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 Un Lien Maudit |Kahane Tsubasa|

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MessageSujet: Un Lien Maudit |Kahane Tsubasa|   Mer 21 Sep 2011, 20:25

L’aube se lève… La vie s’éveille, un moment éphémère mais merveilleux, n’est il pas ? Dommage pour Ren, ce jeune homme n’assiste que rarement au levé du soleil. Certes, il se considérait comme un être de la nuit. Mais l’aube restait plus belle que le crépuscule, en tout cas, cela était l’avis de nombreuses personnes, enfin, cela Ren le pensait… Mais lui préférait les feux du couché, que ceux du levé, après tout, chacun son avis personnel… Rapidement le soleil monta dans le ciel… Enfin Ren se leva. Si il le voulait, il aurait put contempler le zénith. Mais non, il préférait rester enfermé dans l’ombre de son entrepôt, seul… Contemplant toujours le même vide, les mêmes peurs, la même torture… Sa mémoire qui défaillait de plus en plus, que faire face à sa ? Comme décrire ce qui traversait l’âme du corbeau ? Sans doute peut de chose… Il se contenta de faire les cent pas en silence avant de s’effondré dans son canapé en bien piteuse état. Il contempla un moment l’élastique qu’il avait toujours au poignet droit… Ceci fut à une époque une astuce lorsqu’il recherchait son Sôseiji… Le claquement de l’élastique sur la peau provoquait un petit picotement qui pouvait provoquer des démangeaisons. Enfin, cela n’était pas fiable à cent pour cent, mais s’était déjà mieux que de chercher à l’aveuglette… Aujourd’hui, le claquer contre sa chair n’était qu’un passe temps dans l’obscurité de son antre…

Son antre, parlons en justement… Un entrepôt dans la zone désinfecté au sud… Autant dire qu’avant tout, il était souvent tranquille, il allait en ville juste pour se détendre, ou pour vendre. Etant aussi marchand d’arme, il se devait d’avoir un entrepôt, s’était la seule personne de l’île à vendre des armes… De plus, ses plantations de Canabis, et son mini-laboratoire pour faire ses autres drogues, tel la Cristal, prenait assez de place… Pour être plus précis, ses plantations étaient dans le sous-sol, sa réserve d’arme au rez-de-chaussée, ainsi que son mini laboratoire, et une partie de son milieu de vie… Pour être plus précis, un salon en plein milieu de l’entrepôt, avec à l’étage une cuisine aménager dans ce qui devait être une salle de repos avant. Par contre, il n’y a pas vraiment de chambre, plutôt un lit placé à l’étage dans un ancien bureau… Il avait de la place, beaucoup de place, qu’est ce qu’il pouvait bien en faire ? Il l’ignorait, et s’en fichait, il trouverait une utilité plus tard… il y avait aussi dans le « salon » un billard, et un baby-foot. Tout deux en piteuse état et assez poussiéreux… Enfin, en piteux état c’était un bien grand mot, mais cela se voyait que ses objets avaient de l’âge.

Oui, tout chez Ren était dans un état assez piteux, vieux, poussiéreux, mais il s’en fichait. Il vivait bien ici… Une bière sur la table, Ren cessa de jouer avec son élastique et fixa l’obscurité d’un regard vide… Rien d’autre à faire, n’ayant pas de TV, il n’avait donc pas vraiment l’occasion de se divertir, mais ne voulait pas sortir avant que la nuit ne soit tombée… Il était bien dans l’obscurité, comme si les ombres étaient ses frères, et la nuit sa mère… Soudainement, de son inertie, un geste vif apparu, comme une pulsion. Il attrapa sa bière de sous-marque et l’amena jusqu’à ses lèvres… Un geste fluide, et rapide, il attrapa de la seconde main son paquet de clope tandis qu’il avala une première gorgée. Il redéposa sa boisson sur la table, d’un petit geste du poignet, plaça une clope en évidence, la saisi avec ses lèvres, et l’alluma avec une allumette. Un rituel devenu une habitude, des mouvements identique qui se répétait sans cesse, peut être plus d’une vingtaine de fois par jour… La monotonie le touchait légèrement lorsqu’il s’enfermait dans son havre de paix…

