenti toutes ses émotions. Mais ça, c'était uniquement la faute de ce lien. Ce fichu lien qui les entrave...
Pourtant, il n'était pas très fier d'être aller voir ailleurs, et au fond, il l'avait bien ressenti. Ce soir-là, dans les bras de cet homme, ça avait été complètement différent qu'avec le Blond. ça n'avait pas été aussi intense, et il avait simulé pendant un très long moment. Pathétique... Oh que oui, il était pathétique. Mais, il avait tenu en place après, et le voilà désormais face à cet homme pour qui il commençait à avoir de sérieux sentiments qu'il ne pouvait nier.

Aki soupira, et la colère l'envahit. Lui, il déglutit, et passa une main dans ses cheveux. Il devait dire quelque chose, et cassait ce silence oppressant. Mais il sentait que s'il essayait de parler, aucun mot ne sortirait de sa bouche. C'était effrayant... Il aurait très bien pu faire demi-tour, mais il restait là, comme un idiot, prêt à se faire punir.
Quelle genre de punition allait lui donner son souseiji ? Allait-il juste lui crier dessus ou... Son visage pâlit, et il sentit son coeur s'accélérait. Il devait se calmer, pour être prêt à affronter les choses. N'avait-il pas pensé à devenir plus fort ? Alors, c'était le moment ou jamais. Il savait qu'au fond, il serait capable de devenir plus fort, mais sans l'aide de personne, il n'irait pas bien loin.
C'était d'ailleurs pour cela qu'il était ici, pour demander par des gestes au Blond de l'aider. Peut-être n'accepterait-il pas... Ce serait sûrement le cas. Après tout, ce petit homme avait l'air d'avoir peu à peu remonter la pente tout seul, comme un grand. Pourquoi pas lui ? Qu'est-ce qui clochait avec lui ? Pourquoi n'arrivait-il pas à faire ne serait-ce qu'à faire un pas en avant ? Un tout petit même le rendrait heureux.

Il reporta son regard sur Aki en se demandant soudainement si celui-ci n'était tout simplement pas jaloux. Puis, il se mit à rire intérieurement. Pourquoi serait-il jaloux ? Cela voudrait dire qu'il serait tombé amoureux de lui, et ça, jamais Hiroyuki ne pourrait le croire. Jamais il ne pourrait croire que ses sentiments étaient réciproques. Il avait déjà du mal à accepter les siens... Ce devait être autre chose. Mais quoi ?

Sans s'y attendre, Aki l'attrapa soudainement par le bras, et l'entraîna de force jusque dans sa chambre. ça n'annonçait rien de bon cette réaction... Et forcément, rapidement, il se retrouva rapidement sur le ventre, avec son souseiji assis à califourchon sur lui. Son coeur se mit à battre plus vite, mais tétanisé, il ne bougea pas d'un pouce. Pourtant, il aurait du essayer de se débattre, mais à quoi cela aurait-il servi ? Visiblement, le Blond était bien plus fort que lui, alors il n'aurait rien pu faire. Mais, à bien y repenser, il n'en savait rien.
Son vis-à-vis attrapa sans ménagement ses cheveux, et en gémissant de douleur, il écouta attentivement les quelques mots qui lui cracha à la figure. Une prostitué, hein... On l'avait déjà traité de cette manière, et il se souvint que c'était une personne importante pour lui, qui avait osé lui dire de tels mots. Qui déjà ?
Il n'était pas très d'accord de cette définition, mais était-ce nécessaire d'essayer de faire entendre raison un homme, qui était sur le point de vous violer ? Non, car cela ne l'empêcherait pas de faire ce qu'il était sur le point de faire. Donc, il garda la bouche fermée, et ferma les yeux en déglutissant.

En ce bas-monde, combien de personnes se faisaient-elles violer par jour ? Il se le demandait fortement, et ne pensait pas qu'un jour, il ferait parti du lot. Il pensait encore moins que ce serait cette personne liée à lui qui s'en chargerait, n'ayant pas supporter le fait qu'il ait couché avec un autre. ça faisait mal, et bien évidemment, il ne put se retenir de crier de douleur, mais aucune larme ne coula le long de ses joues. Peut-être avait-il trop pleuré auparavant... Ce qui lui fit le plus mal, en tout cas, ce fut plutôt le fait que le Blond pense qu'il n'était qu'une prostitué, et qu'il ait osé aller jusqu'à le violer. Il s'était plutôt attendu à recevoir des coups, lui, ce qui aurait été plus gentil.