Mais un bruit d’une branche brisé lui vint jusqu’aux oreilles… Dans un si grand calme, si bruit était comme un cri d’alarme… La porte de l’entrepôt qui glissa, Ren se leva dans ce vacarme et fit face à une ombre qui se dressait dos à la lueur du jour… Quelle heure était-il ? Entre quinze et seize heures, non ? Il l’ignorait… Il fut d’abord aveuglé par cette lumière qui pénétra dans la pièce, l’ombre était flou, mais rapidement, les traits d’un homme se dessina sous les yeux de Ren… Il le fixa un court moment, ne laissant paraître aucune expression sur son visage… Il se contenta de dire avec indifférence à toute épreuve, enfin presque à toute épreuve. Et son perpétuel manque de respect :


>>Qui es tu ?

Il se tourna, voulant saisir sa bière, reçu un copeau de bois dans la paume de la main, il eut immédiatement comme réflexe de reculer la main, comme un enfant qui se brûle. Il fixa un instant sa main… Ce n’était plus vraiment un copeau, mais un petit morceau qui lui avait transpercer la chair, sur le coup, il reçu un petit pique de douleur, il émit un juron :

>>Fait chié… Saleté de table…

Une vieille table, comme tout son mobilier après tout… Il avait l’habitude à force, mais c’était désagréable d’avoir un morceau de bois planté dans la paume, il s’ôta le morceau en se retournant vers l’inconnu… Une court mais intense pique de douleur traversa la main de Ren et lorsqu’il vit aussi l’inconnu réagir à cette douleur, le masque d’indifférence tomba un instant, laissant place à la surprise… Etais-ce possible que cet homme soit son… Sôseiji ?
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MessageSujet: Re: Un Lien Maudit |Kahane Tsubasa|   Ven 23 Sep 2011, 20:23

Tsubasa n’avait pas dormi de la nuit. Pour changer.
Il n’avait pas le souvenir d’être tombé de sommeil depuis une éternité. À croire que Morphée n’aimait pas Icare.
Ses yeux étaient constamment cernés ; parfois, c’était à peine s’il se souvenait ce qu’il avait fait dans la journée. Il se prenait souvent à voir ses mains trembler, il ne s’en déjà inquiétait plus. La seule chose qui le surprenait vraiment était la résistance que son corps offrait à la fatigue. Jamais il n’eût pensé être capable de tenir autant.
Ce n’était même pas un exploit dont il pouvait se réjouir.

Il croisait fréquemment le regard inquiet de Zero, parfois même de Ladyboy. Il tentait de les rassurer d’un malheureux sourire qui n’était même pas vrai. Ce simple acte semblait lui déchirer les lèvres.
Tout lui paraissait n’être qu’illusions. Ce qu’il voyait, ce qu’il frôlait du bout des doigts, ce qu’il pensait. Peut-être que sa vie elle-même était une plaisanterie qui avait duré trop longtemps. De temps à autres, il se demandait s’il ne valait pas mieux qu’il se supprimât de la partie.
Mais dans ces moments, Zero – quoi qu’il préférât l’appeler Rei – s’affichait dans son esprit vide. Tsubasa s’était promis qu’il allait empêcher le Joker de jouer avec lui, et il comptait tenir parole. Personne n’était réellement au courant, personne n’allait le savoir si jamais il rompait ce serment fait à lui-même. Mais c’était hors de question de trahir Rei, pas plus que Ryûnosuke. Sinon, c’était comme s’il tuait de ses propres mains la relation qu’il regrettait tant. Insupportable.

Un des moyens qu’il avait trouvés de protéger Rei était d’essayer d’anticiper le choix des victimes de son Roi. Chose faite, il se servait de son statut de Valet pour intervenir en tant que policier, et ainsi donner un avertissement aux personnes en question. Avec un peu de chance, elles arrêtaient d’agir comme elles le faisaient, donc évitaient de passer à la trappe. Et Rei n’avait plus besoin de leur régler leur compte.
La tâche n’était pas aisée. Mais c’était toujours mieux qu’observer sans rien faire.

Tsubasa avait eu vent d’une histoire de trafiquant de drogue et d’arme, un certain Raven. Il avait le sentiment qu’elle ne devait arriver ni aux oreilles du Roi, ni à celles du Joker – quand bien même il était certain que ce n’était plus un secret pour ce dernier. Il s’était donc décidé à aller personnellement lui intimer de se faire plus discret. Dans son propre intérêt.
En toute logique, un dealer n’allait pas rejeter une telle recommandation.

Naturellement, c’était un Pique, comme lui ; son autorité ne ferait pas grand effet chez d’autres Cartes, de toute façon.
Il se trouvait probablement au niveau de la zone désaffectée – quoi de plus normal ? Ce fut en milieu d’après-midi que le Valet se décida à s’y rendre. Même s’il était plutôt libre de se déplacer, il ne pouvait pas se mouvoir n’importe comment, étant donné qu’il devait prendre garde à ne pas éveiller de soupçons.
En fait, on s’en fichait, des soupçons. Personne n’était innocent, sur cette Île.

Il ne mit pas beaucoup de temps à arriver. Il connaissait déjà le chemin.

… Il n’aurait peut-être pas dû venir. Cet endroit lui rappelait des souvenirs, de très bons souvenirs, des souvenirs heureux – mais qui à présent lui faisaient tellement mal. Il était déjà allé dans ce coin-là, accompagné du feu As de Pique, fuyant le Joker et son Château, courant avec la seule personne à laquelle il tenait, des émotions fugaces affichées sur le visage. C’était là qu’ils aimaient se réfugier pendant plusieurs heures, parfois ils se cachaient près des falaises ; ils y restaient sans rien faire, sans rien dire. Ils étaient juste ensemble.
Tsubasa n’allait jamais réussir à dépasser la phase des regrets.

Mais maintenant qu’il était là, il valait mieux qu’il ravalât cette doucereuse nostalgie et qu’il se concentrât sur son but premier.
Le paysage n’était guère accueillant. Des bâtiments abandonnés, détruits, décharnés. Signe d’une vie passée qui n’avait pas survécu aux épreuves du temps. S’il devait fouiller tout le secteur, il n’allait pas avoir fini avant la tombée de la nuit. Qu’importe – ce n’était pas comme s’il attendait avec impatience de s’écrouler sur son lit à son "retour".
Il n’était plus tout à fait concentré sur ce qu’il faisait, et ne pensait même pas à être silencieux. Puis de cette manière, l’homme recherché serait averti de sa présence, et se sentirait peut-être moins menacé. Ou alors il allait se planquer. Mais on finirait bien par le retrouver, et c’était mieux pour lui si c’était Tsubasa avant un quelconque As.
Il essaya un vieil entrepôt au hasard. Il poussa sans réelle conviction la porte, qui glissa sans difficulté malgré le peu de force qu’il avait employé. Il ne s’attendait pas à tomber sur quelqu’un du premier coup.

Au départ, il ne vit rien. Il faisait beaucoup trop sombre. Au bout de quelques secondes, ses pupilles s’habituèrent à la luminosité ambiante, et Tsubasa put distinguer plus clairement l’individu qui se trouvait au fond.
Question. L’amabilité crevait les mots. Il n’était pas le bienvenu.
Puis tout fut trop rapide ; il sentit une douleur furtive mais vive dans le creux de sa main droite, en même temps qu’il entendait un juron provenant de l’autre homme. Il mit peu de temps avant de comprendre qu’il venait de se blesser exactement au même endroit.

Hahaha.
Non, c’était impossible que ce fût son Sôseiji, là, devant lui.

Il avait tendance à l’oublier, et surtout il ne s’en était jamais soucié ; mais en toute logique, s’il était en ces terres, c’était bien parce qu’il était lui aussi touché par la "malédiction".
Mais pour lui, une telle rencontre appartenait au domaine de l’impossible. Combien de gens sur cette Île ? Il ne pouvait pas croiser son Sôseiji comme ça… Ce devait être une simple coïncidence.
Oui, une coïncidence, rien de plus.