Combien de temps cela avait-il durer ? Pour lui, des heures, pour son vis-à-vis, sûrement des minutes. Ce dernier ne tarda pas à le jeter sur le sol, avant de revenir près de lui, et d'attraper son menton. Il se prépara à recevoir encore en plein dans la figure d'autres mots durs, mais le Blond se contenta juste de le regarder, puis de le lâcher et de le laisser.
Il le regarda partir, et fixa un point imaginaire devant lui. Le vide s'installa brusquement en lui, alors il voulut se recroqueviller sur lui-même, ce qui fut beaucoup trop dur. Alors, il resta comme il était, et pourtant, son envie de se rhabiller rapidement et de s'en aller lui cognait sans cesse la tête depuis que tout était fini.
Quant à pleurer... Il l'aurait bien fait, mais aucune larme ne daigna couler sur ses joues. Décidément, il avait épuisé son stock la dernière fois ! Mais d'un autre côté, ce n'était pas plus mal. Il n'aimait pas pleurer, il trouvait que ça faisait encore plus mal, puisque ça permettait juste aux gens de s’apitoyer encore plus sur leur sort.

Le Blond revint près de lui, et lui tendit une pomme qu'il lui ordonna de manger. Il la regarda longtemps cette pomme, la trouvant juste laide et bonne à jeter. Cinq minutes défilèrent, il se leva, et avant toutes choses, il partit se rhabiller. Il le fit avec beaucoup de difficultés, mais peu importe les douleurs qu'il pouvait avoir, elles n'étaient pas aussi profondes que celle à son coeur.
Il revint vers son souseiji, et attrapa la dite pomme. Il la tourna en rond dans sa main, et regarda ce qu'il faisait avec grand intérêt. Comment cet homme osait-il lui offrir à manger après ce qu'il venait de lui faire ? Alors le coup partit tout seul. Il gifla violemment Aki, et les sourcils froncés, très énervé, il soutint son regard pendant un long moment.

« Je... Je... Je ne suis pas une putain ! Et puis... C'est déjà mieux que de se prendre plein de coups plein la figure. »

Cette dernière phrase, il la murmura si bas qu'il se demanda si Aki l'entendrait. Il l'avait surtout dit sur un coup de tête, plus pour lui-même que pour ce dernier. Lui, il avait juste couché une fois avec un homme, mais combien de fois son souseiji s'était-il retrouvé impliqué dans des bagarres ? Il avait mis sa vie en jeu, et même s'il avait pu ressentir qu'il s'en était bien sorti, il s'était quand même fait du mal. Combien de fois avait-il pu s’inquiéter pour lui ? Beaucoup trop de fois...

Il fit rapidement demi-tour pour pouvoir s'en aller précipitamment, et éviter de nouveau la couleur du Blond, mais il se souvint soudainement qui l'avait traité de prostitué. ... C'était son père. Lorsqu'il vivait encore chez lui, et qu'il rentrait tard, des fois, encore saoul, son père avait osé le traiter de cette manière, comme s'il savait parfaitement avec qui, et où, il traînait.
Alors, à cause de ce mauvais souvenir, il lâcha brusquement la pomme qu'il avait entre ses mains, et commença à suffoquer. Son coeur se mit à battre bien trop rapidement, et la situation, qu'il contrôlait à l'instant, lui échappa. Il posa sa main sur son torse, au niveau de son coeur, et agrippa la poignet de la porte en essayant de se calmer, en vain.
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MessageSujet: Re: Colère, amour. [ Murasaki Akihiro. ]   Lun 10 Déc 2012, 21:07

Ce qu’avait ressenti Aki en violant Hiro… ? Rien. Absolument rien. Cela avait été comme s’il avait dû le faire, son esprit le lui avait dicté, uniquement pour y déverser toute sa colère, montrant au brun qu’il n’était pas quelqu’un qui se laissait faire. Il ignorait si le message avait été bien passé, mais si cela n’était pas le cas, Aki devrait certainement se voir être encore plus convainquant. Néanmoins, sa colère n’était pas tout à fait disparue. Elle demeurait toujours là, en lui, car il ne savait plus lui-même où il se trouvait dans toute cette histoire complètement folle – à moins que cela ne fût lui qui le fût, fou.