Il hésitait quant à la façon de se présenter. Son vrai nom ? Un faux nom ? Son pseudonyme ?
Il opta pour le dernier. Après tout, c’était en cette qualité qu’il s’était déplacé.
- Icare. Valet de Pique.
Ce n’était jamais de bon augure lorsqu’on entendait cela. Mais un Pique digne de ce nom se devait de demeurer le plus indifférent possible. Et il ne doutait pas que celui qu’il avait en face de lui en fût capable.
Il s’avança calmement vers lui et s’arrêta à une bonne distance. Son objectif n’était pas de le faire fuir.
- Raven, c’est bien cela ? Je viens juste te dire de faire attention. Ne fais pas trop de bruit quand tu agis, sinon le Grand Méchant Loup risquerait de te repérer.
Car ils étaient tous des Petits Chaperons Rouges. Mais peut-être qu’au fond, ils attendaient avec un mélange d’appréhension et d’excitation qu’on leur sautât dessus.
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MessageSujet: Re: Un Lien Maudit |Kahane Tsubasa|   Sam 24 Sep 2011, 09:48

Il n’y avait pas le moindre doute dans l’esprit du corbeau… L’homme qui se tenait face à lui était bien son Sôseiji… Une telle réaction, à l’instant même où Ren venait de se blesser. Cela ne pouvait pas être une coïncidence, cela ne pouvait qu’être vrai… Il se trouvait donc en face de son Sôseiji ? Une rencontre dans d’étrange circonstance… Certes, le masque chuta une seconde seconde, mais aussi vite qu’il était tombé, Ren le remit… L’indifférence qui caractérisait la plupart des Piques reprit sa place sur l’expression faciale du corbeau. Il attrapa sa bière en l’écoutant attentivement. Ren semblait être assez connu sous son pseudo, surtout auprès des figures comme il put le constaté… Icare, il ne connaissait pas ce Valet… Certes, il n’avait rencontré qu’une fois un Valet de Piques par pur hasard, et cela remontait bien à dix ans plus tôt… Quatre ans après son arrivé, ce fut une des rares fois qu’il rencontra une figure… Mis à part, quelques années auparavant, enfin, il ne reconnaissait plus aucun visage dans cette hiérarchie que le Joker s’était amusé à installé…

Ren garda le silence face aux derniers mots prononcé par le Valet de Piques, doublé de son Sôseiji par la même occasion. Il médita un moment sur c’est mots, gardant un visage neutre. Le Grand Méchant Loup… Oui, le Joker. Le Loup… Et ils étaient tous des moutons… Et si Ren se mettait vraiment dans cet ordre des choses, il se dirait mouton noir… Sans doute comme son Sôseiji. Au final, pour qui jouait le corbeau ? Voulait il aussi voir la mort traversé les rues de l’île, a vendre sa cam, et ses armes à des prix presque dérisoire… Enfin, ses pensées s’éloignèrent, il se contenta de répondre :


>>Cela fait bien dix ans que je n’ai plus vu un Valet. Le loup c’est donc lassé de son ancien jouet ? Et tu devrais aussi faire attention, si il apprend que tu es venu ici…

Sa voix avait un ton neutre, aucune expression ne se lisait sur son visage. Il se retourna, se dirigea vers un paquet de canette entamé… Des bières, et encore de la sous-marque, il en prit une, se retourna, et la lança au Valet de Piques… Il s’approcha ensuite d’Icare en lui lançant simplement :

>>Bois

Il continua de s’approcher du Valet de Piques, d’un pas lent et las… Le corbeau en était sûr, une petite voix intérieur souffla au corbeau de prendre soin de cet être, qu’il était important, un fin rictus ironique apparu un instant sur le visage du corbeau avant de s’effacer aussi rapidement qu’il était venu. Ren tourna autour d’Icare, laissant un bon mètre de distance, il l’observa. Voilà donc à quoi ressemblait son Sôseiji ? Pour être honnête, Ren ne l’avait jamais imaginé comme ça… Enfin, il ne l’avait jamais imaginé tout simplement. Après l’avoir correctement détaillé, il toussa légèrement, et tira sur sa clope. Il alla ensuite s’appuyer contre son canapé, toussant toujours légèrement, sa gorge lui démangeait, satané toux. Son regard s’attarda sur le Valet, il se décida enfin de lui poser la question qui mettrait tout à clair :

>>Dis moi, il y a plus ou moins cinq ou six ans. N’as-tu jamais ressenti de forte douleur ? En commençant un jour par un étranglement ? Et ensuite une forte montée de chaleur ? Comme si tout prenait feu autour de toi ? N’as-tu pas ressenti des douleurs quotidiennes pendant plus ou moins un an ?