Après tout, pourquoi il s’énervait autant avec Hiro ? D’ordinaire, il n’en aurait certainement eu rien à faire ; alors pourquoi, oui, pourquoi, pourquoi cela était-ce différent avec ce garçon ? Etait-ce juste à cause de ce lien qui les unissait ou bien y avait-il autre chose derrière cela ? Est-ce que le blond cachait un brin de jalousie derrière toute cette colère… ? Quelle drôle et étrange idée que voilà. Akihiro… jaloux… ? Dans un contexte différent, il ne se serait guère attardait dessus ; sauf que le contexte n’était pas différent et qu’il s’agissait de ce moment-là. Après tout, si cela était belle et bien de la jalousie – il n’en savait rien – cela était la première fois qu’il ressentait cela. Et dans l’immédiat, il n’aimait pas ce qu’il ressentait, pas du tout.

Depuis qu’il avait fait la rencontre du brun quelques semaines plus tôt, il avait eu l’impression de changer – en bien ou en mal, cela aussi il l’ignorait – parce qu’il cherchait davantage à comprendre les choses plutôt que de foncer dans le tas, jouant de son poing. Il se battait toujours, certes, avec autant de conviction qu’auparavant, mais cela semblait moins le soulager car son esprit était préoccupé par ce garçon. Il s’était souvent dit, au cours des derniers jours, « et si je n’étais pas allé sur la plage ? », « et si je ne lui avais pas adressé la parole ? », « et si rien de tout le reste n’était arrivé ? »… Mais avec des « et si », nous pourrions refaire le monde sans pour autant qu’il ne soit meilleur. « Et si nous ne nous étions pas croisés ce jour-là, nous serions-nous croisés plus tard… ? » Ils étaient liés, qu’ils le veuillent ou non, alors serait bien arrivé le jour où ils se seraient trouvés, n’est-ce pas ?

Alors ils devaient faire avec. Aki devait faire avec et comme il ne possédait nullement l’envie de se prendre davantage la tête avec tout cela, il préférait clarifier les choses. Est-ce qu’ils s’imposeraient des règles… ? Quoi qu’il en fût, le blond n’avait pas aimé savoir le brun tombé aussi facilement dans les bras d’un autre homme. Et tout ça pour quoi ? Une histoire de sexe ? Et bien, Aki espérait qu’il lui en avait bien donné son compte en lui passant sur le corps de la sorte. Peut-être bien qu’il réfléchirait à deux fois avant d’aller voir ailleurs désormais… ?

Il s’était relevé, le jetant sans ménagement par terre pour tout de même revenir vers lui, s’accroupissant pour lui relever le visage et le regarder fixement dans les yeux. Qu’est-ce qu’il pouvait bien lui dire ? Qu’avait-il à lui dire ? Pas grand-chose, sinon rien. Et ses mots qu’il avait précédemment débités, il ne les retirerait pas, les pensant avec sincérité. Une putain, cela avait tout à fait été ce à quoi Hiro l’avait fait penser. Coucher à droite, à gauche, alors qu’ils avaient une histoire, eux deux, Aki et lui. Mais peut-être que c’était ça, sa façon à lui de se changer les idées, de penser à autre chose… Sauf que cela était loin de plaire à Aki, même si lui était également dans la même situation, avec ses bagarres à tout va.

Se servant un verre d’eau à la cuisine, il saisit ensuite une pomme, non pas pour la manger lui, mais dans l’intention de la donner à Hiro. Il termina son verre puis revint dans la chambre, le fruit dans sa main, main qu’il tendit devant lui à son vis-à-vis, lui ordonnant de la manger. Chose que l’autre ne fit pas, fixant longuement cette pomme avant de se relever pour se rhabiller. Aki ne prononça pas d’autres mots, attendant patiemment ce qui allait se passer. Est-ce que le brun s’en irait en claquant la porte derrière lui ou bien resterait-il encore ?

Ce fut avec surprise qu’il le vit le rejoindre, saisissant finalement le fruit, sans pour autant le manger. Le blondinet enfouit ses mains dans ses poches, le laissant faire, le regardant… jusqu’à ce qu’il se prenne une belle claque en pleine figure. Il retint un râle, lançant un regard noir à son sôseiji qui soutenait ce regard, sans ciller. Il sentait qu’il était énervé, qu’il n’avait pas apprécié le geste qu’il avait eu envers lui, mais Aki ne regrettait absolument rien et n’avait aucune honte, aucune gêne à avoir fait ce qu’il avait fait. Il n’en était pas fier non plus, juste qu’il trouvait ça… normal.

Les propos qui furent tenus ensuite eurent pour effet de lui extorquer un sourire en coin. Il n’était pas une putain, qu’il disait, ajoutant ensuite quelque chose que l’intérimaire ne comprit pas. Alors Hiro soutenait avec ferveur son regard, mais était dans l’incapacité de lui dire les choses à haute voix ? C’était comme cela qu’il était… ? Est-ce qu’il avait honte, lui ? Est-ce qu’il cherchait à se persuader qu’il n’était pas une putain ? Il avait beau le démentir, il n’en paraissait guère convaincu lui-même, chose que ne releva pas Aki, mais dont il avait parfaitement conscience.

C’était terminé ? Hiro allait s’enfuir et l’histoire se finirait de cette manière-là ? Aki ignorait toujours le pourquoi de la visite du jeune homme, il n’allait tout de même pas déjà partir… ? Effectivement, non. Il ne partirait pas, pas encore, car quelque chose semblait l’avoir atteint. La pomme fut lâchée et roula au sol, butant contre un livre, déviant sous un meuble, et Hiro demeurait là, debout, accroché à la poignée de la porte comme s’il eut peur qu’elle ne s’échappe, elle.

Le blond déposa une main sur la joue sur laquelle il s’était pris une gifle, la frottant légèrement en la sentant encore un peu chaude. Il n’y avait pas été de main morte, mais il y survivrait sans problème, ayant connu bien pire, cette claque lui paraissait moindre à côté de certains coups… mais quand même. Il autorisa un soupir à s’échapper de ses lèvres, ressentait un étrange sentiment en lui. Hiro faisait encore des siennes. « Il en a pas assez ? » songea-t-il en passant une main dans ses cheveux en bataille. Un nouveau soupir, puis il se tira une chaise et s’assit dessus, sans broncher.

« T’as vraiment un problème tu sais ça, Hiro ? » déclara-t-il quelques minutes plus tard.

Il ne comptait rien faire pour l’aider (qu’aurait-il pu même faire s’il avait voulu… ?), pensant qu’il devait se débrouiller tout seul. Il se mettait dans des états pas possibles et cela faisait déjà deux fois… Deux fois en deux fois qu’ils se voyaient. Etait-ce donc Aki qui lui faisait ressortir ses vieux démons ? Il n’avait qu’à les affronter, se battre contre eux et sans doute qu’ils s’effaceraient, un peu, sans doute qu’ils le laisseraient tranquille. Le blond ne jugeait pas les personnes sur leur passé, il les jugeait sur le moment qu’il les rencontrait, qu’il les voyait, et, pour Hiro, la seule chose qu’il voyait, c’était un homme faible et qui ne faisait rien pour se remettre sur ses pieds. Aki n’avait eu besoin de personne pour faire face à ce qu’il avait vécu, il s’en était sorti (en bien ou en mal, seuls les gens extérieurs à cela pouvaient en témoigner) et maintenant il allait beaucoup mieux. Il avait grandi dans sa tête, savait où il allait, ce qu’il devait faire, comment le faire pour y parvenir ; comment il souhaitait mener sa vie… enfin, presque.

« Problème » n’était peut-être pas le mot qu’il aurait du employer car il ne pensait pas d’Hiro qu’il était malade, mais soit. Problème dans le sens où il craquait trop souvent, trop facilement. Est-ce que sa crise était passée… ? Se serait mentir que de dire qu’Aki ne sentait pas mal pour son sôseiji… Bien sûr qu’il avait envie qu’il s’en sorte, mais il ne voulait pas non plus trop le lui montrer (fierté ? certainement, mais pas que).

Agacé de le voir pendu à la porte, le blond se releva, lui empoignant le bras pour le forcer à s’asseoir sur la chaise qu’il avait précédemment occupé. N’étant pas de très grande taille, il n’eut pas besoin de s’agenouiller devant lui pour voir son visage.

« Ca va mieux, c’est bon là ? lui demanda-t-il, j’ai l’impression d’avoir un gosse en face de moi. J’ai fait quoi pour mériter ça, ‘tain ? soupira-t-il en s’appuyant contre la table derrière lui, tu piques ta crises, je subis et te laisse faire, c’est un peu ça l’idée, hein, on est d’accord ? Mais tu vois, ça me saoule déjà. »

Il n’avait pas envie de le frapper, même si lui s’était fait frapper.