Ren se remémorait son passé… Tout ce qu’il avait oublié, la prison, l’enfermement… Mais il savait que plus d’une fois, il avait été blessé, torturer là bas… il garde des marques physique, des cicatrices dans son dos… Et avant, cette histoire qui avait provoqué tout ceci… Ce maudit dealeur le saisissant à la gorge, il se souvient du souffle coupé qu’il reçu lorsqu’il l’attrapa… La chaleur que l’explosion du bâtiment, le feu, si brûlant… Et bien avant encore… Si Icare était son Sôseiji, il connaissait toutes ces douleurs…

|HRP: Désolé, c'est pas top =S Je me rattraperais ^^"|
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MessageSujet: Re: Un Lien Maudit |Kahane Tsubasa|   Dim 25 Sep 2011, 22:32

Cela faisait bien longtemps qu’on ne lui avait plus conseillé de faire attention. Inconsciemment, il fut rassuré que cet inconnu le lui dît.

Tsubasa attrapa la bière que lui lança son interlocuteur. De la sous-marque. Cela le fit sourire. Il se dit qu’un jour, il inviterait ce type dans son bar et qu’il lui ferait goûter un meilleur alcool, si jamais il aimait ça. Parce que de la bière de sous-marque, japonaise qui plus est… Il y avait mieux, quand même. Rien qu’une bonne bière belge, par exemple.
Il s’arrêta dans sa courte divagation. Mais à quoi pensait-il donc ? Il n’allait probablement jamais le revoir… Puis ce n’était pas comme si les gens étaient friands de rencards avec un Valet.

Il ouvrit sa canette, même s’il n’avait pas trop envie de boire. Au moins, ça le distrayait un instant, et il pouvait poser ses yeux sur l’emballage métallique plutôt qu’ailleurs. Il savait que l’autre s’approchait et l’observait, et il n’avait pas spécialement envie de le déranger dans sa "contemplation". Son tour viendrait.
Ces quelques secondes durant lesquelles il l’examinait lui paraissaient être une éternité. Il se sentait bête de foire, à être dévisagé ainsi. Mais soit, ce n’était pas la première fois, et ça n’allait sans doute pas être la dernière.
Ça sentait la cigarette.

Alors qu’il l’entendait s’éloigner un peu en toussant, Tsubasa se décida à le regarder.

Il était bien plus grand que lui. Il devait avoir au bas mot une quinzaine de centimètres de plus. C’était une différence énorme, mais le Valet avait appris à ne pas se sentir inférieur à cause de ça.
Il avait l’air un peu plus jeune. Deux ans de moins, peut-être ? Ou alors cinq ? Qu’importe.
Raven parla à nouveau.

Ses questions ne le surprirent pas. Ainsi avait-il donc remarqué tout à l’heure qu’il avait réagi lorsqu’il s’était planté un bout de bois dans sa main. En toute logique, il pensait qu’ils étaient tous deux Sôseijis. Malheureusement, ce n’était pas en demandant à Tsubasa de se souvenir qu’il allait obtenir une réponse satisfaisante.

- … Je ne sais plus trop.
Pauvre mec. Ça n’allait pas l’aider.
Mais même si le Pique se forçait à chercher dans sa mémoire, il l’allait rien trouver. Il ignorait pourquoi – et à vrai dire il s’en fichait – mais les souvenirs étaient chez lui très flous, voire absents. À quelques exceptions près.

L’impassibilité rejette toute forme de souvenir. On affronte tout avec le même visage, tout prend la même saveur. Même la douleur physique n’a plus aucun goût. C’est seulement quand il y a une faille dans notre masque que l’on peut nous atteindre en plein cœur ; et ça, ça, on s’en rappelle avec une amertume vomitive.
C’est donc lorsqu’on n’est pas impassible que l’on souffre. Parce qu’il s’était permis de ne plus être impassible, Tsubasa avait souffert. Et ça, il était capable de s’en souvenir.