« Pourquoi t’es venu me voir ? » se décida-t-il finalement à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis que le garçon avait toqué à sa porte.

Il se hissa alors sur sa table, s’asseyant en tailleur, prêt à recevoir une réponse de la part de son interlocuteur. Après tout, il n’avait pas vraiment l’habitude de recevoir des visites toutes simples, sans que quelqu’un n’eut besoin d’autre chose sinon de passer du temps avec lui. Ses amis n’en étaient pas, ils étaient juste de bonnes connaissances sur lesquelles se défouler de temps en temps, pour s’amuser, pour se changer les idées.
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Kurokawa Hiroyuki
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MessageSujet: Re: Colère, amour. [ Murasaki Akihiro. ]   Jeu 03 Jan 2013, 15:33

Toujours accroché à la poignet de la porte, il se perdit dans ses pensées noires, alors qu'il ressentait que la colère de son souseiji n'avait pas été totalement rassasiée. Est-ce que ça voulait dire qu'il allait lui faire du mal encore une fois ? Il essaya de chasser toutes ces mauvaises pensées de son esprit, car cela n'arrangeait pas son état. Il avait besoin de boire de l'eau, mais jamais il n'aurait la force de se traîner jusqu'à la cuisine du blond. D'ailleurs, il ne savait même pas où elle se trouvait... Qu'est-ce qu'Aki allait-il encore penser de lui ?
Comment allait-il pouvoir lui prouver qu'il souhaitait devenir plus fort dans de tels conditions ? Ce serait juste lui mentir, surtout qu'il avait eu des crises pires que celles-ci ces derniers jours. Mais il souhaitait réellement avancer, sauf qu'il ne pouvait pas le faire tout seul. C'était ça le problème : Il avait peur d'avancer tout seul. Alors au fond, qu'il reste à sa place ou qu'il avance avec quelqu'un, il resterait quelqu'un de faible.

Il se remit à penser à cette soirée dans les bras de cet homme... Si Aki ne l'avait pas supporté, cela voudrait dire que ce soir, ils allaient tous les deux s'imposer des règles. Il trouvait juste cela ridicule, car cela revenait à leur enlever leur liberté. Si Aki ne supportait pas qu'il couche avec d'autres, lui ne supportait pas qu'il se batte avec d'autres. Est-ce qu'ils allaient réussir à continuer à vivre tranquillement leur petite vie banale en ne faisant plus ni l'un ni l'autre ?
Hiroyuki pouvait se passer de coucher avec d'autres, mais est-ce que son souseiji pouvait se passer de se battre avec d'autres ? Puis, à bien y repenser, le brun était un être humain. C'était normal qu'il veuille de temps en temps coucher avec quelqu'un ! Dans ces cas-là, devrait-il aller voir Aki pour pouvoir coucher avec quelqu'un ? Il trouvait cela de plus en plus ridicule...

Il avait dit au blond qu'il n'était pas une prostitué, mais il savait parfaitement qu'il en était une d'une manière ou d'une autre. Il se persuadait que ce n'était pas le cas, comme il le faisait pour d'autres choses. C'était assez triste mine de rien...

Aki daigna enfin s'intéresser à lui, et lui annonça qu'il avait un problème. Il se mit à rire nerveusement, et grimaça. Il resserra un peu plus sa prise sur la porte, et essaya de se relever, en vain. Il n'allait pas encore mieux pour pouvoir se redresser, il fallait attendre encore un peu.
En tout cas, il le savait qu'il avait un sérieux problème, et depuis longtemps. Mais tout était de sa faute, n'est-ce-pas ? Car au lieu de se remonter la pente, il l'avait descendu sans peine. Maintenant qu'il voulait la remonter, il n'y arrivait pas, puisqu'il avait mal grandi dans sa tête. Au lieu de faire face à ses problèmes, il les avait fuis encore et encore. Il était totalement différent d'Aki sur ce point-là, et c'était pour cela que celui-ci ne pourrait jamais le comprendre.

Il fut surpris de voir son souseiji venir vers lui, et l'entraînait de force jusqu'à une chaise, où il l'installa. Il eut beaucoup de mal à ne pas tomber dans ses bras, n'étant pas encore tout à fait remis de sa crise si bien qu'il vacillait encore. Il écouta ses paroles, et regarda ailleurs. Il avait envie de lui répondre qu'il avait compris, mais ce serait raviver sa colère.

Puis, enfin, il lui demanda la raison de sa visite. Il resta un moment silencieux, puis se leva pour s'approcher de lui. Il plaça ses mains de chaque côté du blond, et ancra son regard au sien.

« Parce que... Parce que tu me manquais... »

Parvint-il à dire. Épuisé, il posa sa tête contre le torse de son souseiji, et reprit rapidement la parole.

« Je ne te comprends pas... Je ne te comprends absolument pas. Pourquoi cela t'a-t-il autant énervé que je couche avec un autre ? Qu'est-ce que je suis censé penser ? »

Aki était-il réellement jaloux ? Il ne le saurait jamais, car il ne le lui avouerait jamais. Cet homme avait beaucoup trop de fierté, ce qui était quand même un vilain défaut.

« Alors, on va faire quoi ? On va s'imposer des règles ? Moi, je ne dois plus coucher avec n'importe qui, okay, mais toi, je ne veux plus que tu te battes avec d'autres personnes. ça te va comme ça ? ça te plaît ? Ce lien n'est pas non-plus censé enlevé notre liberté. Tu dois bien trouver ça normal de te battre avec n'importe qui, non ? Eh bien, moi, je trouve ça normal que de temps en temps, j'aille coucher avec quelqu'un. Je suis un être humain, comme tout le monde ! »

Ce n'était pas comme s'il couchait tous les quatre matins avec quelqu'un ! Les prostitués, eux, couchent chaque soir avec quelqu'un, mais aussi parce que ce sont leur travail. Pour qu'ils gagnent leur vie. Il y avait quand même une grande différence avec ce qu'il faisait, lui, alors c'était pour cela qu'il niait le fait d'être une prostitué. Il serait plutôt ce qu'on appelle un nymphomane. Il n'était pas le seul à être ainsi, et cela ne voulait pas dire qu'il continuerait si jamais il sortait avec quelqu'un.
Si, par hasard, il finissait par sortir avec Aki, il arrêterait, et se consacrerait rien qu'à lui. Mais encore fallait-il qu'ils se mettent ensemble... Il n'était jamais sorti sérieusement avec quelqu'un, car, jusqu'à maintenant, il n'avait jamais été réellement amoureux. Il n'y connaissait alors rien dans ce domaine-là, et se demandait s'il serait à la hauteur.
Il se mit à rire intérieurement, et se demanda pourquoi il pensait encore qu'il pourrait sortir avec Aki. Ce dernier n'avait-il pas censé de lui faire comprendre qu'il en avait assez de sa petite personne faible, et ses crises, malgré le lien ? Il devait donc devenir plus fort, et avoir fait quelques pas en avant pour pouvoir avoir le droit de sortir avec lui.

Et pourtant...

« Qu'est-ce qu'on est censé faire ?... Sortir ensemble ? »

Il releva la tête pour pouvoir le regarder, et partit sur le balcon pour pouvoir fumer. Il glissa délicatement une cigarette entre ses lèvres, puis l'alluma. D'un coup, il eut l'impression de revivre, et cela lui arracha un sourire. Heureusement que la nicotine existait, car qu'est-ce qui lui aurait permis de revivre autrement ? Peut-être aurait-il trouvé autre chose qui l'aurait davantage tué, il n'en savait rien. Il savait juste qu'il n'était pas prêt de s'arrêter de fumer, ce serait encore sa drogue pour longtemps.
Il s'appuya contre la rambarde, et s'extasia devant la vue qu'on lui offrait ici même. Le blond avait bien de la chance de pouvoir habiter dans un appartement si bien placé. On pouvait même voir le soleil se couchait d'ici là... Quelle chance !