- Je peux juste te dire que si tu te sens déprimé et fatigué en permanence, il est possible que ce soit ma faute.
Plus précis que ça…
Ce n’était pas qu’il ne voulait pas coopérer, c’était plutôt qu’il ne savait pas comment. Jusqu’ici, il n’avait pas porté une attention particulièrement à son deuxième lui ; et si ça changeait ? Et si cet homme, là, en face de lui, appuyé négligemment contre un vieux canapé qui devait sentir la poussière, et si cet homme lui offrait de nouveaux horizons ? C’était fin niais, dit comme ça. Puis tous les Sôseijis n’avaient pas une relation saine et amicale. Rien ne lui assurait qu’il ne lui voulait pas de mal. Mais il espérait secrètement. Il espérait qu’il dérangeât les choses telles qu’elles étaient. Qu’il l’obligeât à penser à quelqu’un d’autre ou à autre chose. Qu’il intervînt d’une manière ou d’une autre dans sa vie, qu’il y mît le bordel si ça lui chantait ; mais qu’il fît quelque chose.
Quitte à remplacer un mal par un mal.

Il but une gorgée de bière.
- Mais c’est peut-être plus simple de faire comme ça, non ?
Sans plus d’explications, il glissa son doigt dans l’ouverture de la canette et appuya. La coupure se forma presque immédiatement, longue, nette, bien dessinée. Tsubasa retira son index pour que son sang ne coulât pas dans la boisson.
Il se demanda la raison de ce geste impulsif. En temps normal, il n’aurait jamais fait ça. En plus, ce genre de blessure était vraiment emmerdant, car il faisait mal et il mettait longtemps à cicatriser. Peut-être qu’il voulait vraiment savoir si cet homme était son Sôseiji.
Avec un semblant d’appréhension, il leva les yeux vers lui.
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MessageSujet: Re: Un Lien Maudit |Kahane Tsubasa|   Ven 07 Oct 2011, 09:53

Il n’y avait plus aucun doute dans l’esprit du corbeau… L’homme en face de lui, Icare, celui qui à voler trop près du soleil. Cet inconnu était son Sôseiji. Il n’y avait aucun doute à avoir. Tout deux se ressemblait, tout deux avait la mémoire qui défaillait, le rejet de tant de souvenir, mais dommage qu’il ne pouvait pas l’aider concernant l’année qu’il avait passé en prison… Une année dont il n’a aucun souvenir, certes il était complètement à l’ouest depuis tout sa, le temps qui passe… Il l’ignore aujourd’hui, étant devenu un être atemporel. Il savait qu’un jour il retournerait à l’état de poussière, mais dans combien de temps ? Il l’ignorait, il s’en fichait. Il avait perdu la notion qu’était le temps. Il avait tout perdu… Sans doute comme l’homme qui se tenait face à lui. Dans leurs regards, à tout les deux, on pouvait lire la même chose, l’indifférence. Mais que pouvaient-ils faire face à ça ? Au final, tout deux vivaient leur vie en trainant le poids de l’oubli et de quelques souvenirs, sans doute très peu.

Icare ne s’en souvenait pas, si il avait bien put souffrir… Cela n’allait pas aider le Corbeau, mais d’après l’homme qui se tenait en face de lui, s’il ressentait de la fatigue, ou se sentait déprimé, c’était de sa faute… Au plus loin qu’il pouvait remonter ses souvenirs, il a toujours été un peu déprimé… Et ne vivant que la nuit, incapable de dormir une fois le soleil couché… Oui, il dormait très peu. Mais à force, il avait l’habitude. Et au plus loin que ses souvenirs allaient il s’était toujours senti légèrement déprimé… N’étant pas à sa place, ayant perdu quelque chose de cher… Alors cela venait de l’homme face à lui ? Etrange, pourquoi devait il se retrouver devant son « jumeau » après qu’il est perdu l’envie de le chercher, qu’il est tout abandonné ? L’ironie… Ren prit une autre gorgée de sa boisson, il riait… Intérieurement il riait de cette ironie, tout ceci allait causer encore plus de bordel dans son esprit, déjà qu’il était perdu. Il sentait que tout cela allait empirer… Il soupira son attention était toujours concentré sur l’homme qui se tenait en face de lui.

Une autre preuve ? Aie ! Bordel, le doigt de l’homme glissa volontairement sur l’ouverture de la canette. Une coupure se dessina. Ren ressenti instantanément la douleur, c’était une blessure très gênante. Ce genre de blessure faisait mal, et mettait du temps pour cicatriser, et tout le temps de la cicatrisation elle faisait souffrir quand on devait plier le doigt couper… Cela faisait bien chier Ren, il s’approcha de l’homme, portant toujours le masque de l’indifférence, et se contenta de dire sur un ton las :


>>Molo, ce genre de blessure va aussi me faire chier

Il plaça sa main dans le dos de l’homme, et le « poussa » à prendre ses aises. Qu’il s’installe tranquillement. De la compagnie pour une fois ne pourrait faire que du bien au corbeau. Il se dirigea ensuite vers le frigo, sortant quelques plats préparé, principalement des plats japonais, Thailandais et Vietnamien. Pourquoi ? C’était les commerçants les plus proches de chez lui. Un léger avantage sur l’île, c’est qu’il semblait avoir des restaurants pour tous les goûts, des plats de toutes origines. Et Ren savait que pour les plus paranoïaques de l’île, pour en avoir connu, cela signifiait que le Joker avait un pouvoir qui s’étendait Mondialement. Honnêtement Ren s’en contre-fichait, ce n’était que des rumeurs urbaines qui trainaient sur l’île, il pourrait se faire enfin son avis sur le Joker une fois qu’il l’aura eu en face de lui. Il plaça tout les plats sur la table de salon, et força un peu son Sôseiji à s’asseoir. Cette fois, il avait enfilé en une seconde le masque de l’homme chaleureux, un tic chez lui de s’adapter à la situation, mélanger les masques, en changer si rapidement que nul ne le remarque. Il dit sur un ton légèrement plus enjouer mais parfaitement maitriser :

>>Dis moi ce qui te tente

Pourquoi manger maintenant ? Mais quelle heure était-il ? Il l’ignorait, le jour il perdait toute notion de l’heure… Mais dans l’obscurité de son entrepôt. On pouvait même se demander comment il se repérait ici… A certain moment, cet endroit était même plonger dans l’obscurité complète, pourtant cela ne gênait en rien le corbeau. Il saisit une télécommande et la dirigea vers le haut… Okay, il n’avait pas de TV, mais il s’était installer un projecteur… Ce qui est assez cher, c’est sur, mais très utile dans un sens. L’engin relier à son ordinateur qui était sur un bureau contre le mur, il avait accès au net… Sur l’île, mais pas plus loin, l’île avait quelques sites de téléchargement, information et nouvelles de l’île, mais rien de plus… Oui, donc ce n’était pas vraiment le net, on ne pouvait pas quitter le domaine de l’île. Ren se tourna à nouveau vers Icare et lui lança de nouveau sur un ton neutre :

>>Un film ? Sa te tente ?

Le corbeau n’avait aucun préjugé sur le Valet de Piques, après tout, c’était aussi son Sôseiji… Et ce n’était pas la seule figure avec qui il était en relation. D’accord, il fallait l’avouer qu’il avait tout de même le bras long notre cher Corbeau, même en restant dans l’ombre. Et il se doutait qu’il attirait l’attention du Joker… De temps à autre

|HRP: Désolé du retard ><" J'espère que tu me pardonneras 8D|
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MessageSujet: Re: Un Lien Maudit |Kahane Tsubasa|   Mer 30 Mai 2012, 20:55

Il avait encore du mal à y croire, mais l’évidence s’affichait de force devant ses yeux : cet homme était bel et bien son Sôseiji.

Il s’était produit comme un déclic dans son esprit, une impression étrange qu’il ne saurait expliquer, une sorte de fissure qui laissait passer un peu de lumière dans sa prison de solitude, un tout qu’il pouvait résumer en une phrase : "je ne suis plus seul".
Pour peu, Tsubasa se serait énervé à ne pas réussir à contenir, même intérieurement, ses émotions et pensées. Il n’avait pas décidé de considérer cet homme – quoi qu’il devait à présent dire "son Sôseiji" – comme un espoir possible. Mais il était dans un tel état qu’au contraire, avoir un semblant de bonne nouvelle lui faisait du bien. Peut-être qu’au fond, c’était lui qui avait choisi de voir la découverte de son double d’un bon œil. Quoi qu’il dît, quoi qu’il pensât, il restait un être humain, et l’humain possédait cette faculté d’espérer.