« Moi... Je sais que je suis une personne faible qui n'avance pas. Au lieu d'avancer, j'ai reculé. Je... Je veux bien avancer maintenant... Mais avec quelle force ? J'ai l'impression que je ne pourrais pas la trouver tout seul...»
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Murasaki Akihiro
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MessageSujet: Re: Colère, amour. [ Murasaki Akihiro. ]   Dim 13 Jan 2013, 23:00

Il n’avait rien pas bougé, il n’avait rien dit et n’avait fait qu’écouter les paroles sortant de la bouche de son sôseiji. Il l’avait laissé faire, se contentant uniquement de tendre l’oreille et de prêter grande attention à ses mots. Et maintenant il tentait de remettre en ordre tout ce qui s’était passé. Hiroyuki était donc venu le voir parce qu’il lui manquait ? Le blondinet trouvait cela relativement étrange, mais après tout, pourquoi pas ? Hiroyuki était un peu spécial et mystérieux à lui tout seul, alors s’il le devenait en plus dans ses phrases, cela ne ferait que confirmer sa personnalité…

Dépliant ses jambes pour les faire pendre dans le vide, il fixa la silhouette du jeune homme accoudé à son balcon, fumant une cigarette. Cela finirait par le tuer s’il ne réduisait pas sa consommation… En était-il aussi accro que l’était Aki à ses bagarres avec ses « amis » ?... Bien sûr qu’il trouvait cela normal de se battre de temps à autre – souvent ! C’était comme ça qu’il se vidait les esprits et qu’il se sentait un peu mieux ensuite ; pour quelle raison le brun lui posait-il cette question ? Et puis, comme si Aki n’en avait pas assez, d’interrogations, dans sa tête, depuis qu’ils s’étaient rencontrés… Tout était en vrac là-haut, il ne comprenait pas, lui non plus, ce qu’il lui arrivait parfois.

Que devaient-ils faire ? S’imposer des règles ? Est-ce que ça lui convenait si en contrepartie qu’Hiroyuki ne couchât plus avec n’importe qui lui réduisît ses bagarres ? Etait-ce par jalousie qu’il avait réagi aussi violemment en trouvant le brun à sa porte quelque temps plus tôt ? Fallait-ils qu’ils sortissent ensemble pour résoudre toutes ces incalculables questions… ? Il fallait peut-être simplement foncer, sans se soucier du reste et advienne que pourra ! Mais ça, c’était bien plus simple à se dire qu’à mettre en œuvre.

En effet, cette fameuse question sur la jalousie tracassait plutôt l’esprit d’Akihiro. D’ailleurs, était-ce vraiment de la jalousie… ? Il l’ignorait, mais jamais il ne demanderait à qui que ce fût son avis là-dessus. Jamais Aki ne révèlerait à qui que ce fût sa jalousie de savoir ce charmant jeune homme passer du bon temps avec un autre que lui… Il trouvait cela… dégoûtant. Non pas ce que faisait le brun à proprement parler, mais ce sentiment qui le rongeait. C’était quelque chose de mal, de vile, surtout en connaissant le caractère impulsif du plus petit. Mais s’il demandait à Hiro de ne plus coucher à droite et à gauche avec le premier qui lui passait devant, cela signifiait, qu’en échange lui il se calmerait au niveau de ses sorties ; ce qu’il ne pouvait, dans l’instant présent, pas concevoir.

Ne pas s’enlever notre liberté, qu’il avait prononcé. Non, ne pas retirer leur liberté, mais se mettre des barrières tout autour d’eux pour éviter de trop s’égarer. Est-ce qu’Aki avait réellement besoin de cela, lui… ? Peut-être qu’au fond de lui-même, cette paix qu’il pensait avoir trouvé n’était finalement qu’un leurre, cachant encore ce qu’il avait pu ressentir dans son enfance et son adolescence ? Voilà qu’il doutait de cela désormais. C’était de la faute de ce garçon, de cette histoire de lien et de jumeau… Pourquoi diable s’était-il avancé sur cette fichue plage où jamais il ne posait les pieds ?! Cette fois, cette unique fois où il avait été irrémédiablement attiré sur le sable lui avait causé une déferlante de problèmes à s’en tirer une balle dans la tête ; est-ce que tous les jumeaux réagissaient de cette manière-là ? Est-ce que c’était aussi compliqué ? Il avait balancé à Hiroyuki qu’il avait un problème, mais il n’était peut-être pas le seul.

Et quant à cette idée saugrenue de sortir ensemble, la seule chose que fit Aki fut de soupirer longuement avant de descendre de son perchoir pour repousser avec une lenteur extrême la chaise qu’avait précédemment occupé son interlocuteur. C’était quoi ça, « sortir ensemble » ? Bien sûr qu’il avait connu d’autres garçons dans sa vie et qu’il avait passé du bon temps avec eux, mais sortir ensemble était quand même un engagement à tenir, d’un côté comme de l’autre ; en étaient-ils tous deux capables ? Cela aussi c’était étrange, pourquoi prenait-il le temps de s’interroger sur tout et n’importe quoi depuis quelques jours ? Peut-être voulait-il aider Hiro à s’en sortir, qui sait… ? Voir sa peine et ses démons ressortirent de la sorte c’était plutôt effrayant, même pour un petit dur à cuir comme voulait le montrer le blondinet.