Raven l’invitait à prendre ses aises, à se mettre à table même, ce qui le surprit. L’homme assez antipathique du début s’était transformé en hôte chaleureux et appréciable. Cependant, Tsubasa n’était pas capable d’entrer dans son jeu et de manger tranquillement un petit plat vietnamien. Pas plus que de se la couler douce devant un film, alors que le Joker était probablement en train de manigancer un plan machiavélique dans son château tordu.
De par sa position de Valet, Tsubasa restait dans la ligne de mire du Joker. Et Raven, en étant son Sôseiji, venait de prendre considérablement des risques.
De par son activité de trafiquant, Raven était possiblement déjà repéré par le Joker. Et Tsubasa, en étant son Sôseiji, venait de prendre considérablement des risques.
Quel duo.

Ne pas oublier la politesse. Il se devait de répondre à sa proposition.
- Rien, ça ira, merci. Je n’ai pas vraiment faim. Puis au départ, je ne suis pas venu pour manger, ni regarder de film.
Ça sonnait très froid. Ça ne l’était pourtant pas tant que ça.

Il se releva de sa chaise.
Partir ? C’était ce qui lui restait à faire. Il avait dit ce qu’il voulait dire, a priori il n’avait plus rien à faire ici. Heures sup terminées.
Mais d’un autre côté, il voulait rester là. Faire connaissance peut-être, avec cet inconnu qui était familier à son corps ? Que c’était ridicule. "Faire connaissance". Il n’avait plus le temps de jouer. Quoique. L’existence de cette Île était en elle-même déjà tellement absurde ; soyons fous et agissons aussi irrationnellement, en décalage complet avec ce qu’on devrait faire. De toute façon, ils étaient coincés ici. Ils ne pourraient jamais repartir. Faisons avec.

Tsubasa détourna le regard de Raven. Il remarquait qu’il ne connaissait même pas son nom. Mais après tout, peut-être qu’il ne voulait pas le lui dire. Ce qui lui semblait tout à fait normal, puisque lui-même agissait de la sorte. Icare, ça sonnait bien. Ça faisait tragédie grecque.
Il marcha un peu dans l’entrepôt. C’était grand, très grand – il pouvait même entendre l’écho de ses pas. Il vivait ici ? Cela ne semblait pas manquer de confort, vu ce qu’il avait à disposition ; mais tout de même ? Reculé de la civilisation ? Il ne voyait autrui que lors de ses trafics ? Ou alors il n’avait aucune idée du type de vie qu’il menait ; et au contraire il était très sociable, bien plus que Tsubasa – ça n’était pas très compliqué.
Qu’est-ce qu’il cherchait à faire, au juste ? Vivre ? Survivre ? Avait-il trouvé un sens à sa vie ? Ou cherchait-il simplement à la meubler en pratiquant une activité peu recommandable ? Ou peut-être était-il le fournisseur d’armes d’un réseau de révolte ? Peut-être était-il la condition même d’une révolution contre le Joker et sa politique ? Révolution de petites cartes pourries.
Tant de questions qui lui venaient à l’esprit ; pas une seule ne franchit ses lèvres. Il avait oublié comment discuter. Et pour rajouter de la difficulté, il ne savait pas ce que son interlocuteur pensait. Et comme c’était un Pique sans doute digne de ce nom, il ne le saurait jamais. Peut-être attendait-il simplement qu’il partît ? Peut-être qu’il l’agaçait déjà ? Tsubasa frémit à cette idée. Ça ne lui ressemblait pas.
Mais il fallait qu’il se décidât. Il n’allait pas rester toute sa vie à attendre dans un entrepôt poussiéreux qui tombait en ruines. Et le silence commençait à devenir pesant, du moins pour lui. Il hésita encore quelques instants, se demandant comment débuter un dialogue ; il ne pouvait tout de même pas lui sortir d’un ton joyeux "Raconte-moi ta vie". Ça n’allait pas. Puis, sans préparation aucune, il se tourna vers son Sôseiji – que c’était étrange d’appeler quelqu’un ainsi – et ouvrit enfin la bouche.
- … Qui es-tu ?
Applaudissez Tsubasa, le roi des questions ultra-précises. Vous pouvez lui donner une petite pièce si vous avez aimé sa fabuleuse prestation.
- Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi vis-tu ?
Il ne plaisantait pas en disant ces mots. Il était tout à fait sérieux, et on pouvait espérer que le sérieux de ses interrogations parvînt jusqu’à Raven.
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