Celui-ci ne sortit pas tout de suite rejoindre le brun à l’extérieur. Il enfonça ses mains dans ses poches, fixant son dos de l’intérieur. Qu’est-ce qu’il enfouissait aussi profondément dans son cœur ? Etait-ce réellement si dur que cela ? Un mauvais passé, un passé difficile, cela il l’avait parfaitement compris, mais, et ensuite… ? Il avait besoin de quelque chose, de quelqu’un, d’une aide, d’un soutien, pas lui, mais Hiroyuki oui. Est-ce que toutefois il s’adressait à la bonne personne en le demandant plus ou moins ouvertement à Aki ? Après tout, au point où il en était, peut-être n’avait-il plus rien à perdre et s’accrocher à la première branche venue était devenu son plan. Un plan de secours en cas de violentes crises ; c’était une option comme une autre, à chacun sa méthode si elle pouvait être efficace.

Finalement, il se décida à le retrouver, s’appuyant à la rambarde à son tour, regardant la vue qui s’offrait à eux. Son appartement n’était, certes, pas le meilleur du monde, mais il s’en contentait et il était vrai que tout le monde n’avait pas la chance d’avoir un petit balcon sur lequel sortir pour rêver quelques minutes, heures.

« Ca te plaît ? » questionna-t-il son sôseiji sans pour autant porter son regard sur lui.

Cela en avait tout l’air, et c’était plutôt une bonne chose. Akihiro avait comme le pressentiment étrange qu’ils finiraient par se voir de plus en plus en souvent et de plus en plus longtemps. Bon ou mauvais pressentiment, il l’ignorait toutefois, mais ce n’était pas spécialement pour lui déplaire.

Il n’avait pas encore répondu à tout ce que le jeune homme lui avait dit, mais il comptait le faire, progressivement. Doucement, mais sûrement, tel qu’on dit. Il n’y avait pas le feu, ils avaient encore bien du temps devant eux ; et puis, ils n’étaient pas si mal que ça, n’est-ce pas ?

« Tu sais pourquoi t’es faible Hiro ? reprit-il. Parce que je pense que t’as pas ce truc qui te permettrait de croire encore que ça peut s’arranger, pourtant tout peut s’arranger. Crois-moi, j’te dis pas ça en l’air et ce n’sont pas que de belles paroles. Tu peux t’en sortir avec davantage de conviction en toi. »

C’était ça qu’Aki pensait qu’il lui manquait : de l’envie de s’en sortir. C’était bien beau de s’apitoyer sur son sort en pleurnichant que c’était trop dur, mais si on ne faisait rien à côté pour se relever et se battre, il était certain que jamais il ne parviendrait à quoi que ce fût. C’était ça la vie, se battre – au sens figuré du terme, ici (car n’oublions pas que nous parlons des songes d’Aki) – encore et encore jusqu’à obtenir la victoire. Et si on tombait en cours de route, on se remettait sur ses jambes et c’était reparti. Tomber n’est pas une honte et se relever est un exploit dont on peut être fier. Ainsi la confiance que possédait le blondinet fut-elle acquise.

« Sache que j’peux rien te promettre et que j’suis pas plus avancé que toi sur ce qu’on doit faire ou pas. » déclara-t-il à nouveau.

Il se tourna vers lui et saisit sa cigarette quasiment consumée (mais c’était pour le principe) pour la jeter par-dessus bord.

« Commence par arrêter de fumer comme un pompier. Ce s’rait con que tu meurs alors que t’es encore au fond de ton gouffre, tu crois pas ? lui sourit-il légèrement moqueur. Bon allez, tu veux boire quelque chose ? »

Il ne se moquait pas de lui pour se moquer réellement de lui, mais uniquement pour prendre à la dérision cette souffrance qui semblait le bouffer de plus en plus. Akihiro se doutait bien que ce n’était pas simple à gérer, mais il y avait un moment où l’on devait arrêter de se morfondre et où il fallait prendre le taureau par les cornes.
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Colère, amour. [ Murasaki Akihiro. ]

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